Attaque terroriste à Nampala et combats meurtriers à Kidal : « IBK et son gouvernement doivent tirer toutes les conséquences de leur incompétence »

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Le 19 juillet 2016, le camp militaire de Nampala a été attaqué par des hommes lourdement armés. L’armée malienne a enregistré un bilan lourd : 17 morts, 35 blessés et des dégâts matériels très importants. Deux jours après, des combats violents ont opposé le GATIA (Plateforme) et le HCUA (Groupe membre de la CMA) les 21 et 22 juillet 2016 à Kidal avec un bilan encore plus lourd.

Après donc un deuil national de trois jours, les responsables de l’Union pour la république et la démocratie (Urd) étaient face à la presse hier, le lundi 25 juillet 2016 à la Maison de la presse pour non seulement exprimer leur indignation face à ces événements douloureux, mais aussi pour inviter les pouvoirs publics à prendre leur responsabilité. En outre pour mensonge d’Etat, l’URD a invité les ministres Tieman et Tall de se démettre. « Le Président de la République et son Gouvernement doivent reconnaître qu'ils sont dépassés par les événements et tirer les conséquences de leur incompétence », précise le parti du chef de file de l’opposition.

Ce point de presse était animé par : le premier vice-président de l’Urd, Pr Salikou Sanogo, le chargé à la communication du parti, Me Demba Traoré, le secrétaire général du parti, Madani Traoré, par Me Boubacar Karamoko Coulibaly et Seydou Diawara du parti de la poignée de main. Ledit point de presse a débuté par une projection de film retraçant ce que le parti appelle « le mensonge d’Etat ».

Ensuite, dans ses propos liminaires, le Pr Salikou Sanogo a indiqué : « le 19 juillet 2016, le camp militaire de Nampala a été attaqué par des hommes lourdement armés. L'URD a immédiatement condamné ces actes. Le ministre de la défense déclare le même jour à la Télévision nationale que "nos forces sont revenues prendre le contrôle du camp et sécuriser la ville". Son message a été relayé par son homologue de la communication, porte-parole du Gouvernement sur RFI le lendemain 20 juillet 2016. Au même moment les populations de Nampala étaient abandonnées à elles mêmes. Aucun renfort n'était présent dans la ville. Le maire de Nampala, entre autre, interrogé par la presse malienne et internationale dont Jeune Afrique, a démenti formellement les propos tenus la veille par les deux ministres ».

Le conférencier d’ajouter : « Nous savions que le mensonge d'Etat était le sport favori du régime IBK, mais de là à vouloir rassurer tout un peuple, après des faits aussi graves qu'intolérables, par des mensonges grotesques, constitue le pire des mépris qu'un régime peut avoir envers son peuple ».
Ainsi, le vice président de l’Urd invite le président IBK à répondre aux questions qui taraude les esprits à savoir :

Pourquoi mentir en disant que Nampala a été sécurisée alors que rien n'en était ? Si la ville était réellement sécurisée pourquoi le Président de la République ne s'y est pas rendu pour célébrer nos vaillants soldats tombés sur le champ de l'honneur ? Qu'est-ce qui s'est passé réellement ? Qu'est-ce que le Gouvernement cache au peuple ? Devons-nous continuer à assister désespérément à l'assassinat lâche et barbare de nos vaillants soldats ? Pourquoi nos forces ne sont pas suffisamment outillées pour faire face à l'ennemi ? Qu'est-ce qu'on a fait de la loi de programmation militaire votée à l'unanimité par l'ensemble de nos députés ? En outre, pour mensonge d’Etat, le conférencier a invité les ministres Tieman H Coulibaly et Mountaga Tall de se démettre. Selon lui, c'est la énième fois que Nampala fait l'objet d'attaques mais aucune disposition sérieuse n’a été prise par les autorités afin d’en empêcher.

« Où sont les hélicoptères dont l'acquisition avait été annoncée il y a quelques mois ? Il est vraiment temps que le Président de la République explique aux Maliens pourquoi notre armée ne dispose pas encore d'avions et d'outils adéquats de combats. Sachant pertinemment que le Président de la République, dès l'entame de son mandat a pu se procurer très rapidement aux frais du contribuable, un avion présidentiel sous le vocable "avion de commandement "au prix d'achat jusque là inconnu du peuple, Qu'est-ce qui empêche le Mali d'acquérir ces instruments essentiels pour la sécurité de nos forces armées et de notre pays? Quels sont les amis du Mali qui refusent que nos FAMA soient équipées d'armes aériennes? », s’interroge le Pr Salikou Sanogo.

Pour le vice président de l’Urd, au-delà de l'incompétence avérée du Ministre de la Défense, le Président de la République n'est pas exempt de reproches et en tant que chef suprême des armées, il a l'obligation de s'expliquer et de dire la vérité sur le sous- équipement endémique de notre Armée.

Sur la situation de Kidal, le conférencier a souligné que des combats violents ont opposé le Gatia et le Hcua les 21 et 22 juillet 2016 à Kidal. Le bilan est lourd. Pour l’Urd, le Président de la République n'a pas jugé utile de s'exprimer. « Le Gouvernement, à travers son porte-parole, a produit un communiqué très confus sur l'identité des belligérants dans lequel il n'a pas cru bon condamner les violences en se contentant tout simplement d'affirmer " qu'il suit avec gravité les affrontements..." Et pire, le Gouvernement poursuit en ses termes : "En conséquence, le Gouvernement de la République du Mali demande à la CMA et au HCUA de faire preuve de retenue et d'arrêter les hostilités dans l'intérêt supérieur des populations." Cette affirmation prouve à suffisance que le Gouvernement a abandonné la ville de Kidal car ne sachant même pas que les hostilités ont opposé le GATIA et le HCUA (Groupe membre de la CMA) et non la CMA et le HCUA », a martelé Salikou Sanogo.

A l’en croire, les dérives du pouvoir ont atteint un seuil dangereux mettant à nu l'incompétence du Gouvernement du Premier ministre Modibo Keita. «Nous arrivons à la triste conclusion que le Président de la République et son gouvernement font preuve d'incompétence patente et avérée. Les scandales et manquements d'une gouvernance vertueuse, le manque d'équipements de nos forces de défense en plus de la menace de partition qu'ils font peser sur le pays par leur entêtement à vouloir appliquer un accord totalement à rebours de la volonté du peuple en constituent la parfaite illustration. Aujourd'hui le Président de la République et son Gouvernement doivent reconnaître, pour leur honneur, pour celui du Mali et pour le bonheur des maliens qu'ils sont dépassés par les événements et tirer les conséquences de leur incompétence. Ce sera justice » ,a conclu le Pr Salikou Sanogo.

Pour sa part, le chargé de communication de l’URD, Me Demba Traoré de l’Urd, a déclaré que le gouvernement malien est devenu un simple spectateur. La preuve, dira-t-il, le dimanche 17 juillet 2016, avant l’éclatement des conflits à Kidal, la Plateforme et la Cma, sous l’égide du Niger, se sont entendus sur la gestion bipartite de la ville de Kidal renforçant ainsi l'interdiction faite au Gouvernement malien de s'immiscer dans les affaires de Kidal qui est pourtant une région du Mali.

« Le gouvernement n’est jamais responsable de quoi que ce soit. Il ne s’assume jamais. La situation actuelle est très difficile pour le Mali », a dit Me Demba Traoré. En réponse aux questions des journalistes, les conférenciers ont réitéré leur appel pour la tenue des concertations nationales.

Aguibou Sogodogo

aBamako

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