ADP-Maliba/majorité présidentielle: Le divorce consommé !

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C’est désormais chose faite. Le parti Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba) a claqué définitivement la porte de la Convention des partis politiques de la majorité présidentielle (CMP). L’information a été donnée par le premier responsable du parti, Amadou Thiam, ce samedi 6 août 2016, au cours d’un point-presse tenu au siège du parti.
Après avoir suspendu sa participation aux activités de la majorité présidentielle pour non respect des engagements pris, le 12 juillet dernier, le parti Alliance Démocratique pour la Paix (ADP-Maliba) a décidé de divorcer définitivement d’avec ses alliés de la CMP, sans pour autant donné sa future coloration.

Ledit point de presse était animé par le président du parti, Amadou Thiam, assisté de plusieurs membres du bureau national. Dans la déclaration qu’il a lue, Amadou Thiam est revenu sur les circonstances qui ont prévalu à ce divorce. Ainsi, il soutient que ce sont les militants à la base qui ont saisi le Comité exécutif d’une motion pour le retour aux fondamentaux de leur engagement politique, notamment leur appartenance à la majorité présidentielle. C’est après cela que le Comité exécutif a jugé légitimes, autant dans la forme que dans le fond, les griefs de la base, a dit le Président.
Amadou Thiam a souligné que ce constat fait, ils ont engagé des consultations au niveau des structures à la base pour définir la conduite à tenir. Ces consultations les ont conduits à l’intérieur du pays et dans plusieurs pays.

Aux militants le Comité exécutif a posé trois questions essentielles: ce qu’ils pensent des arguments relatifs au dysfonctionnement de la majorité présidentielle et à l’appréciation de la gouvernance générale du pays; s’ils souhaitent le retrait ou non de l’ADP-Mali de la majorité présidentielle; et enfin, comment veulent-ils voir le parti se positionner pour l’avenir ?
Le conférencier a affirmé que ces consultations ont donné comme résultats l’unanimité des militants pour le retrait du parti de la majorité présidentielle. Et conformément aux statuts du parti et suite à la session du 4 août dernier, le Comité exécutif n’a eu d’autres choix que d’entériner la volonté des militants. C’est-à-dire se retirer de la Convention des partis politiques de la majorité présidentielle (CMP) à compter du vendredi 5 août 2016.
Pour ce qui est du positionnement futur du parti dans le paysage politique malien, le conférencier a soutenu que la ligne sera clarifiée au cours d’une conférence nationale que le parti organisera dans un délai raisonnable.

D’ici là, a indiqué le Président Thiam, les militants souhaitent que le parti se positionne en sentinelle de la démocratie et en gendarme des intérêts du peuple.
Justifiant leur décision, le patron du parti du Baobab et de la balance affirme que ce choix est la volonté des Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur qui demandent un changement de cap.
Il affirme que «le retrait de l’ADP-Maliba de la majorité présidentielle traduit un sentiment général de déception des Maliens face à la tournure que prend la gestion actuelle du pays. Ceci constitue une première dans l’histoire politique récente du Mali.»
Il conseille au régime «de prendre conscience de l’ampleur du mécontentement populaire, des défis à relever et de la nécessité pour tous de faire davantage d’engagement et de patriotisme au service du « Mali d’abord ».

A titre de rappel, c’est le 12 juillet dernier, soit une semaine après le dernier réaménagement de l’attelage gouvernemental, que le parti a décidé de suspendre sa participation aux activités de la CMP. Les raisons évoquées sont, entre autres, la non-considération de leur parti par les plus hautes autorités, le non-respect des engagements pris vis-à-vis d’eux et du Peuple par la majorité présidentielle, la mauvaise gestion des affaires publiques. Aussi, est-il bon de rappeler que l’ADP-Maliba fut le premier soutien du candidat IBK en 2013, avant la pléiade de partis qui ont convergé vers le candidat au second tour. De l’intronisation du président Ibrahim Boubacar Keïta à nos jours, le parti qui espérait avoir au moins un portefeuille ministériel n’a jamais eu le moindre poste.

Une chose est sûre, c’est que le retrait de l’ADP-Maliba est un coup très dur pour la majorité présidentielle, en ce sens que c’est le parti le plus puissant du groupe parlementaire APM, avec 4 députés. Toute chose qui fragilise dangereusement la majorité parlementaire qui souffre déjà des crises internes au sein du RPM. En attendant de connaitre la nouvelle orientation politique du parti, des indiscrétions affirment que l’opposition a déjà pris contact avec les responsables du parti.

A suivre.
Harber MAIGA

aBamako

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