Kassoum Dénon à l’Office Riz de Ségou : Espoir d’une bonne campagne agricole

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La campagne Agricole se déroule normalement en zone Office Riz de Ségou malgré l’installation tardive de la pluie. Dans l’ensemble, on note un bon niveau d’approvisionnement en intrants agricoles dans les différents secteurs. Aussi, avec la bonne pluviométrie annoncée et la bonne évolution de la crue constatée lors de la 2ème décade de juillet, l’espoir demeure quant à l’atteinte des objectifs du plan de campagne 2016/2017 qui doit permettre à l’ORS de produire 172 548,3 tonnes de céréales dont plus de 86 338 tonnes de riz Paddy. Le constat a été fait par le ministre de l’Agriculture, Kassoum Dénon, en tournée dans la région de Ségou du 4 au 8 août 2016.

Accompagné de certains de ses collaborateurs, des élus locaux, du président de la commission développement rural et des patrons de l’Office du Niger, Boubacar Sow et de l’Office Riz de Ségou, Salif Sangaré, le ministre Dénon s’est successivement rendu à Konodimini, N’Garna, Tamani et au Niama-pont à Tamani, Cinzana, Soké, Kominè, Dioro, entre autres. Partout où il a passé, Kassoum Dénon et sa délégation ont visité des magasins de stockage de l’engrais subventionné et des parcelles de certains producteurs comme celles de Bamadou Coulibaly et Oumar Coulibaly ou encore l’étang piscicole de Kominè Amadou et du périmètre maraîcher des femmes de ce village. Des entretiens avec des femmes, le ministre de l’Agriculture en a eu aussi à N’Garna, Tamani et Dioro autour des activités d’élevage de petits ruminants et de petit commerce. A Tamani, dans le cercle de Baraoueli, Kassoum Dénon s’est rendu sur le Niama-Pont pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de cet ouvrage, financé dans le cadre du Projet d’Appui au Développement Rural de Tien Kanou et Tamani (PADER-TKT). D’un montant de 14 985 000 000 de FCFA, le PADER-TKT va permettre l’amélioration du niveau de production et de productivité des 1271 ha du casier de Tien Kanou en maîtrise totale de l’eau où le rendement passera de 2 tonnes à l’hectare en submersion contrôlée à 6 tonnes à l’hectare en moyenne. Aussi, ce projet devra-il permettre, à terme, la sécurisation hydraulique des 2 200 ha du casier de Tamani en submersion contrôlée avec une nette amélioration des rendements. A ce niveau, le constat est très amer. Ce projet d’envergure ne pourra pas être fonctionnel cette année. L’entreprise Togola, chargée d’exécuter les travaux, accuse un grand retard : 146 jours de délai consommé pour un taux d’exécution de 53,60%. Remonté contre cet état de fait, le ministre Dénon a exigé à l’entreprise le respect des nouveaux délais. «C’est avec amertume que je suis là aujourd’hui. Les travaux auraient dû prendre fin depuis 2011. Malheureusement, on est jusqu’à présent à ce niveau. Je regrette, le constat n’est pas reluisant», a déclaré sur le site le ministre Dénon. Avant d’instruire à l’entreprise d’achever dans un bref délai les travaux.

A Cinzana-Gare, le ministre de l’Agriculture, Kassoum Dénon, s’est rendu à la station de recherche de l’Institut d’Economie Rurale (IER). Bâtie sur une superficie de 277 ha, la station de recherche agronomique de Cinzana-Gare est l’une des 9 stations de l’IER. Avec ses 8 types de sols, l’IER pratique sur ce site des recherches sur le mil, le fonio, le Niébé et le sésame pour ne citer que ceux-ci. Au cours de son séjour ségovien, Kassoun Dénon a visité les parcelles de multiplication de semences de base des variétés d’arachide et de fonio, des parcelles de multiplication de semences de base de niébé djiguiya, Acar et d’autres types de croisement du niébé ainsi que des essais variétaux de fonio et de mil. «Tout ce que nous sommes en train de projeter, en terme de production et de productivité, doivent être soutenus par une recherche adaptative, une recherche d’accompagnement, bref une recherche qui doit permettre d’aller à la productivité à l’hectare. A ce niveau, nous avons vu que le fonio et le sésame, qui sont des spéculations sur lesquelles nous fondons beaucoup d’espoir, font l’objet d’un programme de multiplication de semences. Nous vous encourageons pour les efforts que vous déployez», a déclaré à la station de recherche agronomique de Cinzana-Gare le ministre de l’Agriculture.

Faisant le bilan de ce périple, le ministre Kassoum Dénon a salué l’initiative des femmes rurales qui sont en train de développer, à l’Office du Niger, tout un programme de diversification maraîchère. Aussi, a-t-il salué la mécanisation en cours à l’Office du Niger et à l’Office Riz de Ségou.

«Nous avons constaté avec bonheur l’introduction de la mécanisation à travers la repiqueuse motorisée. Celle-ci va permettre de mettre à échelle toutes les opérations de repiquage qui constituent un goulot d’étranglement dans les opérations culturales. A l’Office du Niger, nous avons constaté aussi l’aménagement de 360 ha réalisés sur le budget d’Etat. Toutes choses qui vont permettre de grossir l’objectif des 100 000 ha recherchés à la fin du quinquennat du Président de la République», a-t-il indiqué. Avant de se féliciter de la mise à disposition des producteurs, à l’Office Riz de Ségou, de nouveaux périmètres irrigués. Pour le ministre de l’Agriculture, mise à disposition demande qu’on change tous les aspects de mis en valeur aussi bien en terme agronomique, en terme de lutte phytosanitaire et en terme d’organisation des producteurs.

 Manque criard de ressources qualifiées dans le secteur de la recherche agricole

Il n’y a pas de politique rationnelle agricole sans une politique semencière. Au Mali, de plus en plus, la recherche agricole se présente comme étant le parent pauvre de notre Agriculture. La recherche agricole est quasiment démantelée et vidée de ses ressources humaines qualifiées. Cela, depuis le programme d’ajustement structurel du secteur de l’Agriculture pour certaines céréales. Cette situation se manifeste par le départ massif à la retraite de cadres compétents. Tenez-vous bien, pour la seule année 2016, ils seront plus de 50 à faire valoir leur droit à la retraite. Devant une telle situation devons-nous espérer de notre Agriculture quand on sait qu’il nous faut adapter nos pratiques culturales aux changements climatiques ? L’exemple le plus frappant est le cas du centre de recherche agronomique de Cinzana-Gare, un centre qui a une vocation sous-régionale. Ici faute de personnel, les chercheurs sont obligés de travailler la nuit. En visite sur ce site, le ministre de l’Agriculture a fortement été interpelé sur le sujet par les agronomes. En agronome averti des difficultés du secteur, le ministre Kassoum Dénon a déclaré avoir pris bonne note des difficultés soulevées. «Ceux sont des problèmes qui sont connus. Nous allons nous y attaquer» a rassuré Kassoum Dénon.

 Aperçu sur l’Office Riz de Ségou

Crée par l’ordonnance N°91-049/CTSP du 21 août 1991, La zone d’intervention de l’Office Riz de Ségou est située dans la vallée du fleuve Niger. Elle couvre 44 communes dont une commune urbaine reparties comme suite : Cercle de Ségou (27) : les communes de Diédougou, Dioro, Farakou-Massa, Togou, Markala, Diganibougou, Farako, Sama-Foulala, Souba, N’Gara, Massala, Konodimini, Pelengana, Sébougou, Baguindadougou, Bellen, Boussin, Cinzana….

  • Cercle de Macina : les communes de Sana, Saloba, Souleye, Matomo, Folomana et Tongué.
  • Cercle de Baraoueli : les communes de Boidié, Tamani, Somo, Dougoufé, Baraoueli, Konobougou, Sanando, Kalaké, N’Gassola, Gouendo et Tésserela.

Sa principale mission est de proposer et d’exécuter tous les programmes et projets concourant à la promotion de la filière riz à travers les actions visant le développement intégré de sa zone d’intervention. Il évolue avec un personnel de 126 agents toutes catégories confondues. Le nombre de villages encadrés a considérablement augmenté avec l’extension de la zone d’intervention suivant le décret N°10-340/PRM du 16 juin 2010.

Dans la zone Office Riz de Ségou, les principales cultures sont le riz, le mil, le sorgho, le maïs, le fonio, le voandzou, l’arachide, le sésame, le niébé, la pastèque et les cultures maraîchères entre autres.

Rassemblées par Yaya Samaké

 

 

 


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