Point de mire Les riches, un produit d’exportation

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Si les méthodes des présidents Hollande et Sarkozy se ressemblent, les lignes de force de leurs politiques sont également très proches. La baisse du coût du travail, par exemple. L’un comme l’autre ont tenté de corriger la perte de compétitivité de l’appareil productif français, Sarkozy avec son projet tardif de TVA sociale-dévoilé le 29 janvier 2012, quelques semaines seulement avant la fin de du mandat, et Hollande avec le CICE et le Pacte de responsabilité.
Dans les deux cas, il s’agissait de réduire les charges sociales frappant les salaires. L’effet positif d’une telle mesure sur la création d’emplois est indiscutable. Le seul problème, lorsqu’elle est concentrée sur les faibles salaires comme le voulaient l’un et l’autre de nos deux présidents, c’est qu’elle constitue une sorte de trappe à emplois non qualifiés. Il devient plus intéressant de créer de tels emplois, qui n’ont généralement pas de perspective de progression dans l’échelle de salaires et de responsabilités, que de former ceux qui n’ont pas de qualification. Le risque est donc de bloquer ou de ralentir la montée en gamme de l’économie. Dans l’idéal, il aurait fallu simultanément baisser le coût du travail sur tous les salaires et les salaires et faire monter en gamme les salariés.
Durant les deux mandats, cette subvention aux emplois non qualifiés s’est doublée d’une taxation accrue des revenus du capital, voire du capital lui-même sous le quinquennat Hollande. Les deux présidents ont, successivement, fait converger les impôts sur les revenus de l’épargne et ceux qui frappent le travail, en faisant grimper les premiers pour qu’ils atteignent le niveau-élevé-des seconds.
Ce continuum entre les deux mandats, ou droite et gauche se sont acharnées au nom d’un argument commun de justice sociale, est à l’évidence une cause importante de l’exil des plus fortunés, en particulier des entrepreneurs ou des cadres de haut niveau dont le pays a besoin. Et probablement l’une des raisons de la chute problématique de l’investissement.
Au total, on ne peut pas dénier à Hollande et Sarkozy une certaine cohérence, fût-elle désastreuse pour l’avenir du pays : ils ont subventionné le travail peu qualifié et surtaxé les revenus du travail surqualifié. En conséquence, la France exporte désormais ses talents et ses riches, pas forcément une bonne affaire pour nous.

Source : Le Point

aBamako

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