Face aux attaques terroristes dans le nord du Mali: Ban Ki-Moon préconise une réponse unifiée de la communauté internationale

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Dans son rapport trimestriel sur la situation de notre pays, le Secrétaire général des Nations Unies salue les avancées sur le plan politique et institutionnel, notamment les préparatifs des prochaines élections. Ban Ki-Moon a par ailleurs attiré l’attention des acteurs du processus de paix sur l’ampleur des attaques terroristes dans le Nord du pays, avant d’appeler la communauté internationale, notamment les pays du Sahel, à agir de façon concertée.

Le 29 septembre 2016, le Secrétaire général des Nations Unies a publié son traditionnel rapport trimestriel sur la situation de notre pays. Dans ce document de 24 pages, le patron de l’ONU a souligné le fait que sur la période couverte par ledit rapport, le nombre des attaques perpétrées contre les forces de défense et de sécurité maliennes et la Minusma a sensiblement augmenté. En effet, si l’on en croit le rapport, les forces armées de défense et de sécurité maliennes ont été attaquées 39 fois, la Minusma 27 fois et une entreprise qui travaille pour la Minusma une fois. Lors de ces différentes attaques, au total 13 casques bleus et 5 membres de l’entreprise en question ont péri et 32 soldats de la paix et 5 membres de l’entreprise ont été blessés.

Sur la même période, 52 soldats des forces armées maliennes ont perdu la vie et 72 autres ont été blessés. Or, au cours de la période précédente, il n’y avait eu que 9 attaques contre les forces de défense et de sécurité maliennes et 15 contre la mission onusienne. Ces attaques, précise le rapport, avait fait 6 morts (5 casques bleus et 1 prestataire extérieur) et 11 blessés. Mais ce qui semble inquiéter beaucoup plus le Secrétaire général des Nations Unies, c’est que les attaques sont, dit-il, de plus en plus fréquentes et audacieuses et de mieux en mieux coordonnées. «Les attaques contre les forces françaises et maliennes et la Minusma ont augmenté, et deviennent de plus en plus sophistiquées et complexes. Ces attaques sont absolument inadmissibles et constituent de graves violations du droit international», s’est-il indigné.

De l’avis du Secrétaire général de l’ONU, l’ampleur des attaques terroristes et extrémistes violentes commises au Mali exige une réponse unifiée de la part de la communauté internationale. A défaut, la situation pourrait bien se dégrader et la violence pourrait se propager. Partant, il a exhorté les Etats membres à renforcer la coopération internationale, en particulier celle entre les pays de la région. «J’appuie pleinement l’action menée par la Minusma pour mobiliser les autres pays du G-5 Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie et le Niger, et d’autres pays voisins et déployer les officiers de liaison demandés par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2295 (2016)», a insisté Ban Ki-Moon.

Retour de l’Etat sur l’ensemble du territoire: une situation problématique
Sur le plan politique et institutionnel, le patron des Nations Unies a salué les avancées enregistrées dans le processus de paix, notamment les préparatifs des prochaines élections.
«Le 28 juin, le Gouvernement a annoncé que les élections locales et régionales se dérouleraient au premier trimestre 2017, l’élection présidentielle en juillet 2018 et les élections législatives en novembre 2018. Le 4 juillet, le Gouvernement a entamé la révision de la Constitution de 1992, avec l’assistance technique de la Minusma», rappelle le rapport.

Le document ne manque pas cependant de souligner les réserves émises par les partis de l’opposition et un certain nombre d’organisations de la société civile qui redoutent des problèmes que soulèveraient des élections dans le Nord du pays, étant donné l’absence d’autorités intérimaires, l’effacement de l’Etat, la persistance de l’insécurité et la difficulté à faire participer les réfugiés et les déplacés. Selon Ban Ki-Moon, le rétablissement de l’autorité de l’État dans le nord du Mali demeure problématique. Car, depuis son dernier rapport en date, le nombre d’agents de l’Etat déployés dans les régions du Nord a diminué de 2%, passant de 35 à 33 %.

«Au cours de la période considérée, les Gouverneurs de Ménaka et de Taoudéni ont pris fonctions et, à la date du 20 septembre, les Gouverneurs de Gao, Ménaka, Mopti et Tombouctou exerçaient leurs fonctions dans leurs régions respectives; le Gouverneur de Taoudéni était quant à lui basé à Tombouctou, et le Gouverneur de Kidal n’a pas encore été déployé en raison de problèmes de sécurité», décrit le rapport.

Aller rapidement à la Conférence d’entente
S’il s’est félicité de l’annonce d’élections prochaines, lesquelles permettront de faciliter le redéploiement de l’Administration dans le Nord du pays, le Secrétaire général de l’ONU a aussi engagé le Gouvernement malien à parvenir à un consensus sur la tenue desdites élections et à faire en sorte que tous puissent y participer, dans la transparence. Mieux, il a lancé un appel aux autorités maliennes afin qu’elles accélèrent la préparation de la Conférence d’entente nationale. Laquelle conférence devrait ‘’faciliter la réconciliation nationale, contribuer à remédier aux causes profondes du conflit et générer un consensus sur la voie à suivre’’. «J’invite le Gouvernement à garantir la tenue d’un large processus de consultation pour la Conférence, avec la participation de toutes les parties prenantes concernées, y compris la société civile, les femmes et les jeunes», a-t-il insisté.

Une situation humanitaire instable
Il ressort de ce rapport que, par rapport à la période précédente, la distribution de l’aide humanitaire a été entravée dans le Nord et le Centre de notre pays en raison des effets de la saison des pluies sur l’état des routes, de l’augmentation du nombre d’agressions contre des agents humanitaires et de la détérioration des conditions de sécurité dans la région de Kidal.
En effet, pendant la période de soudure (juin à septembre), plus de trois millions de personnes, soit 16% de la population malienne, souffraient d’insécurité alimentaire, parmi lesquelles environ 420 000 avaient besoin d’une aide alimentaire immédiate, indique le document.

S’appuyant sur des sources gouvernementales, le rapport révèle que les inondations saisonnières de juillet ont fait 13 morts, entraîné la destruction de 1 500 maisons et concerné plus de 10 000 personnes dans les régions de Gao, Kidal, Koulikoro, Ménaka, Mopti, Ségou, Sikasso et Tombouctou. Or, au 20 septembre, le Plan d’action humanitaire pour 2016, d’un montant de 354 millions de dollars, n’était financé qu’à hauteur de 101 millions de dollars.

Bakary SOGODOGO


Africatime

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