En un mot : Comment Gamou étouffe Kidal

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Si les combattants du Gatia ont été boutés hors de la ville de Kidal après les affrontements d’Edjarer en août dernier, les hommes du général El-Hadji Gamou n’ont pas pour autant perdu pieds dans la Capitale de l’Adrar des Ifoghas. Bien au contraire. Leur position n’y avait jamais été aussi confortable. Tout autour de Kidal, à une dizaine de kilomètres des grands axes, ils sont positionnés et ont pris la ville en étau.

Selon nos confrères du Journal du Mali, toute l’aide humanitaire et le ravitaillement venant de Gao sont passés au peigne fin par les combattants du Gatia aux check-points. “Dernièrement, ils sont tombés sur un chargement de talkies walkies militaires destiné à la CMA, ils ont intercepté la cargaison. Ça a augmenté le risque pour les transporteurs qui véhiculent des choses à destination de la CMA, ils sont stoppés, vidés de leur chargement et retournés sur Gao”, confie le responsable d’une ONG.

De la même source, on apprend que le lundi 12 septembre, quelques combattants de la CMA, partis en éclaireurs, à moto, pour inspecter les environs, ont été capturés et on est sans nouvelle d’eux depuis, “il paraît qu’ils ont été abattus”, rapporte un habitant. La libre circulation des personnes est néanmoins possible, mais les gens très proches de la CMA, eux, ne peuvent pas voyager au risque d’être fait prisonniers. “Un collègue qui devait voyager à Gao n’a pas pu y aller, car sa famille est très impliquée du côté de la CMA notamment dans les affrontements”, explique toujours notre employé d’une ONG.

Et l’état de siège a commencé à étouffer la ville de Kidal. “Il n’y a pas de clients. Franchement, il n’y a pas assez de gens en ville. On ne fait que trois sacs de pain par jour… il y a une crise d’argent, les gens n’ont pas d’argent et tout le monde souffre, et la vente de pain s’en ressent. Le commerce va mal”, se lamentait Haroun Goïta, boulanger à Kidal au micro de RFI.

Ce n’est pas donc surprenant que la CMA appelle à une intervention rapide de la communauté internationale, car à l’intérieur les populations commencent à se révolter et surtout à dénoncer la gestion des aides humanitaires détournées par des leaders rebelles à travers des ONG créées et revendues chères aux pauvres Kidalois. Gamou semble ne pas être prêt de desserrer l’étau.

DAK

aBamako

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