Assainissement du secteur des mines au Mali : Plus de 150 permis à invalider

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Le Gouvernement malien doit tout mettre en œuvre pour lancer un processus d’assainissement du secteur minier, en commençant par l’annulation de plusieurs permis de recherches, dont certains ont expiré il y a belle lurette. Par cette opération inédite, le gouvernement Modibo Kéita entend prendre les dispositions adéquates en vue d’assainir les données du cadastre minier et de mettre les superficies ainsi libérées à la disposition de nouveaux investisseurs miniers nationaux et internationaux.

«Au Mali, nous avons actuellement plus de 150 permis invalides. Pour pouvoir moderniser le cadastre, il est important qu’on ait un cadastre assaini au départ, avec des permis de recherche et d’exploitation valides», a indiqué un ex-haut cadre du ministère des Mines, qui considère le cadastre minier comme l’élément de base pour tout assainissement dans le secteur. Le ministère des Mines, dans le souci de créer plus de transparence dans le secteur minier, doit s’engager à assainir le cadastre minier. Pour cela, il doit  passer au crible plus d’un millier de dossiers relatifs aux autorisations et titres miniers.   Ce travail énorme finira par être salué par l’ensemble des acteurs du secteur minier, car permettra de faire le point des autorisations et titres miniers en règle ou non avec les lois minières en vigueur dans notre pays. Par ailleurs, il faudra revoir les taxes dues conformément à la réglementation minière au Mali, afin que les détenteurs des autorisations et titres puissent se mettre à jour. Afin que toute requête non fondée soit classée sans suite et que le détenteur s’expose à d’éventuelles sanctions conformément aux lois en vigueur. La phase de recherche minière entreprise par des sociétés et entreprises est très active au Mali. Ainsi, en 2012, on pouvait compter 339 titres de recherche en cours de validité, 78 autorisations d’exploration, 15 permis d’exploitation délivrés et 14 autorisations d’exploration.

Auxquels il faut ajouter 47 autorisations d’exploitation de carrière. Le secteur pétrolier est encore en gestation au Mali. Ainsi, cinq (5) blocs sédimentaires du Mali qui sont: Taoudéni, Iullemeden, Tamesna, Gao et Nara ont été découpés en vingt-neuf (29), dont treize (13) blocs sont déjà attribués à des sociétés de recherche pétrolière. Le bloc 6 de Taoudéni a été récemment attribué en Conseil des ministres du 10 juillet 2013. Le bloc 16 du bassin de Taoudéni a été attribué à la société bolivarienne Pdvsa dans le cadre de la coopération bilatérale avec le Vénézuéla. En matière pétrolière et gazière, il existe à ce jour un seul et unique permis d’exploitation attribué à la société malienne Petroma, dans le bloc 25 du fossé de Nara pour l’exploitation de l’hydrogène de Bourakebougou, cercle de Kati, non loin de Bamako. Toujours en matière pétrolière, la signature de Convention avec les sociétés de recherche pétrolière ont permis le forage de 4 565 mètres linéaires, le prélèvement et l’analyse de 1 900 échantillons. Malgré le potentiel en hydrocarbure au Mali, toutes les sociétés qui avaient acquis des permis de recherche pétrolière se sont retirées suite aux évènements (coup d’Etat et occupation du Nord). Elles ont toutes invoqué auprès de l’Etat malien le cas de force majeure pour demander la prolongation de leur convention. L’Etat s’est décidé à encourager fortement la recherche pétrolière. Pour ce qui est de la recherche de l’or, principale ressource en exploitation, les recherches se poursuivent. Les réserves d’or prouvées par les 9 mines en phase d’exploitation totalisent 600 tonnes, sans tenir compte des nouveaux projets annonçant de nouvelles découvertes. Et après avoir exploité quelques 800 tonnes d’or ces 20 dernières années. Le Pr Tiémoko Sangaré a hâte de moderniser le secteur minier malien. A cet effet, le ministre des Mines compte prendre plusieurs décisions dans les jours à venir. Ces décisions viendront mettre fin à l’exploitation anarchique des ressources minières du Mali par certaines personnes qui profitent de la pagaille dans le secteur pour se tailler la lion. A en croire le ministre, le secteur minier est essentiel et constitue l’épine dorsale de l’économie malienne. C’est donc à juste titre qu’il doit assainir le cadastre minier, en extirpant toutes les personnes, physiques ou morales, qui y exercent illégalement ou qui n’en sont pas véritablement qualifiées. Etant donné que l’or constitue près de 8% du produit intérieur brut (PIB) en 2012, il est donc temps pour le ministère de tutelle de dire non au désordre.

Paul N’GUESSAN


Maliweb

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