Mauritanie: un Malien « torturé » avoue être l’ »escroc » du président

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ALAKHBAR (Nouakchott)- Un ressortissant malien a avoué avoir escroqué le président mauritanien, « après six mois de torture » et de « détention secrète » dans la capitale mauritanienne, « Nouakchott », et gambienne, « Banjul ».

Le Malien d’origine yéménite, Omar Mahmoud, connu sous le nom d’Al-Yamani, raconte son histoire dans une longue interview accordée à l’hebdomadaire Alakhbar Info. Interview publiée ce mercredi 31 août.

Al-Yamani dit avoit a été arrêté dans le cadre du « Scandale d’Accra » qui a éclaté en avril 2013. Il s’agit d’un enregistrement audio retraçant une transaction douteuse. Enregistrement dans lequel on entend deux voix dont l’une attribuée à l’actuel président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, alors chef du Bataillon de Sécurité Présidentielle (BASEP).

Arrivé au pouvoir, la président Ould Abdel Aziz a reconnu l’authenticité de cet enregistrement mais estime avoir été « victime d’escroquerie ».

Al-Yamani soutient avoir été arrêté avec son fils, Abdel Karim, en mai 2015, par « un commando mauritanien devant les locaux des renseignements maliens».

La Malien ajoute que son second fils, Amar, a été ensuite arrêté dans la capitale sénégalaise « Dakar », puis son frère Aboubakr et un de ses cousins paternels. Ils auraient été « frappés, violentés et agressés physiquement et verbalement».

« Un officier mauritanien du nom d’Abdel Fatah Ould Habab nous insultait les parents », a-t-il indiqué ajoutant qu'ils étaient «ligotés » les « yeux bandés » et trainés de Bamako à Nouakchott en passant par Banjul à bord d’ « un avion piloté par le capitaine Jamal».

Al-Yamani dit avoir été d’abord accusé d’ « implication dans l’assassinat de l’ambassadeur américain à Bengazi » et de « financement de terrorisme».

Les enquêteurs auraient après oublié ces premières accusations pour "ne parler que du Scandale d’Accra" et en demandant au Malien de «rembourser » 8 millions d’euros "au président Ould Abdel Aziz", "en échange de sa liberté".

Cette somme de 8 millions d’euros aurait été revue trois fois à la baisse, « 4 millions, 2 millions » et finalement « 400 milles euros qu’il (le Malien) a versées en quatre tranches ».

Omar Mahmoud Al-Yamani soutient avoir avoué son implication dans le scande d’Accra "sous l’effet de la torture" et réclame 400 milles euros au président Mohamed Ould Abdel Aziz.


Africatime

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