Processus de mise oeuvre de l’accord de paix: IBK annonce la tenue de la conférence d’entente d’ici à fin 2016

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Le chef de l’Etat semble plus que jamais conscient de la nécessité de rechercher une vision consensuelle autour des défis auxquels la nation malienne fait face dans le cadre du processus de sortie de crise. Ibrahim Boubacar Keïta a en effet réaffirmé, vendredi, sa détermination à respecter ses engagements pour la paix. Partant, il a annoncé la tenue de la conférence d’entente nationale qui, du reste, résulte de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

La tenue de la conférence d’entente nationale ne serait plus qu’une question de jours si l’on en croit le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta qui l’a évoquée, vendredi 23 septembre 2016. Ce fut à la faveur de la réunion ministérielle sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, tenue à New York (Etats-Unis d’Amérique) en marge de la 71 ème session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Lors de ladite réunion, le chef de l’Etat malien avait mis en garde contre la «volonté d’expansion des groupes extrémistes et terroristes» au Mali, et la multiplication des affrontements qui, dit-il, ralentissent la mise en œuvre de l’Accord de paix. Même s’il rassure que des progrès tangibles ont été réalisés depuis la signature de l’Accord en mai-juin 2015, IBK s’est montré conscient que «l’extension des actions terroristes et de banditisme au centre du pays«, ainsi que «la volonté d’expansion des groupes extrémistes et terroristes affiliés à Al-Qaïda et à Daech» «étaient de nature à miner le processus de mise en œuvre dudit accord.

Il a par ailleurs évoqué la multiplication des trafics d’armes, de drogue, de migrants, et «des affrontements entre membres signataires de l’Accord». Toutes choses qui créent, dit-il, un climat délétère. Partant, le Président de la République a réaffirmé sa détermination à tenir ses engagements pour la paix. «C’est ainsi que nous allons tenir la Conférence d’entente nationale dans le courant du dernier semestre 2016, pour faire émerger une vision commune de notre nation, a-t-il promis.»

Cette déclaration présidentielle devrait enfin baisser les ardeurs d’une frange de la population malienne, notamment des partis politiques d’opposition et certaines associations et organisations de la société civile, qui ont longtemps plaidé pour la tenue des concertations nationales afin de permettre aux Maliens de discuter, entre eux, les questions essentielles qui ont trait à la vie de la nation.

Les bailleurs de fonds interpellés
Cette réunion de haut niveau, dont l’ouverture a été co-présidée par le président Keïta et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, est arrivée à des conclusions qui s’adressent aux parties signataires de l’Accord et aux partenaires de sa mise en œuvre. Ainsi, au regard des récentes violations du cessez-le-feu par les groupes armés signataires, celles des droits de l’homme, ainsi que les entraves à l’accès humanitaire, les participants ont appelé à une application sincère de l’Accord. Avant de rappeler les dispositions de la résolution 2295 (2016) par lesquelles le Conseil de sécurité s’est déclaré prêt à prendre des sanctions ciblées contre ceux qui entraveraient la mise en œuvre de l’Accord.

Le gouvernement et les groupés armés ont aussi été invités à prendre des actions urgentes pour la mise en œuvre des dispositions de l’Accord. Notamment celles relatives aux questions de défense et de sécurité, à la mise en place des autorités intérimaires, au rétablissement et à l’extension graduels de l’autorité de l’État, y compris des services sociaux de base.

Concernant les structures du Mécanisme opérationnel de coordination dont elle appelle à la mise en place sans délai, la réunion a pris note des résultats de la session du Comité de suivi du 21 septembre dernier, y compris la remise des listes partielles par les groupes armés signataires, qui constitue un premier pas dans cette direction. Avec la ferme conviction que l’application intégrale de l’Accord reste le socle d’une paix et d’une stabilité durables au Mali, les participants ont lancé un appel pressant à la communauté internationale et aux bailleurs à fournir le support financier nécessaire à la mise en œuvre de ce document. Ils ont aussi exprimé leur reconnaissance à la médiation internationale conduite par la République algérienne pour son accompagnement constant du processus de paix au Mali.

Nécessaire coopération des pays du Sahel
La réunion ministérielle a par ailleurs estimé que la Conférence d’entente nationale annoncée par le Président IBK sera une opportunité pour renforcer l’appropriation du processus de paix par l’ensemble des couches de la société malienne, mais surtout pour trouver une solution aux revendications de longue date exprimées par certaines communautés. Mieux, les participants ont noté que la stabilisation du Mali ne sera possible qu’avec l’engagement fort et efficace des pays de la région.

Partant, ils ont salué l’engagement pris par les dirigeants régionaux de collaborer étroitement, y compris via le Groupe des Cinq (G5) pour le Sahel et le Processus de Nouakchott sur le renforcement de la coopération en matière de sécurité. Ils n’ont pas manqué d’insister sur la nécessité de poursuivre la coopération afin de combattre les menaces récurrentes dans le Sahel, y compris le terrorisme, l’extrémisme violent, ainsi que la criminalité transnationale organisée, et de s’attaquer aux causes profondes de ces menaces à travers une amélioration de la sécurité, de la gouvernance et de la résilience. La réunion s’est enfin félicitée de la nomination du Haut représentant du Président du Mali pour le suivi de l’Accord, tout en réitérant le besoin de nommer un observateur indépendant, tel que prévu par l’Accord.

Il importe de rappeler qu’en plus de la délégation malienne et des membres du Conseil de sécurité de l’ONU, la réunion a enregistré la présence du ministre d’État algérien, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault, les membres de la médiation internationale (Algérie, Burkina Faso, Cedeao, Mauritanie, ONU, Niger, OCI, Tchad, Union africaine et Union européenne), ainsi que les pays contributeurs de contingents et d’effectifs de police à la Minusma.

Bakary SOGODOGO

aBamako

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