Legislative partielle à Baroueli: L’URD dénonce l’immixtion du Président de la République

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«L’URD s’attendait à être écrasée au second tour, car au Conseil des ministres du 03 août 2016, des injonctions ont été faites par le Président de la République à l’ensemble des membres du Gouvernement pour que la victoire soit du côté du candidat de la majorité, son candidat». C’est la principale information qu’a donnée le 1er vice-président de l’URD, Salikou Sanogo, au cours d’une conférence de presse hier mercredi 10 août.

A la suite du second tour de l’élection législative partielle à Barouéli, l’Union pour la République et la démocratie (URD) a rencontré la presse pour dénoncer l’utilisation des moyens de l’Etat dans la campagne ayant permis l’élection du candidat de l’Adema. Pour le Pr Salikou Sanogo, le Président de la République a considéré cette élection comme un deuxième tour d’une présidentielle en y déployant toute sa force. Pour ce faire, souligne le principal conférencier, «depuis la salle du Conseil des ministres du 03 août 2016, des injonctions ont été faites par le Président de la République à l’ensemble des membres du Gouvernement pour que la victoire soit du côté du candidat de l’Adema-Pasj qui a été considéré comme étant le candidat de la majorité, le candidat du pouvoir, le candidat du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta».

Selon le Pr Salikou Sanogo et Mody N’Diaye, Secrétaire général de la section URD de Barouéli, non moins 3ème vice-président de l’Assemblée nationale, ce désir du Président IBK étant un ordre, il a été exécuté à la lettre. A les en croire, la volonté du Président Ibrahim Boubacar Keïta a été traduite par la ruée des membres du gouvernement sur le terrain. «Quand les uns promettent des emplois à tous les fils du Cercle de Barouéli, d’autres distribuent gratuitement des sacs d’engrais et autres matériels agricoles.

Certains n’ayant autre chose que l’argent, ont préféré le distribuer à volonté. Le spectacle était désolant et pathétique», ont-ils déclaré. Ce qui amènera les responsables de l’URD à affirmer qu’il est incompréhensible qu’avec tous les problèmes sécuritaires et de mal gouvernance qui caractérisent le quotidien dans notre pays depuis trois ans, que les sessions du Conseil de ministres, cadre prestigieux de rencontre et de très haut niveau présidé par le Chef de l’Etat, au lieu de servir de laboratoire à proposer des solutions aux multiples problèmes de l’heure, spéculent sur les stratégies à mettre en place pour empêcher, vaille que vaille, l’élection d’un candidat de l’URD. Cependant, le parti de la poignée de mains se félicite de son score. Car, expliquent ses cadres, sur les 30,65% des voix obtenues au 1er tour par les deux candidats de l’opposition contre les 69,35% des voix obtenues par la majorité présidentielle, l’URD s’attendait à être écrasée au second tour, étant entendu que le Président-ministre de l’Adema déclarait qu’il faudrait 80% de voix pour faire élire son candidat avec la manière.

Le score de l’URD prouve le malaise général au sein de la majorité présidentielle
« S’il est vrai que le candidat de l’Adema - Pasj a été élu, il est tout de même évident que le résultat obtenu par le candidat de l’URD traduit le dynamisme de notre parti d’une part et le malaise général qui caractérise la majorité présidentielle d’autre part », indiquent les conférenciers. Pour eux, leur résultat prouve que la côte de popularité du Président de la République va decrescendo. Car, s’il a obtenu 74% en 2013 dans ce Cercle, il s’en sort avec 54% à mi-mandat, soit un recul de 20%. Cette tendance se poursuivra en fin de mandat par sa défaite sûrement, argumentent-ils.

L’URD devient aujourd’hui la première formation politique du pays
Sur la base des résultats des 4 scrutins législatifs partiels, l’URD se réjoui de son dynamisme. Pour ses cadres, si voter c’est donner librement son suffrage à l’occasion d’une élection, il est aussi évident que les résultats du vote constituent un moyen précieux pour jauger la popularité d’une formation politique.

A l’issue d’une analyse statistique produite par le ministère de l’Administration territoriale concernant les trois partis politiques qui ont occupé le peloton de tête lors desdits scrutins à savoir l’URD, le RPM et l’Adema, le vice-président de l’URD affirme que son parti devient la première formation politique du pays. Avant de commenter : «Sur les 4 scrutins législatifs partiels réunis : Aux premiers tours il y a eu globalement 125.032 suffrages valablement exprimés, l’URD totalise 31.698 voix soit 25%, contre 22.965 soit 18% pour le RPM et 22.245 soit 17% pour l’Adema-Pasj.
Lors du second tour, il y a eu globalement 123.867 suffrages valablement exprimés l’URD totalise 57.418 voix soit 46%, contre 33.636 voix soit 27% pour le RPM, et 32.813 voix soit 26% pour l’Adema-Pasj.

Le sondage sorti des urnes étant le meilleur critère d’évaluation des partis politiques pris individuellement; l’URD est incontestablement la première formation politique du Mali aujourd’hui avec les pourcentages obtenus lors de ces scrutins».

Oumar KONATE

aBamako

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