Hillary Clinton réapparaît après quatre jours de repos

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Après un malaise lors des commémorations du 11 Septembre, la candidate, atteinte d’une pneumonie, a mis entre parenthèses sa campagne pendant quelques jours.

Ce jeudi, à 11 jours du premier débat télévisé contre son opposant Donald Trump,Hillary Clinton va réapparaître en public, désireuse de reprendre l’offensive après plusieurs jours de flottement et de polémiques. L’enjeu politique est immense : reconquérir l’avance acquise au sortir des conventions d’investiture du mois de juillet dernier. L’érosion apparaît dans plusieurs sondages, et le républicain a recommencé à citer publiquement les enquêtes d’opinion qui le placent ici et là en tête, comme à la grande époque des primaires.

La candidate démocrate à la Maison-Blanche quittera son domicile de Chappaqua, près de la ville de New York, où elle se reposait depuis son malaise de dimanche, causé par une déshydratation liée à sa pneumonie, diagnostiquée en secret deux jours plus tôt. Un meeting est prévu à Greensboro, en Caroline du Nord, puis un discours en soirée à Washington. L’incident médical, le premier officiellement en 17 mois de campagne, l’a forcée à annuler une tournée dans l’ouest du pays, laissant le terrain libre au candidat républicain à une période où les candidats augmentent traditionnellement le rythme. Mais Hillary Clinton a mis de l’ordre dans ses affaires et publié mercredi un nouveau bulletin de santé détaillé, afin de mettre fin aux rumeurs. Sa pneumonie n’avait été révélée qu’après son malaise. Selon son médecin, l’ancienne secrétaire d’État de bientôt 69 ans est apte à assumer la fonction présidentielle. Elle aurait un état mental “excellent” et a souffert cette année d’allergies saisonnières et d’infections traitées par antibiotiques, en plus de la pneumonie.

Les démocrates répliquent

Les démocrates veulent maintenant prendre Donald Trump à son propre jeu en le défiant de publier un bulletin aussi précis. Le milliardaire a dévoilé mercredi, lors de l’enregistrement d’une émission de santé qui sera diffusée jeudi, “Dr. Oz Show”, certains aspects de son dernier examen médical, notamment qu’il est en surpoids (107 kg pour 1m90, selon CNN citant des spectateurs de l’émission). “Il a 70 ans et il n’est pas tout mince”, avait soufflé Harry Reid, le vieux chef des démocrates duSénat, une insinuation savamment calibrée. “Il se vante de manger du fast-food tous les jours.” Avec le retour prévu de la démocrate, Donald Trump a abandonné ses airs de gentleman et ouvertement remis en cause son niveau d’énergie, lors d’un meeting mercredi soir à Canton, dans l’État stratégique de l’Ohio. Après avoir relevé qu’elle était alitée, le milliardaire a demandé à ses partisans, évoquant la chaleur de la salle : “vous pensez qu’Hillary Clinton serait capable d’être là pendant une heure? Je n’en sais rien.”

Politiquement, Hillary Clinton doit surtout effacer sa gaffe sur les électeurs “pitoyables” de Donald Trump. C’est ainsi qu’elle a qualifié la moitié des partisans de son adversaire vendredi dernier lors d’une réception très exclusive de levée de fonds à New York. Elle a présenté ses regrets mais les républicains entendent galvaniser ce qu’ils appellent désormais avec ironie la masse des “pitoyables” contre celle qui représente à leurs yeux les élites. Dans le jeu de miroirs de cette campagne électorale, les deux camps utilisent les mêmes techniques de harcèlement. Sur la santé, mais aussi sur les fondations créées par chaque famille. Les républicains ont longtemps dénoncé les conflits d’intérêts de la fondation caritative Clinton, organisation financée par notamment des dons de gouvernements et d’hommes d’affaires étrangers, y compris quand Hillary Clinton dirigeait la diplomatie des États-Unis. Ces soupçons ont forcé les Clinton à annoncer qu’ils prendraient leurs distances avec la fondation. Les démocrates critiquent maintenant l’opacité de la comptabilité de la fondation Trump, accusée d’être un outil d’influence politique au service de l’homme d’affaires. La justice de New York s’intéresse à des transactions douteuses. Et une enquête de Newsweek sur les ramifications étrangères de l’organisation Trump, qui contrôle la marque Trump et son empire immobilier, était abondamment reprise par le camp démocrate. Reste enfin le refus de Donald Trump de publier sa déclaration de revenus, une tradition et non une obligation légale. “Il continue de cacher ses impôts et ses affaires derrière de fausses excuses. C’est à se demander : mais que cache-t-il ?” a raillé Robby Mook, directeur de campagne d’Hillary Clinton. Une question longtemps posée par Donald Trump à l’adresse de sa rivale.

Publié le 15/09/2016 à 10:00 | Le Point.fr


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