Affaire du terrain de football du CSK sis à l’ACI 2000 : « Je ne demande ni moins ni plus à l’Etat malien que l’exécution d’une décision de justice qui m’est favorable » dixit Salif Keita

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Presque deux (02) ans que la justice malienne a donné raison à Salif Keita sur la paternité du terrain de football du CSK sis à l’ACI 2000 qui l’oppose à Sékou Diogo Keita, l’homme n’arrive à être mis dans ses droits c’est-à-dire à occuper son terrain de football. Face à l’incapacité pardon au refus des autorités du pays à faire exécuter les décisions de la Cour d’appel et de la Cour Suprême, Salif Keita décide de porter l’affaire au niveau de la Cour de justice de la CEDEAO sise à Abuja (Nigéria). Cette annonce a été faite au cours d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Mandé le 18 septembre 2016. 

Tout est parti en Février 2010 et voulant se rendre à son bureau sis au terrain d’entrainement, lorsque le fondateur et promoteur du Centre Salif Keita, Salif Keita  s’est rendu compte que son ancien président-délégué Sékou Diogo Keita venait de l’hériter de son vivant en s’appropriant du centre et de ses biens. C’est sans surprise qu’il fut tout de suite exclu du centre. Mais c’est que le premier ballon d’or ignorait c’est que son ancien collaborateur avait longtemps et minutieusement préparé son coup bas  pour ne pas quitter les lieux aussi vite que possible en vue de profiter aussi longtemps que possible des dividendes issues des investissements colossaux estimés à 450 millions de francs CFA. En homme légaliste et ayant confiance à la justice et aux autorités de son pays, Salif Keita saisit le tribunal de Première instance de la Commune IV qui le déboute. C’est sans surprise qu’il fait appel de cette décision au niveau de la Cour d’Appel de Bamako. Muni de tous les documents justificatifs (protocole d’accord d’entente avec la Mairie de la Commune IV, chèques signés) et face à l’incapacité notoire de Sékou Diogo Keita d’apporter la preuve contraire, la Cour d’Appel lui donne raison lors de l’audience publique ordinaire du 04 avril 2014.  Mieux elle  avait ordonné l’expulsion de Sékou Diogo Keita, tant de sa personne que de tous occupants de son chef du terrain d’entrainement sis à l’ACI 2000, objet de protocole d’accord d’entente du 23 août 2008. Aussitôt cette décision fut attaquée au niveau de la Cour Suprême par Sékou Diogo Keita qui a introduit un pourvoi en cassation. Incapable de fournir les preuves contre celles du premier ballon d’or, la Cour Suprême n’a eu aucune peine à donner raison de nouveau au fondateur et promoteur du Centre Salif Keita suivant arrêt No 38 du 09 février 2015, reçoit le pourvoi en la forme et le rejette au fond, ordonne la confiscation de l’amende de consignation et met les dépens à la charge du demandeur.

L’Affaire bientôt sur la table de la Cour de justice de la CEDEAO   

Après avoir reçu la grosse de la Cour suprême le 27 février 2015, Salif entama des démarches auprès des autorités du pays plus précisément auprès de la Garde nationale, de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale  pour faire exécuter cette décision de justice mais en vain sans le moindre motif valable. Face à l’incapacité pardon au refus des autorités du pays à faire exécuter les décisions de la Cour d’appel et de la Cour Suprême, c’est un homme frustré et désabusé qui a fait face à la presse nationale et internationale le 18 septembre 2016 pour dénoncer l’injustice qui le frappe depuis longtemps dans le Mali. « Malgré toutes nos démarches entreprises auprès des agents de sécurité pour faire exécuter ces décisions de justice, nous nous sommes butés à un refus catégorique en croire que je suis un étranger dans c e pays. Je prends cela comme un affront car je pense que ma vie et mon parcours footballistique en tant que joueur et dirigeant méritent beaucoup plus de respect et de considération de la part des autorités du pays » a-t-il déclaré. Et l’avocat de Salif Keita de marteler « La Cour d’Appel a ordonné l’expulsion de Sékou Diogo Keita du terrain du CSK au motif qu’il n’a aucun droit, ni titre pour l’occuper, il a fait un pourvoi et sa requête a été rejetée par la Cour Suprême du Mali. Dans ces conditions aucune difficulté ne devrait exister pour l’expulser du site. Mais toutes les décisions qui furent adressées à la force publique sont restées infructueuses. Autrement dit, la situation est que l’Etat refuse d’exécuter la sentence de la justice rendue au nom du peuple. Cela constitue une violation des droits de l’homme, mais aussi un danger pour la démocratie. Les juges se sont assumés tout en prouvant qu’ils sont indépendants. Mais face au refus d’exécution des forces de l’ordre, nous allons porter l’affaire à la Cour de justice de la CEDEAO ».  Rappelons que cette  décision de la Cour Suprême  oblige les forces de l’ordre, une partie intégrante de l’Etat malien, à assister le président du CSK à être dans ses droits comme le stipulent ces décisions en ces termes : Au nom du Peuple Malien, la République du Mali mande et ordonne à tous Huissiers sur ce requis, de mettre ledit arrêt à exécution ; aux Procureurs Généraux et aux Procureurs de la République près les Cours et Tribunaux de Première Instance d’y tenir la main ; à tous Commandants et Officiers de la force publique de prêter main forte pour son exécution lorsqu’ils en seront légalement requis. Ce qui fait croire au premier ballon d’or africain qu’il y a des intouchables dans ce pays. Face au refus de l’Etat malien d’assister à l’exécution d’une décision de justice qui lui est favorable, Salif Keita décide de saisir pour bientôt la Cour de justice de la CEDEAO basée à Abuja(Nigéria) d’ici la fin du mois prochain. Ce qui serait dommage pour les autorités du pays alors que depuis son accession au pouvoir en 2013, le Président de la république, Ibrahim Boubacar Keita ne cesse de  répéter à tout moment que ‘’Nul ne saurait être au dessus de la loi’’. Et en plus cette injustice se trouve contre un  homme qui fait partie des hommes qui ont fait gagner le Mali. Un homme qui a refusé d’abandonner sa nationalité malienne au profit de son pays d’accueil et qui est à l’origine de tous les succès enregistrés par le football malien à travers ses initiatives en 1997 et surtout en 2005. Le comble c’est que ce terrain lui a été donné en bail par la mairie de la commune IV le 23 août 2008 avec l’invitation d’y investir.  Ce que le Domingo du football malien a fait à concurrence de quatre cent cinquante millions de francs (450 000 000) CFA mais paradoxalement il ne peut pas pénétrer dans son propre terrain alors qu’il est accueilli avec les bras ouverts sur le terrain de Cergy Pontoise en France alors qu’il n’a offert aucune centime. « Je ne demande ni moins ni plus  que l’exécution d’une décision de justice qui m’est favorable. A quoi sert donc une décision de justice si elle n’est pas exécutée. Il s’agit tout naturellement d’un comportement incroyable de mon pays à mon égard dans cette affaire qui m’oppose à un citoyen fut-il Sékou Diogo Keita » a déclaré Salif Keita.  Si les autorités du pays  ne cessent de se plaindre qu’elles sont empêchées de pénétrer dans la ville de Kidal depuis plus d’une année par la communauté internationale représentée par la MINUSMA et la force Barkhane en criant à l’injustice, elles doivent comprendre qu’il n’y a pas de petite ou de grande injustice. En refusant de faire exécuter une décision de justice qui est favorable à un citoyen, l’Etat malien ne doit  cesser de se plaindre auprès de la communauté internationale représentée par la MINUSMA et de la force Barkhane qu’on l’empêche de récupérer la région de Kidal. .

Sadou Bocoum

 


Maliweb

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