Réforme électorale : comment IBK compte assassiner notre démocratie ?

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Le professeur Jean Claude Masclet a écrit : «Les modes de scrutins ne sont pas neutres». Il est clair que notre État-nation est calqué sur celui de la France. Or, en France, la seule élection qui vaille est la présidentielle. Si IBK n’avait pas été président, le très courageux Karim Keita ne serait jamais élu député. Il n’allait même pas oser «candidater». Le régime d’IBK, le plus corrompu du Mali de tous les temps, compte redéfinir les conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle.

Notre Code électoral a besoin de réformes, certes. Mais, ce qu’il faut réformer demeure l’utilisation abusive de l’argent dans les campagnes électorales. Oui, il est temps d’arrêter les distributions de gadgets, de billets d’argent, du thé, du sucre, et l’utilisation des moyens de l’État doivent être bannis de notre espace politique.

Ce qu’il faut réformer, c’est le fait pour les élus de changer de camp en cours de mandat. Ce qu’il faut éviter, c’est de permettre à des opportunistes-arrivistes sans convictions d’aller à la présidentielle et puis de négocier après un strapontin : le cas du très malheureux Racine Thiam, conseiller à la communication à Koulouba. Le prototype d’une démocratie pervertie.

 Avoir une vision claire

Avec le parrainage de quinze députés (15) pour être candidat, Soumaïla Cissé peut être candidat en 2018 à la condition qu’il ne soit pas trahi par au moins deux de ses députés avant cette date. Et si, par extraordinaire, IBK gagne en 2018, rien ne garantit ni à Soumaïla, ni à un autre opposant d’obtenir 15 députés donc la possibilité d’être candidat en 2023. Soumaïla Cissé a donc intérêt à s’associer dès à présent à tous les démocrates afin de dire non à ce parrainage par  15 députés.

 Alors que faire ?

Il est nécessaire de rehausser la caution pour la présidentielle de 10 millions à au moins 50 millions pour mettre fin aux candidatures farfelues. Les partis politiques qui ont une certaine représentativité sont financés. Alors, ils peuvent faire une ponction sur les fonds publics à eux alloués surtout s’ils n’ont plus de gadgets à offrir.

Dans le combat contre une partie de cette nouvelle loi électorale, des politiques, qui n’ont à priori rien en commun, peuvent se retrouver et peut-être de là, il y aura un déclic pour le Mali.

Boubacar SOW

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Maliweb

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