Liberté d’expression: Quelle ligne rouge a été franchie par Ras Bath?

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Certains auditeurs de Ras Bath rappellent comment s’était amusant d’apprendre de la bouche de l’animateur que des coups de fil venus de la Primature encourageaient à continuer de «démolir les opposants ». Ces encouragements, c’était bien avant que Ras Bath lui-même reconnaisse sur les ondes, que ses émissions étaient devenues dérangeantes pour le pouvoir au point qu’on ne lui téléphonait plus de la Primature pour lui dire merci. Mais, il a été arrêté.

Contre toute attente, Ras Bath a été libéré au lendemain de la sortie télévisuelle du Procureur général qui s’était fait remarquer par une fermeté étonnante. L’animateur de radio a regagné son domicile, mais le chemin de la radio lui est reste fermé ainsi que la liberté de s’exprimer sur les réseaux sociaux pour une période non encore déterminée.

Et un observateur qui suivait de près l’animateur de s’interroger pourquoi le Procureur général n’a-t-il pas agi plus tôt pour arrêter les dégâts. Ce dernier compare Ras Bath à une créature dont les agissements arrangeaient le pouvoir qui l’aurait entretenu pendant plusieurs années. «Chaque fois qu’il y avait la moindre critique contre le pouvoir, c’est Ras Bath qui parlait peu après pour répondre», rappelle un observateur politique.

Certains rappellent que c’est d’abord les opposants et tous ceux qui émettaient des critiques à l’encontre du gouvernement qui faisaient les frais des émissions de Ras Bath. Soumaila Cissé, Tiébilé Dramé, Modibo Sidibé et d’autres figures de l’opposition ont ainsi été les cibles privilégiées de l’animateur dont les propos faisaient régulièrement couler beaucoup de salive, puisqu’ils animaient surtout les conversations de rue à Bamako.

D’autres figures de la vie publique qui ne sont plus dans les affaires et avec lesquels l’animateur n’avait pas été tendre, ont aussi été au cœur de ses émissions. Parmi ceux-ci on peut citer l’ancien président Alpha Oumar Konaré et l’ancien Premier ministre sous ATT, Ousmane Issoufou Maïga. Plusieurs autres personnages apparentés au pouvoir d’alors ont aussi été évoqués lors des émissions de l’animateur de radio.

Ce qui aura coûté cher à Ras Bath est le fait d’avoir pris pour cible les proches du pouvoir en place pendant les dernières semaines avant son arrestation. Plus récemment, étaient dans le viseur de Ras Bath: l’actuel Premier ministre, son Directeur de cabinet et le DAF de la Primature. En plus, plusieurs ministres du gouvernement actuel ont été les sujets des émissions. Celles-ci ne font plus l’affaire du pouvoir actuel.

Un auditeur se dit convaincu que la nature et le caractère secret des informations données laissent croire que plusieurs groupes d’intérêt se font la guerre au sein du pouvoir. Pour lui, l’animateur a certes récusé l’actuel Premier ministre et plusieurs autres personnes aux affaires, mais il a épargné certains que tout le monde critique.

Soumaila T. Diarra


Africatime

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