Pour ou contre les militaires fictifs : Le choix cornélien du DRH DU MDAC

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Pour avoir mis en place un système d’information des ressources humaines (SIRH) au profit de notre armée nationale, la société Malitek+, sise à Bamako, est aujourd’hui abhorrée à tort par celles et ceux qui sont hostiles à l’instauration d’un climat de transparence. Et comme il fallait s’y attendre, le 02 mars 2016 par courrier n°0027, le nouveau directeur des ressources humaines du Ministère de la défense et des anciens combattants a résilié le contrat de Malitek+. Mais quelles sont les motivations réelles du Colonel Abdoul Sy ? Lire notre dossier.

L’absence d’une base de données fiable, centralisée et sécurisée entravait la mise en place d’un outil de gestion des ressources humaines au profit des forces armées maliennes (FAMa). C’est ainsi que le Canada a décidé, le 13 février 2014, de mettre la main à la poche pour créer un Système d’Information des Ressources Humaines (SIRH) pour notre armée nationale. Cela a été concrétisé par la signature d’un contrat entre les FAMa et la société Malitek+ Sarl.

Cette jeune entreprise au dévouement jamais contesté et dont les compétences sont reconnues, a pu exécuter avec un professionnalisme irréprochable la mission qui lui a été confiée. Respectant les clauses contractuelles avec honneur, elle a été payée jusqu’au dernier centime par l’Union Européenne dont l’engagement à soutenir notre pays est à saluer. Pourtant, la société a eu de la peine pour contourner les obstacles placés en travers de son chemin par des gens malintentionnés.

En effet, Malitek+ a refusé de céder à titre de sous-traitance ce travail aux opportunistes. Malgré ce revirement qui s’ajoute à d’autres difficultés, ce qui au départ, paraissait comme une aventure s’est bien terminée. C’est ainsi que la mission européenne d’entraînement au Mali plus connue par son sigle anglais EUTM (European Union Training Mission for Mali) a tenu à notifier (voir fac-similé joint au présent article) sa satisfaction aux jeunes dont la devise de leur société demeure «Nous avons des solutions, pas seulement des produits à vendre».

Mais le hic c’est que le 02 mars 2016, la stupeur fut grande, quand le directeur des ressources humaines du Ministère de la défense et des anciens combattants, en l’occurrence le «puissant» colonel Abdoul Sy, a résilié le contrat de la société Malitek+ dans son courrier n°0027/DRH/MDAC concrétisant le vœu longtemps nourri par son prédécesseur. Pour quel motif valable et explicable ? Pour l’instant, on n’en sait pas ! Car, le Colonel Abdoul Sy n’a jamais motivé sa décision malgré la ténacité de la société Malitek+ dont le travail fut auréolé par la lettre de satisfaction qu’elle a reçue de l’Union Européenne.

En outre, une source proche de cette affaire indique que d’autres financements étrangers auraient été obtenus pour l’amélioration et l’extension du SIRH déjà conçu. Entretemps, le colonel Sy se serait offert le luxe en demandant à Malitek+ de lui donner les codes d’accès aux serveurs, les modèles conceptuels, l’architecture du réseau et les documents y afférents.

«Les codes d’accès ont été fournis. Mais les supports écrits font partie de la propriété intellectuelle et exclusive de la société», précise notre source.

Du coup, Malitek+-ci a adressé une lettre à l’ambassade du Canada avec ampliation à l’ambassade de France à Bamako, à l’EUTM ainsi qu’au président de la commission défense et sécurité de l’Assemblée Nationale du Mali (l’Honorable Karim Keïta). Cependant, pour le moment, cette correspondance n’a pas suscité de réactions escomptées. A-t-elle été interceptée ? Aucune hypothèse n’est à écarter.

En effet, pour de nombreux observateurs de la scène nationale, la vie de ce SIRH mis en place par Malitek+, ne peut être que de courte durée. Cela se justifie par le fait qu’il sonne le glas d’une mafia à la malienne qui, depuis de longues années, baigne dans du beurre en tirant profit du flou sans cesse constant qui entoure l’effectif exact des FAMa. Ce mécanisme de gestion met également fin à l’existence d’une génération vermoulue et viciatrice qui réussit toujours grâce à des complicités à faire des détournements. Ces pratiques malsaines sont en passe d’être légalisées au moment où l’Assemblée Nationale vient ou doit voter une loi visant à lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite. De qui se moque-t-on ?

À preuve, personne n’est en mesure de donner (même à titre estimatif) le nombre exact d’unités combattantes, de décès, de radiations, de désertions et d’absentéismes au sein de l’armée. Pourquoi la «grande muette» est-elle si allergique à la transparence ? Oui, à la discrétion quand il s’agit de certaines questions liées à la sécurité et à la défense, mais non à l’anarchie et à l’opacité concernant la gestion du personnel militaire. Parce que cette incurie offre un vaste champ à des gens ni foi ni loi de faire saigner le trésor public pour des besoins qui n’ont jamais existé. Oh, la conscience où es-tu ?

Enfin, quel stratagème le colonel Sy et ses acolytes veulent-ils user pour mettre en place un autre Système d’Information des Ressources Humaines (SIRH) pour les FAMa ? Réussiront-ils à créer une société qui fera à l’identique le travail titanesque entrepris par Malitek+ ? Même s’ils y parviennent, comment justifier la mise au rebut du SIRH installé par Malitek+ et qui est opérationnel à ce jour ? D’autre part, quel sera l’impact de cet acte sur les relations existant entre le Mali et ses partenaires ?

Pour information, ce progiciel conçu et développé par la jeune entreprise, n’a pas encore été présenté officiellement au bailleur qu’est le Canada. Va-t-on laisser tous ces millions se volatiliser pour la soif jamais désaltérée d’une poignée de personnes ? Est-ce que les amis du Mali continueront à jeter leurs fonds ? Le nouveau directeur des ressources humaines du Ministère de la défense et des anciens combattants peut-il, seul, décider de jeter cet outil dont notre armée a tant besoin pour lever le voile sur le flou constant qui règne sur les effectifs ? De quel solide soutien bénéficie-t-il ?

Affaire à suivre…

Dougoufana Kéita

aBamako

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