Affaire Amadou Haya Sanogo : La libération de l’ex-chef de la junte n’est pas à l’ordre du jour

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La libération avant jugement de l’ex-président du CNRDRE, le général Amadou Haya Sanogo n’est pas d’actualité. C’est du moins ce que dit le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III, Alou Nampé en charge du Pôle économique et financier, cette juridiction qui a instruit le dossier avant de le transmettre à la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako. Le procureur Nampé que nous avons rencontré donne des éclaircissements.

 Il est régulièrement fait cas d’une possible libération de l’ex-président du Comité national de redressement de la démocratie et de restauration de l’Etat (CNRDRE), général Amadou Haya Sanogo en novembre prochain pour avoir passé 3 ans en détention sans être jugé dans le délai légal. Des informations ces derniers temps font aussi état de sa présence à Bamako. Selon le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III, Alou Nampé, il n’en est rien. Le chef des putschistes de mars 2012 va bien rester en prison en attendant son jugement.

Le procureur de la République près le  tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako ou juge anti-corruption, dont la juridiction a instruit l’affaire dite des bérets rouges impliquant le général Amadou Haya Sanogo et compagnons, se montre ferme et rassurant quant à l’évolution de cette affaire. Pourtant les avocats de l’inculpé et co-accusés donnent de plus en plus de la voix invoquant la libération en novembre prochain de leur principal client qui aurait dépassé le délai de prescription légale de 3 ans sans être jugé. En suivant le point de vue des conseils de l’ex-chef de la junte militaire de Kati, celui-ci en détention depuis novembre 2013, doit être jugé avant le mois de novembre 2016 ou purement et simplement relaxé.

Alou Nampé n’entend pas les choses de cette façon et reste surpris devant de tels propos. « Les gens font des amalgames. Ce délai de prescription ne s’applique pas au cas Sanogo dont l’instruction est bouclée et a fait l’objet d’inculpation. Il n’attend que d’être jugé », a-t-il dit. A ses dires, on peut parler de prescription juste dans la phase d’instruction dans une affaire criminelle comme celle-ci, qui ne doit pas dépasser 3 ans en raison d’un an reconductible 3 fois.

L’affaire Amadou H. Sanogo et autres a été  déclenchée à la suite de morts et disparitions constatées dans le cadre du contre coup d’Etat des bérets rouges, le 30 avril 2012, en réaction au coup d’Etat perpétré contre ATT en mars 2012. L’opération s’est soldée par la répression des bérets rouges par les bérets verts (le camp Sanogo). Des enquêtes menées dans cette affaire criminelle instruite par le juge d’instruction Yaya Karembé du 2ecabinet du Pôle économique rattaché au tribunal de la Commune III, ont abouti à la découverte de charniers à Diago, à quelques kilomètres de Kati. Des soupçons ont été portés sur Sanogo et autres, écroués pour les besoins de l’enquête en 2013.

Le juge d’instruction Yaya Karembé a alors pris en avril 2015, une ordonnance de requalification des faits transmise au parquet et notifiée aux accusés et à leurs avocats, poursuivis pour : « assassinat, complicité d’assassinat, enlèvements de personnes et séquestration ». Leur sort est désormais entre les mains de la chambre d’accusation de la Cour d’appel et ils attendent leur jugement. A en croire le procureur Alou Nampé, aucune autre disposition légale n’est prévue dans la loi malienne pour une quelconque libération avant  le fameux jugement.

Par ailleurs, s’agissant de la présence à Bamako du même Sanogo sur laquelle un confrère s’était interrogé la semaine dernière, le procureur Alou Nampé dit l’avoir appris au même titre que tout le monde. Même s’il ne dit pas exactement où se trouve  l’ex-chef de la junte, il s’inscrit en faux contre de telles allégations. Où est-ce qu’il se trouve alors ? « En tout cas, il est en détention », répond le procureur.

A Dicko


Maliweb

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