Kidal : Terrain d’attente entre CMA et Plateforme

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Les leaders des deux groupes armés ont décidé de privilégier la paix cordiale à l’affrontement, grâce à l’intervention du Premier ministre nigérien, Brigi Rafini.

La CMA et la Plateforme ont réussi à trouver un terrain d’entente afin de faire baisser la tension qui montait de façon dangereuse, ces derniers jours, entre les deux groupes armés. Cette situation était de nature à mettre en péril la fragile stabilité de la région de Kidal, intervenue après la rencontre d’Anefis qui a scellé la paix entre les deux groupes rivaux qui se disputent le contrôle de la région.

CMA et Plateforme ont convenu de privilégier l’entente cordiale à l’affrontement. Ce résultat est l’aboutissement des pourparlers engagés entre les deux parties sous la houlette du Premier ministre nigérien, Brigi Rafini. Alghabass Ag Intallah de la CMA et Hanoune Ould Ali, ainsi que le général El Hadji Gamou de la Plateforme se sont rencontrés dans la capitale nigérienne pour aplanir leurs différends. C’était à l’initiative des plus hautes autorités du Niger dans le but d’accompagner notre pays dans la mise en œuvre adéquate de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Il faut dire que le Premier ministre Nigérien, Brigi Rafini, lui-même touareg, s’est personnellement impliqué pour la tenue de cette rencontre et a piloté les négociations avec le numéro 2 du gouvernement nigérien, Albadé Abouba, ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage. Au-delà de son impact sécuritaire sur le Niger, la crise qui secoue notre pays a un impact réel sur les relations intercommunautaires dans les deux pays.

Les discussions qui ont duré une semaine, ont surtout porté sur le cas de Kidal. En effet, il faut rappeler que la région de Kidal était restée longtemps la chasse gardée de la CMA depuis la libération des régions du Nord en 2013. Mais depuis la rencontre d’Anefis, les troupes de la Plateforme ont pris pied dans la ville aux côtés des combattants de la CMA. Afin de gérer au mieux cette cohabitation entre les deux groupes armés, il était prévu l’instauration d’un cadre de concertation permanent pour la gestion harmonieuse de la ville en attendant le retour des autorités légitimes. Cependant, avec le processus de mise en place des autorités intérimaires, des tensions s’étaient fait jour entre les deux parties. Car la CMA qui considère toujours Kidal comme son acquis avait rejeté toute idée d’associer le Gatia dans la mise en œuvre des autorités intérimaires.

Selon le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Albadé Abouba, la rencontre de Niamey visait surtout à redynamiser le cadre de concertation entre les deux mouvements pour, d’une part, accorder leurs violons en matière de communication sur cette question et, d’autre part, définir les modalités d’une gestion harmonieuse de la sécurité de la région. « Des discussions ont permis aux responsables politiques et sécuritaires des deux parties de dissiper tous les malentendus. Mieux, les chefs militaires des deux côtés ont donné l’assurance nécessaire de maîtriser leurs hommes pour qu’aucun incident n’entrave ce processus. Les autorités du Mali ont fait beaucoup dans ce processus, il est temps que les mouvements armés s’inscrivent véritablement sur la voie de la paix. Fini les doubles jeux, les turpitudes et autres manigances. Celui qui veut la paix s’inscrira sur cette lancée et le contraire sera traité comme l’ennemi de la paix. Il faut qu’on arrête ces jeux de dupes et qu’on avance », a martelé le responsable nigérien.

Dans la déclaration rendue publique à l’issue de la rencontre, le Premier Ministre nigérien, Brigi Rafini, a exhorté les parties à s’investir pour atténuer les peines et les souffrances des populations en parvenant rapidement aux arrangements locaux pour faire baisser les tensions qui prévaut à Kidal, en vue d’un retour progressif de la confiance entre les parties et de créer les conditions idoines pour la mise en œuvre de l’Accord et le retour de l’autorité de l’Etat. Il a également rappelé les grands défis auxquels font face les Etats de la sous-région à savoir le développement et la lutte contre le terrorisme.

Les discussions ont permis de dégager des résolutions claires surtout en ce qui concerne les modalités de la mise en place des autorités intérimaires à Kidal et de la gestion de la situation sécuritaire dans la région. Les deux parties ont réaffirmé leur attachement à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et à ses mécanismes de mise en œuvre et ont exprimé leur volonté de contribuer pour faciliter son application.

Ainsi au plan de la sécurité, il a été demandé aux parties de prendre des dispositions immédiates pour faire baisser la tension à Kidal en favorisant une gestion collégiale de la sécurité dans la région y compris les check-points. Sur le plan local, une commission régionale de coordination des activités socio-économiques de 8 membres repartis de façon égale entre la CMA et la Plateforme, à raison de quatre membres par entité, a été mise en place. Cette commission sera dirigée par une coprésidence CMA/Plateforme. Egalement, des commissions sectorielles de gestion au nombre de 6 à savoir : eaux-énergie, assainissement, éducation, santé, humanitaire, communication, seront gérées de façon consensuel. La présidence de deux commissions, la vice-présidence de deux autres commissions ainsi que la deuxième vice-présidence des deux restants seront assurées par la Plateforme. Les quatre présidences, les quatre vice-présidences et les quatre deuxièmes vice-présidences des commissions sectorielles reviendront à la CMA.

Ainsi en dehors de cette gestion partagée, la rencontre Niamey a permis aux deux parties de définir les conditions d’une mise en route immédiate sur Kidal d’une mission de haut niveau CMA/Plateforme pour la mise en œuvre des arrangements convenus. Ils ont également recommandé, l’accélération de la mise en place des autorités intérimaires et l’opérationnalisation du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) et des patrouilles mixtes.

Les deux groupes armés s’engagent à tourner le dos aux affrontements et de se mettre à la disposition de l’Etat pour la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation. Les ailes politiques et militaires des deux parties sont en discussions pour régler les aspects techniques et pratiques d’une gestion sécuritaire conjointe de la région avant le déploiement de l’administration et des services sociaux de base.


Africatime

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