Baromètre des médias africains : Un léger mieux pour la presse malienne

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Elle a obtenu une moyenne de 3,025 sur 5 en 2016 contre 2,9 en 2012

Tous les trois à quatre ans, une commission de 10 à 12 experts se réunit pour évaluer la situation des médias dans leurs pays respectifs. Le panel est composé à part égale des représentants des médias et de la société civile au sens large. Les travaux débouchent sur la publication d’un rapport sur le Baromètre des médias (BMA).
Le BMA est une description en profondeur et une évaluation compréhensive de l’environnement médiatique sur le continent africain. Il est aussi une analyse qui permet d’évaluer l’environnement médiatique d’un pays, tout en servant d’instrument de lobbying pour les réformes dans le secteur des médias.
Le rapport sur le Baromètre des médias africains 2016 a été présenté jeudi à la Maison de la presse aux journalistes.
Mme Ramata Diaouré, journaliste et Mme Mariam L. Coulibaly, magistrat syndicaliste ont exposé brièvement les points clés du rapport sur le BMA/Mali 2016. Elles ont relevé d’abord des difficultés d’accès des médias à l’information par rapport aux médias internationaux, l’hostilité de l’environnement , la gestation de l’école du journalisme, la multiplication des organes de presse, la précarité du métier et la formation. Le rôle de la Haute autorité de la communication (HAC), les réformes de l’ORTM en cours, la redynamisation de la Maison de la presse, l’émergence de nouveaux diffuseurs médiatiques (audiovisuel, presse en ligne d’intérêt sous-régional) ont été évoqués également.
Selon les indicateurs généraux, la note de 2016 pour notre pays en liberté d’expression et de la presse est de 3,9 contre 3,5 en 2012. S’agissant de la diversité, l’indépendance et la durabilité du paysage médiatique, la note est de 3,3 en 2016 contre 3,1 en 2012. L’indépendance et la transparence de la régulation de la radiodiffusion et télévision ont reçu une note de 2,5 cette année contre 2,6 en 2012. La pratique par les médias d’un niveau élevé des normes professionnelles a eu 2,4 contre 2,3 en 2012. Ainsi la moyenne pour les 4 secteurs cités ci-dessus est de 3,025 en 2016 contre 2,9 en 2012. La notation est de 1 à 5.
Malgré l’effectivité notée dans l’exercice de la liberté d’expression des citoyens, des problèmes persistent dans notre pays. Depuis le vote de la loi de juillet 2000, les délits de presse restent toujours pénalisés. Ce qui constitue un frein à l’exercice libre du métier de journaliste. Pourtant notre pays a ratifié tous les textes internationaux dans le domaine des médias. Mais leur application pose toujours problème, a souligné Mme Ramata Diaouré.

375 radios émettent régulièrement. Sur plus de 500 radios de fréquence modulaire (FM) qui ont obtenu une autorisation, seulement 375 émettent régulièrement avec de faibles rayons de couverture ne dépassant pas 50 kilomètres. Toutefois, l’ORTM dispose d’une chaîne nationale de télévision et de huit chaînes régionales, ce qui rend davantage disponible l’offre de sources d’information, a t-elle expliqué.
Avec près de 120 journaux, dont seulement une trentaine de parutions régulières à Bamako, la presse écrite en langue française continue de faire face à l’absence d’une messagerie. Ce qui limite sa couverture géographique. Le manque d’imprimeries modernes limite les tirages. Les tirages journaliers varient entre 1000 et 5000 exemplaires, avec un taux de 25% d’invendus, à cause du prix très élevé des journaux pour la bourse du Malien moyen. A cela s’ajoute la faiblesse du marché publicitaire. Quant aux portails d’information, ils ne font que reprendre des articles déjà publiés. De rares journaux en ligne ont une rédaction et publient leurs propres articles.
Une aide directe d’environ 200 millions de Fcfa est accordée aux organes de presse par le chef de l’Etat sur les fonds propres de la Présidence. Mais, au même moment, l’Etat accorde la priorité aux médias étrangers en matière de publicité. Il est d’ailleurs arrivé qu’une manne financière d’environ 40 millions de Fcfa soit accordée à des médias étrangers pour la publicité alors que les nationaux bénéficiaient de 100 000 Fcfa. Aussi, le constat est que tous les journaux n’ont pas accès à la publicité du gouvernement. D’ailleurs, le marché publicitaire n’est pas assez grand dans notre pays pour permettre à tous les organes de presse d’obtenir une partie qui assurerait leur viabilité. Un chiffre d’affaires annuel de 4 milliards de Fcfa a été avancé en 2016 pour toutes les agences publicitaires du pays par le président du Groupement professionnel des agences de communication (GPAC).
Le secrétaire général du ministère de l’Economie numérique et de la communication, le Dr Cheick Oumar Maïga, a précisé que le département de l’Enseignement supérieur assure que l’école du journalisme va bientôt démarrer. Pour l’aide à la presse, il a demandé aux médias de faire des propositions pertinentes. Le représentant de la HAC, Gaoussou Drabo a apprécié le Baromètre des médias africains qui fait l’état des lieux des médias. Selon lui ceux-ci sont en constante évolution d’un pays africain à un autre, mais également à l’intérieur des pays africains. « Nous sommes habilités à admettre cette vérité parce que notre propre paysage médiatique a subi des modifications importantes depuis près qu’un quart de siècle », a t-il indiqué.
Le BMA juxtapose les appréciations des professionnels de la communication et de la presse avec des jugements apportés par des notateurs extérieurs (la société civile, les professionnels de la communication).

A .TOURE

aBamako

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