14ème Journée africaine de la médecine traditionnelle : La réglementation des produits de la pharmacopée traditionnelle au cœur des débats

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À l'instar des pays africains, le Mali a célébré le jeudi, 1er septembre 2016, la 14ème Journée africaine de la médecine traditionnelle. C’était dans la grande salle de conférence de l'Institut national de recherche en santé publique (Inrsp), sous le thème retenu: «Réglementation des produits issus de la pharmacopée traditionnelle dans la région africaine».
La cérémonie d'ouverture de cette 14ème Journée africaine de la médecine traditionnelle a enregistré la présence du Directeur général de l'Institut national de recherche en santé publique (Inrsp), Prof. Mamadou Souncalo Traoré ; du président de la Fédération malienne des associations de thérapeutes traditionnels et herboristes (Femath), Mohamed Fall ; du représentant de l'Organisation mondiale de la santé (Oms), Magan Luicien ; du Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Sékou O. Dembélé ainsi qu'une centaine des participants venus du District de Bamako et de l'intérieur du pays.
Après les mots de bienvenue du Dg de l'Inrsp, le président de la Femath, Mohamed Fall a informé que le thème de cette Journée porte sur la réglementation des produits issus de la pharmacopée traditionnelle. Selon lui, cette réglementation est un élément fondamental qu'exige la bonne pratique de l'art, car la satisfaction et la sécurité de nos populations en matière de santé y passe nécessairement. Aussi, ajoute-t-il, les tradipraticiens ont inscrit cette réglementation dans l'atteinte des leurs objectifs pour une plus grande satisfaction des malades.
Son association, dit-il, a mis en place dans toutes les régions des Fédérations régionales et dans le District de Bamako, qui sensibilisent sur la réglementation et assurent la collaboration, tout en veillant au respect des institutions de recherche. Il dira également que ces Fédérations ont mis en place des Sections locales dans chaque commune en vue d'assurer la réglementation. Il conclura en citant quelques recommandations à intégrer dans les programmes des partenaires.
Dès l'entame de ses propos, du Secrétaire général, Sékou O. Dembélé, indiquera que la médecine traditionnelle est un élément de notre patrimoine culturel qui reste encore le principal recours de nos populations, malgré les progrès de la médecine conventionnelle. Ainsi, révèle-t-il, depuis 1978, l'Oms a recommandé la prise en compte des praticiens de la médecine traditionnelle dans les soins de santé primaires. À l'en croire, la médecine traditionnelle est un système de santé qui dispose de ses praticiens, de ses pratiques et de ses produits.
«La prise en compte des pratiques positives et des produits de la médecine traditionnelle permet de renforcer le système de santé national et peut contribuer à améliorer l'état de santé des populations», a-t-il estimé. Et de préciser qu'une collaboration efficace et paritaire avec le système traditionnel de santé peut contribuer à briser des barrières socio-culturelles.
Concernant le thème, il soulignera que la nécessité de réglementer les produits issus de la pharmacopée traditionnelle a toujours été une préoccupation des autorités sanitaires de notre pays et de l'Oms, pour la sécurité des populations. Il a rappelé que le Mali, depuis son indépendance, est à l'avant-garde dans la valorisation des ressources de médecine traditionnelle et s'est doté d'un département Médecine traditionnelle qui est aussi un Centre collaborateur de l'Oms et un des Centres d'excellence de l'Ooas pour la recherche sur la médecine traditionnelle dans l'espace Cédéao.
Pour le représentant de l'Oms, Magan Luicien, les pays de la région africaine ont accompli des progrès remarquables vers la promotion de l'utilisation efficace et sans risque de la médecine traditionnelle. Ainsi, il fera savoir que depuis 2000, le nombre des pays qui ont élaboré des politiques relatives à la médecine traditionnelle a bondi de 8 à 40, et le nombre de pays dotés d'Institut de recherche dans le domaine de la médecine traditionnelle est passé de 18 à 28.
Malgré ces avancées, estime-t-il, 21 pays seulement sur les 47 États membres de la région disposent de lois et réglementations régissant la pratique de la médecine traditionnelle. Avant d’jouter que, pour le niveau mondial, seulement 70 pays disposent d'une réglementation pour les médicaments à base de plantes pour la région africaine et continue de produire des directives pour le renforcement de la réglementation pharmaceutique, en général et encourage les pays à les exploiter.
Seydou Karamoko KONÉ

aBamako

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