Remaniement: Vive les armes, le tâtonnement crève les yeux

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 Ça y est. Le Mali, version IBK, a son cinquième gouvernement en trois ans d’exercices. Ce, seulement six mois après le quatrième. Comme on pouvait s’y attendre, de nouvelles têtes ont fait leur entrée, certaines permutées ou maintenues. Alors que d’autres ont été purement et simplement sacrifiées.

Comme on pouvait également s’y attendre, la rébellion ou le recours aux armes a été, une fois de plus, récompensé. Avec l’entrée d’une certaine Nina Wallet Intallou, présidente des femmes du Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA) au département du tourisme.

Tête pensante du mouvement, elle a contribué à la débâcle du septentrion malien en 2012 où des centaines de Maliens ont crevé sous les balles terroristes et indépendantistes.

D’autres diront que la réconciliation n’a pas de prix. Mais va-t-on vraiment vers une réconciliation si les victimes se font diriger par leurs bourreaux ? Va-t-on vraiment vers une réconciliation en faisant la promotion  de l’impunité et du recours aux armes comme moyen de revendication ? Libre à chacun son appréciation.

Mais la réalité est que le sommet de l’Etat est en train de montrer sa défaillance, encore une fois, à gérer ses frustrations. On est donc loin de la stabilité. Tant que les postes de responsabilité et de décision sont échangés contre un bon CV d’actes criminels contre la République. Zahabi peut en témoigner. Vive donc la Coordination des Mouvements de l’Azawad !

La Plateforme, preneuse aussi de Kalachnikovs (pas contre l’État), avait déjà été récompensée lors du quatrième gouvernement du président de la République. Même si cela est moins patent. Donc moins ou pas du tout choquant. Mais  Vive quand même les armes !

Au-delà de cette promotion faite aux armes, le tâtonnement du pouvoir en place aussi crève les yeux. Les décisions hâtives prennent le dessus sur la stratégie minutieusement préparée : bonjour la débrouillarde, les décisions hâtives et incohérentes.

Nous ne comprenons pas pourquoi Me Mamadou I. Konaté, président du comité chargé de la révision constitutionnelle, se retrouve avec un département. Pas en raison de ses qualités ou capacités professionnelles qui ne peuvent pas être mises en cause. Mais pourquoi le mettre à la tête du comité de révision de la Constitution s’il devait être ministre de la justice quelques jours plus tard ? L’autre raison est que le ministre qu’il remplace, Sanogo Aminata Malle, n’est arrivé qu’en janvier 2016. Traïnes-t-elle des casseroles ? Aux dernières nouvelles, elle n’est pas très favorable à la séparation, au niveau de la justice, de l’exécutif et du judiciaire.

Autres signes de tâtonnement : le terme développement du nord a disparu, les ministères de la culture, de l’artisanat et du tourisme séparés. Alors que ceux de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique se retrouvent après six mois de douloureuses séparations. Chère professeure, merci de les réconcilier.

Zahabi, spécialisé dans l’organisation des forums, laisse l’honneur à Med Almoctar. Pas grave, on est entre arabe. Amadou Goïta, récemment atteri à la majorité présidentielle en provenance de l’opposition, a été récompensé. La transhumance a donc payé. Oui, c’est vrai. M. Koïta, en un clin d’oeil, a pu organiser son congrès avant de se voir confier la destinée de la jeunesse et de la construction citoyenne. Mais on garde ça entre nous.

Frankaly Keïta, lui, est parti en même temps que les délestages.  Malick Alhousseini va nous conduire à l’éradication du virus en 2017. Enfin, s’il parvient à s’accrocher. Chez lui, à Gao, l’eau et l’électricité en manque cruellement.

Choguel aussi est parti. Il a payé de sa mésentente avec le premier ministre, Modibo Keïta. IBK ne tolère pas ceux qui s’en prennent à celui qu’il appelle affectueusement si’ “grand frère”. Mamadou Igor Diarra le sait.
Me Mountaga Tall va à la communication et de l’économie numérique. Il sera également porte-parole du gouvernement. Enfin, tant que celui-ci a quelque chose à dire. C’est à dire mieux que les communiqués laconiques.  Il laisse derrière lui l’école de journalisme tant attendu.

Dramane Dembele, spécialiste en spéculation de logements sociaux, est out. Comme quoi, donner des toîts aux héritiers du PM ne saurait être une garantie pour continuer à spéculer nos maisons. Aussi, son president de parti (Adema-pasj) Tiemoko sangare est arrivé. Ça aussi, c’est fini: IBK ne gardera plus deux responsables d’un meme parti sous ses cieux. Son pouvoir n’est pas un partage de gâteau. Grande avancée pour le Mali.

Oh oui, Hachimi Koumaré a beau s’accrocher sur les roues. Il s’en va aussi. Quelle tristesse de ne l’avoir vu donner une fluidité à la circulation pendant le ramadan.

Aboubacar Dicko /Maliweb.net


Maliweb

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