Sexualité, les droits humains et l’éthique journalistique : Des journalistes à l’école du Réseau des populations Clés Mali et ses partenaires

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De nombreuses professionnelles du sexe, lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres et inter-sexes (Lgbti) de tout âge et dans toutes les régions du monde sont exposés à des violations flagrantes de leurs droits humains à cause d‘attitudes homophobes et transphobes. C’est fort de ce constat que le Réseau des populations Clés (Mali) a, en collaboration avec ses partenaires AMSHER et GIHR-HA, organisé un dialogue de deux jours avec les acteurs médiatiques. C’était les 15 et 16 septembre 2016 à l’hôtel MICASA.
Amener les acteurs médiatiques à avoir une conversation autour des questions de sexualité dans toutes ses variantes et d’appréhender l’impact de leur travail sur les droits humains des personnes vulnérables (Lgbti) ! Tel était l’objectif principal de cette initiative. Elle a été organisée afin de contribuer à mettre fin à l’homophobie et aux discriminations, d’une part, et d’améliorer l’accès aux services de santé pour ce groupe de populations, d’autre part. A travers ce dialogue avec les hommes de medias, il s’agissait aussi d’explorer le lien entre les droits humains, la santé, la sexualité et l’éthique journalistique. Selon le formateur, Berry Nibogora (spécialiste en droit en humain), les Lgbti sont victimes de discrimination sur le marché du travail, dans les écoles et dans les hôpitaux ainsi que, dans certains cas, maltraités et désavoués par leurs propres familles. «Elles sont ciblées par des agressions physiques ; battues, agressées sexuellement, torturées et souvent tuées», a-t-il indiqué. Le spécialiste a aussi rappelé que les préoccupations concernant ces violations de droits de l’homme ont été exprimées à plusieurs reprises, depuis les années 1990, par les mécanismes des droits de l’Homme des Nations unies. Et selon lui, ces mécanismes comprennent les organes de traités créés pour surveiller la conformité des États membres avec les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, ainsi que les rapporteurs spéciaux et autres experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’Homme pour enquêter et faire des rapports sur les défis des droits de l’Homme. A en croire Berry, «toute personne, quel que soit son sexe, son orientation sexuelle ou l’identité de genre, a le droit de bénéficier des protections prévues par le droit international des droits de l’Homme, y compris en ce qui concerne les droits à la vie, à la sécurité de la personne et à la vie privée, le droit à ne pas être soumis à la torture et à des arrestations et détentions arbitraires, le droit de ne pas faire l’objet de discrimination et le droit à la liberté d’expression». Selon le droit international, explique-t-il, «les États sont responsables au premier chef, de la protection de tous contre la discrimination et la violence. Ces violations nécessitent donc une réponse urgente des gouvernements, des parlements, des systèmes judiciaires et des institutions nationales des droits de l’homme». Les concepts de base-Sexe et genre ; la sexualité, lois et droits humains, les mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme ; les systèmes régionaux et internationaux de protection des droits humains (la jurisprudence sur les droits sexuels et reproductifs en Afrique dans le monde) ; la Santé, sexualité, droits humains et medias : quel lien ? L’approche basée sur les droits humains dans le traitement de l’information ont été exposés par le formateur. En définitive, il ressort de ces échanges de donner et de recevoir que les dirigeants communautaires, religieux et politiques, les organisations de travailleurs, le secteur privé, les prestataires de santé, les organisations de la société civile et les médias ont également un rôle très important à jouer dans cette lutte à travers la bonne information et la dénonciation des cas de violence des droits de l’Homme dans le respect de l’éthique et la déontologie journalistique. Aliou Touré
Source: Le Matin

aBamako

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