Mali : Djelimady Tounkara, un « guitar hero » très discret

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Le guitariste du mythique Super Rail Band de Bamako révolutionne la musique traditionnelle. En toute modestie.

Coincé sur un côté de la scène du Studio de l’ermitage, à Paris, Djelimady Tounkara s’avance soudain sous les projecteurs. Le visage baissé sur sa guitare électrique, élégant dans son sobre boubou en bazin bleu, il se lance dans une improvisation échevelée. Sa main galope sur le manche de sa six-cordes à une vitesse effarante, imitant le « chant » du n’goni.

Quand tout à coup son jeu se tempère, on reconnaît les notes de la comptine française Frère Jacques. On a du mal à croire que le virtuose s’amuse à reprendre une rengaine pour enfants… jusqu’à ce qu’il fasse chanter les paroles au public, plutôt âgé, essentiellement constitué d’amateurs de musique savante.

Parcours exemplaire

À 69 ans, après un parcours exemplaire, le guitariste ne se prend toujours pas au sérieux. Né à Kita, à l’ouest de Bamako, dans une famille de griots ( djeli en malinké), Djelimady est initié très jeune à la musique et apprend le djembé et le n’goni. Au grand désespoir de son père, il abandonne néanmoins ce dernier pour se focaliser sur la guitare. Précoce, doué, il rejoint l’orchestre national « A » de la République du Mali, créé le jour suivant l’indépendance du pays.


Africatime

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