500 millions pour le fonctionnement du cabinet du chef de file de l’opposition : La prime à l’ancrage de la démocratie au Mali

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Le vote de la Loi portant statut de l’opposition malienne par l’Assemblée nationale trainait depuis des années. A son ascension à la magistrature suprême du pays, IBK a fait en sorte que cette loi soit votée par le parlement. Votée le 19 février 2015, la législation a été promulguée par IBK le 4 mars 2015.

En vertu de cette loi portant statut de l’opposition, l’Etat a octroyé 500 millions de F CFA, la semaine dernière, à  Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition. Il s’agit du budget de fonctionnement de son cabinet. Cela ne démontre-t-il pas à suffisance que le président de la République IBK est un très bon démocrate ?

En effet, l’octroi de cette somme de 500 millions de F CFA à Soumaïla Cissé a suscité beaucoup de débats dans les salons feutrés de la capitale et dans les Grins (lieux de causerie). Pour certains Maliens, cette manne financière pourrait permettre à Soumaïla Cissé de «préparer sa future campagne électorale aux frais» du contribuable. Et pour d’autres cet argent pouvait servir à construire des hôpitaux ou bien créer des emplois pour des jeunes chômeurs…

Mais, il est important de clarifier que cette somme de 500 millions de FCFA correspond à l’appui annuel accordé par l’Etat au chef de file de l’opposition. Il a droit, selon son statut, à un Cabinet (chauffeur, plantons, gardes du corps, etc.), à des véhicules et à un budget de fonctionnement. Ce montant comprend également les frais de publication du rapport d’activités annuelles qu’il a l’obligation de soumettre aux pouvoirs publics.

«En rendant fonctionnel le cabinet du chef de file de l’opposition malienne, le président IBK démontre qu’il est un bon démocrate…», nous confie un cadre de la majorité présidentielle. Un analyste politique ajoute, «le vote du statut de l’opposition au Mali et son fonctionnement démontre que la démocratie malienne monte en puissance…».

Un avis partagé par un député de l’opposition qui prévient que, «l’octroi de cette somme, qui est un dû au chef de file de l’opposition, ne va pas changer la volonté et à la mission de l’opposition républicaine de veille et de contrôle strict des actions du président de la République et de son gouvernement»

En tout cas, depuis plusieurs mois que la loi est votée, son décret d’application n’avait pas été pris. Et Soumaïla Cissé ne ratait d’ailleurs aucune occasion pour prendre à témoin le grand public par rapport au retard accusé par le gouvernement pour le mettre dans ses droits de chef de file de l’opposition. «Le vote du statut de l’opposition a tout simplement accouché d’une souris…», attaquait-il à chacune de ses sorties médiatiques.

Sa revendication était d’autant plus légitime qu’elle conférait à l’opposant en chef un pactole important pour se renforcer, malgré le contexte socio-économique difficile que le pays traverse. C’est désormais chose faite.

Mais, ce qui parait étonnant, c’est le mutisme de Soumaïla Cissé qui est en possession de son budget depuis la semaine dernière. Pour le moment, pas un seul mot de l’opposant autour de son pactole et surtout l’utilisation qu’il entend en faire. Il est vrai que l’argent n’aime pas le bruit.

En tout cas, de l’avis de nombreux observateurs avertis, en rendant fonctionnel le cabinet du chef de file de l’opposition, le président de la République pose un courageux acte de consolidation de la démocratie malienne.

Aliou Touré

 


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