Tiebilé Dramé : Le tenant de l’opposition à l’aveuglette

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La violence verbale et le refus de voir les avancées de l’adversaire semblent la marque de fabrique du président du Parti pour la renaissance nationale (Parena). Tiébilé Dramé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, porte des verres en bois et dresse un bilan pessimiste, voire macabre (1311 morts) des trois ans du président IBK au pouvoir. La vérité n’est pas forcément de son côté.

 Comme à son habitude, le président du Parena, Tiébilé Dramé, prétextant le troisième anniversaire de l’avènement du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita au pouvoir, tente de descendre en flammes le régime dans un communiqué-réquisitoire.

Dans un pamphlet publié le 17 septembre 2016, le comité directeur du Parena, cachant mal son aigreur, diabolise de nouveau le président de la République, le gouvernement, les autres institutions de la République et, in fine, prédit le cataclysme pour le Mali si ses propositions, certaines pour le moins saugrenues, ne sont pas prises en compte dans les plus brefs délais. Touchons du bois !

Le président du Parena, mal inspiré et tête baissée, reprend les mêmes récriminations depuis le 4 septembre 2013, date d’entrée en fonction du président Ibrahim Boubacar Kéita. Depuis ce jour-là, en effet, il n’arrête de tirer à boulets rouges sur le chef de l’Etat pour un oui ou pour un non. Les moindres faits et gestes du président ou de ses collaborateurs sont scrutés et interprétés par le Parena comme le signe annonciateur de la fin du Mali.

Dans d’autres forums, le secret médical du président est violé. Des rumeurs sur sa santé, déclarée chancelante, sont distillées, contribuant à semer le doute dans l’esprit des citoyens et à déstabiliser l’Etat par doses homéopathiques. Vive la protection des données personnelles et la vie privée de chaque citoyen !

Comme en 2014 et en 2015, Tiébilé Dramé régurgite une fois de plus l’affaire de l’avion de commandement du président comme si le Mali ne méritait pas d’en disposer un pour sa dignité et ses besoins réels. Il ironise les voyages présidentiels, oubliant le temps des chefs d’Etat VRP à l’antipode des présidents sédentaires et déphasés.

Après tout, quel est ce chef d’Etat malien resté scotché à son fauteuil tout le temps de sa présidence ? Chaque président de la République du Mali, de l’indépendance à nos jours, a presque fait plusieurs fois le tour du monde. Où est donc le problème si IBK compte 99 voyages à l’étranger, 618 926 kilomètres ou quinze (15) fois le tour de la terre pour les nécessités du peuple ? L’allusion est vraiment mesquine.

Corruption, enrichissement illicite, injustice, impunité… armée mal conditionnée, le lexique du Parena n’évolue pas. D’où une certaine lassitude du peuple vis-à-vis du Bélier en chef et ses ouailles dans leurs sorties contre le président.

Convaincu d’ailleurs que son disque est rayé, M. Dramé, sous des dehors de bon samaritain, y ajoute insidieusement une note d’apitoiement pour ceux qu’ils vouaient aux gémonies il n’y a pas longtemps, qui ont été remplacés ou mutés pour des nécessités de service. Voudrait-il les voir basculer dans son camp ? Le rêve est permis.

Mais ce piège aussi risque de ne pas fonctionner, car tout notre peuple sait maintenant la versatilité de l’homme. Souvenez-vous en : il avait nourri la même haine pour le président Amadou Toumani Touré en 2007 après avoir été le premier rallié à sa cause au 2e tour de la présidentielle en 2002. Comme une girouette, M. Dramé a le chic d’une position aujourd’hui et son contraire demain.

Opposant aveuglé par la haine du président en exercice au Mali depuis le général Moussa Traoré, Tiébilé Dramé ne reconnaît aucun mérite au régime d’IBK. C’est vrai que l’insécurité, la corruption et beaucoup d’autres travers ont la vie dure dans ce pays, mais l’honnêteté voulait que soient aussi mentionnées les avancées enregistrées.

La caravane passe

La guerre asymétrique imposée au Mali explique largement les 1311 morts dénombrés par le Parena. Ces décès ne sont pas la conséquence de la mauvaise gouvernance ou du délitement de l’Etat, ils sont le fait de terroristes sans foi ni loi qui sèment la mort et la désolation partout dans le monde.

L’attaque du 11 septembre 2001 de Word Trader Center de New York a occasionné la mort de près de 3000 personnes en quelques heures. Pour autant, les Etats-Unis étaient stables, sans volonté sécessionniste sur leurs territoires, sans trouble intérieur.

En tout état de cause, l’accord pour la paix et la réconciliation issu du Processus d’Alger, signé sous le leadership du président IBK en mai-juin 2015, est un progrès significatif dans la sortie de crise au Mali. Si tout n’est pas rose, l’accord, mis en œuvre sincèrement avec l’implication de tous les Maliens, permettra de réunifier le pays, d’instaurer la paix et la sécurité et de favoriser la cohésion sociale ; les conditions d’un développement national plus rapide.

Mais, refusant de faire bonne mesure, le leader du Parena ne reconnaît pas non plus au chef de l’Etat d’avoir affecté en trois ans de gestion des affaires publiques 15 % du budget d’Etat à l’agriculture, d’avoir subventionné les engrais et intrants agricoles, d’avoir mécanisé les moyens de production agricoles.

Il refuse de reconnaître la pertinence de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOMP), qui prévoit, pour les Forces armées maliennes (FAMa), un investissement de plus de 1230 milliards de F CFA en cinq (5) ans.

Il refuse de reconnaître la croissance économique (6 % attendu en 2016, selon le FMI). Il refuse de voir en la construction de l’autoroute Bamako-Koulikoro, du pont de Kayo, la modernisation de l’aéroport international Modibo Kéita-Sénou des avancées remarquables dans la politique de désenclavement intérieur et extérieur du Mali, malgré des meurtrissures et des attentes déçues.

Il dénie au pouvoir la tenue dans les règles de l’art des examens et évaluations de fin d’année scolaire et académique. Il met volontairement sous le boisseau la poursuite de la politique des logements sociaux, l’attrait des investisseurs nationaux et internationaux et surtout les 100 milliards de F CFA levés sur le marché international à la faveur du dernier emprunt obligataire par notre pays… Cette moisson inattendue, preuve du retour en grâce de notre pays, permettra, entre autres, la construction d’un quatrième pont à Bamako et d’un deuxième à Kayes.

Nul ne peut prétendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nul ne peut aussi prédire que tous les problèmes seront résolus comme sur un coup de baguette magique par des assises ou concertations nationales réclamées par l’opposition. Une certitude cependant : le Mali se remet lentement, douloureusement, mais sûrement de la crise sans précédent qu’il vit depuis 2012 malgré les plaintes, gémissements et imprécations des Cassandre des tropiques.

C’est connu : Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plaît (Birago Diop).

A2K

 

 


Maliweb

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