22 SEPTEMBRE 1960- 22 SEPTEMBRE 2016: Le Mali en quête de sa stabilité et de son intégrité territoriale

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Le Mali s’apprête à célébrer son 56e anniversaire de l’accession à son indépendance le jeudi prochain dans un contexte très difficile suite aux événements dramatiques du 17 janvier 2012 et qui ont failli menacer l’existence de la nation malienne. Un anniversaire censé être une vraie fête de joie et d’allégresse, sera fêté dans la plus grande tristesse et d’hommage à tous ceux qui se sont sacrifié pour l’existence de la nation malienne
Cinquante Six (56) ans après cette indépendance acquise le 22 septembre 1960 et 25 ans après l’avènement de la démocratie obtenue au prix du sang le 26 Mars 1991, le Mali est toujours en quête de sa stabilité et de son intégrité territoriale. En effet si les premiers pères de l’indépendance à savoir Mamadou Konaté, Fily Dabo Sissoko et Modibo Keita pensaient libérer leurs compatriotes du joug colonial à savoir l’esclavage ,les humiliations, les brimades, les tortures en les offrant du bonheur et un développement harmonieux , le Mali a été replongé dans l’abime avec l’avènement du CMLN à la faveur d’un coup d’état en 1968 qui a régné sans partage jusqu’en 1978 suivi de l’avènement d’un parti unique à savoir l’UDPM.
Pendant 23 ans le Mali fut dirigé par une main de fer d’un seul homme qui avait le droit de vie ou de mort sur tous les maliens. Mais comme dirait l’autre, toute chose à une fin. Ce qui arriva le 26 mars 1991 à la faveur d’une révolution populaire qui a renversé ce pouvoir dictatorial et qualifié de sanguinaire à l’époque. Et les bases des fondements d’un Mali havre de paix de stabilité et de développement socio-économique et culturel venaient d’être lancées grâce au retour du vent des libertés d’opinion, d’expression, d’association et enfin l’instauration d’un multipartisme intégral. Vingt cinq ans après le vent de la démocratie, le constat fut alarmant et amer avec ces failles qui ont atteint leur seuil de paroxysme le 17 janvier 2012 avec l’occupation des 2/3 du territoire malien par des groupes islamistes qui ne sont en réalité que des bandits et des terroristes de tout acabit.
Cette situation entraina la révolte de certains militaires de Kati sous la houlette d’Amadou Haya Sanogo d’où la chute du régime démocratiquement élu d’Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012. Ainsi s’installa le chaos jusqu’au 11 janvier 2013 avec l’intervention de l’armée française Serval à Konna pour empêcher l’avancée des ‘’Jihadistes’’ vers le centre du Mali. C’est dans ce désordre ambiant que la communauté internationale sous la houlette de la France est parvenue à mettre en place une transition dirigée par Dioncounda Traoré.
Ce qui a permis d’ouvrir un dialogue avec les groupes armés pardon avec des apatrides avec à la clé la signature des accords de Ouagadougou et qui ont ouvert la voie à l’organisation de l’élection présidentielle et celle des législatives. Malgré l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita en août 2013 et son intronisation le 4 septembre 2013, malgré les accords de paix et de réconciliation signés en 2015, malgré l’assurance donnée par la communauté internationale à aider le Mali à retrouver sa stabilité et son intégrité territoriale, le Mali n’arrive pas à sortir de l’ornière.
Pire le pays s’enfonce dans une crise aigue avec la multiplication des attaques, la création de plusieurs mouvements armés, les affrontements incessants entre les groupes armés rivaux sans oublier la guerre des tranchées et de leadership entre les hommes politiques à Bamako. Aujourd’hui en plus des trois pardon des cinq régions du Nord du Mali, le centre du Mali c'est-à-dire la 5e région et une partie de la 4e région sont presque hors de contrôle du pouvoir central de Bamako. Comme on le voit ce 56e anniversaire de notre accession à l’indépendance sera célébré dans un contexte de prière, de médisance et d’hommage à tous ceux qui ont perdu leur vie pour la nation malienne. Que Dieu sauve le Mali!
Moussa Bamba

aBamako

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