Gouvernance et santé publique : Trafics d’influence des fonctionnaires pour éliminer des distributeurs privés de matériels médicaux

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Au Mali, la distribution du matériel médical est devenue la chasse gardée de certaines personnalités publiques qui, contrairement à leur mission de régulation du secteur, sont devenues des acteurs du marché du matériel médical. Elles se comportent en terrain conquis et piétinent d’éventuels concurrents privés.

Comme nous l’écrivions récemment dans notre livraison du mardi 21 juin, le secteur de la vente de produits pharmaceutiques est infesté de … diverses vermines. A ceux qui opèrent sans aucune compétence s’ajoutent ceux qui s’adossent à l’Etat et tuent les opérateurs privés dûment agréés.

En effet, comme tous les ordres professionnels, l’Ordre des pharmaciens a reçu mandat des pouvoirs publics pour favoriser la coordination, la qualité, la continuité des soins et la sécurité de la dispensation des médicaments.

Promoteur de la santé publique et de la qualité des soins pharmaceutiques, l’Ordre national des pharmaciens s’est vu confier des missions consultatives, auprès des pouvoirs publics, en matière d’organisation des soins dans un contexte où la production et la vente de médicaments falsifiés constituent un commerce illégal d’envergure mondiale et en pleine croissance.

Ainsi, un conseil régional a été créé dans chaque capitale régionale du Mali et dans le District de Bamako pour assurer les missions rappelées plus haut. Mais, force est de reconnaitre aujourd’hui que les responsables de ces conseils régionaux et du District de Bamako peinent à faire une différenciation entre leurs missions publiques et donc forcément leur pouvoir et la défense de leurs intérêts économiques en tant que promoteurs déclarés ou sous couvert d’autres acteurs.

Conflit d’intérêt énorme

Cet état de fait engendre un conflit d’intérêt énorme qui amène les adhérents à douter de la crédibilité et même du bien-fondé des actions et décisions des Ordres, car il faut le dire clairement, la plupart de ces décideurs sont des fonctionnaires de l’Etat et donc une même personne membre de l’Ordre, fonctionnaire et promoteur de société privée. Une sorte de juge et partie. D’où des conflits d’intérêts à répétition…

Ces personnes, qui sont connues dans le milieu, pourrissent la vie du secteur de la vente de produits pharmaceutiques et freinent les volontés de développement. Car elles ne reculent jamais quand il s’agit de leurs intérêts personnels. Elles postulent aux marchés publics en devenant juges et parties, elles s’acharnent sur toute personne susceptible de les concurrencer loyalement, jetant de l’opprobre sur une profession qui a encore en son sein des hommes et des femmes de qualité et de grande moralité.

Elles usent et abusent de leur statut d’employés du service public pour « éliminer »  leurs potentiels concurrents privés. Par pur trafic d’influence, elles  jurent de « mener la vie dure » à ceux qui, en possession de leur agrément en bonne et due forme, travaillent dans le secteur de la distribution de matériels médicaux.

Abus de pouvoir

Il n’est pas question de s’acharner sur elles mais de dénoncer leurs abus de pouvoirs en invitant le ministère de la santé à poursuivre ses efforts d’assainissement du secteur, car plusieurs sociétés de la place et leurs promoteurs, excédés, ne sont pas prêtes à se laisser faire surtout que ceux qui tentent de grimper sur l’arbre de la transparence ont des pantalons troués.

Aux pouvoirs publics d’agir pour mettre fin à la possibilité pour les fonctionnaires de se mêler des activités privées car chacun à une vocation.

Les réactions ont été nombreuses à notre premier article (L’Indépendant N° 4016 du mardi 21 juin) et pour ne pas interférer dans les actions ô combien salutaires du ministre de la Santé, Mme Togo Marie- Madeleine Togo et son équipe, nous nous arrêtons à ce niveau et promettons, si rien ne bouge, d’aller plus loin en publiant les preuves des prises de participation de certains fonctionnaires dans des sociétés privées.

Des preuves de cas de conflits d’intérêt et d’acharnements. A suivre !

B. D. S


Maliweb

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