Grève des magistrats : chronique d’un Mali qui marche sur la tête

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Suite au laisser-aller général qui accompagna la chute du général Moussa Traoré en mars 1991, nos magistrats, qui sont aussi devenus des hommes, ont sorti leur tête de l’eau. Ils se sont syndiqués. À la différence de la France, oui en France, les magistrats ont la liberté syndicale, mais pas le droit de grève. Liberté syndicale et droit de grève sont diamétralement différents.

Comme, les très mauvais apprentis dépassent négativement les maîtres, nos magistrats ont obtenu le droit de grève. Oui, au Mali, le cours de la justice peut s’arrêter. Le Mali même peut se bloquer, chacun ne cherchant que sa part.

En réalité, ce ne sont pas les magistrats qui sont fautifs, c’est la gestion malhonnête du régime IBK qui affaiblit le Mali. Sinon, au début du régime IBK, des magistrats avaient été arrêtés. Mais ils n’ont pas osé aller en grève. Erdogan avec lequel nous n’avions rien en commun, n’est pas par hasard en train de nettoyer sa Turquie. Un pouvoir honnête est fort, mais un pouvoir corrompu est faible. IBK a gâché l’énorme chance qu’il avait de nettoyer le Mali.

 Que faire ?

Il faut que nos magistrats comprennent qu’en oubliant le Mali et en ne  pensant qu’à eux-mêmes, ils affaiblissent le Mali, donc eux-mêmes, car les professeurs continueront pour avoir leurs parts avec les notes sexuellement et financièrement transmissibles. Les médecins se préoccuperont davantage de leurs cliniques que des hôpitaux publics. Les replis stratégiques de nos soldats ne s’arrêteront jamais.

Mieux, pour illustration, l’une des meilleures villas d’alors de Tombouctou appartient à un ancien directeur général des douanes. Qui occupait cette villa de mars 2012 à janvier 2013 ? Qu’est devenue cette villa aujourd’hui ?

 Le gouvernement doit agir

Nul n’est indispensable au Mali. Une corporation entière peut être radiée  sans préjudices. Le soleil se lèvera toujours à l’Est et se couchera à l’Ouest.

Aussi, au-delà du service minimum, l’on peut toujours recourir à la réquisition de tout le personnel par le canal radiodiffusé. Les récalcitrants doivent être renvoyés de la fonction publique par un vote spécial de nos députés. Oui, la loi peut tout décider, chers gouvernants. Le droit de grève de nos magistrats doit être strictement encadré.

 

Réclamer son salaire pour des jours non travaillés, même Madof aurait eu honte de réclamer un salaire après une grève. Maître Demba Diallo, le meilleur juriste que le Mali ait connu, doit se retourner dans sa tombe en voyant la «qualité» de nos jugements et arrêts sans parler de jours de grève payés. Au pays de «Tagninibougou», allez en grève, vous serez payés !

Boubacar SOW

                                                                                                            [email protected]


Maliweb

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