Projet de budget 2017 : Quatre gros postes de dépenses

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Défense et sécurité, secteurs sociaux, Etat de droit, agriculture, se tailleront la part du lion dans les efforts financiers de l’état. Pour la première fois, les recettes dépasseront la barre de 2000 milliards de Fcfa

Les prévisions de recettes budgétaires pour l’année fiscale 2017 sont estimées à 2013 milliards de Fcfa. Elles sont en progression de 211 milliards par rapport à 2016. Et dépassent, pour la première fois de l’histoire de notre pays, la barre des 2 000 milliards de Fcfa. Les dépenses prévisionnelles, elles, sont évaluées à 2270 milliards de Fcfa, contre 2058 milliards de Fcfa cette année.

Ces précisions ont été données, mardi à son département, par le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé. C’était lors d’une conférence de presse sur le projet de budget 2017. Cette hausse des recettes et des dépenses budgétaires, s’est réjoui le patron de l’hôtel des finances, a été possible grâce une croissance de 126 milliards de Fcfa des recettes fiscales. La hausse des recettes fiscales est le résultat des innovations apportées par le département des finances. A ce titre, il a été, par exemple, restauré le droit de timbre, exigé par le Code des impôts, mais qui n’était plus appliqué. Son application correcte permettra la collecte de plusieurs centaines de millions de Fcfa. Grâce aussi à un recensement exhaustif des biens immobiliers, l’Etat tirera davantage de revenus de l’impôt perçu sur le patrimoine foncier.

Un autre facteur de la hausse des recettes, a-t-il précisé, c’est l’augmentation de 23 milliards de l’appui budgétaire que les Partenaires techniques et financiers accordent à notre pays. S’y ajoute l’augmentation de l’équivalent de 11 milliards de Fcfa des ressources extérieures pour le financement des projets et programmes.
Malgré les efforts déployés par les services de l’assiette, les recettes fiscales ne suffisent pas pour faire face aux besoins prioritaires de notre pays. Le Mali, sur les prévisions de 2013 milliards de Fcfa de recettes, lèvera alors 460 milliards de Fcfa sur le marché financier à travers les émissions de bons de trésor et les emprunts obligataires. A ce sujet, le ministre Cissé rassure : « La signature de notre pays est crédible. Les prévisions de croissance tablent sur le maintien du taux de 5,4% ».
L’ensemble de ces recettes mobilisées servira au financement des prévisions de 2270 milliards de dépenses budgétaires. Ces dernières seront, à compter du 1er janvier (le vote du budget par les députés survient au plus tard le 31 décembre), dans quatre domaines prioritaires. Et qui sont indiqués dans la Déclaration de politique générale du Premier ministre, inspirée du programme présidentiel et d’action gouvernementale.
Conformément à ces visions, le secteur de la défense et de la sécurité constitue le premier domaine prioritaire. Pour le seul secteur de la défense, l’Etat mobilisera 265 milliards de Fcfa dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM). 51 milliards de Fcfa sont prévus pour le secteur de la sécurité. Ces deux secteurs réunis occupent 15% du projet de budget 2017, avec un montant total de 316 milliards de Fcfa. « Jusqu’en fin 2013, le budget moyen de l’armée sur les 10 dernières années oscillait entre 35 et 50 milliards de Fcfa », a révélé le ministre Cissé, pour souligner les efforts en cours afin de remettre notre Armée en ordre de bataille.
Autres domaines prioritaires de dépenses : les secteurs sociaux (l’éducation, la santé, la protection sociale, l’amélioration des conditions de vie…) Avec 25% du budget, ces secteurs constituent le premier poste budgétaire. Le troisième domaine prioritaire est le renforcement et la promotion de l’Etat de droit, de la justice, de l’équité, bref de la construction d’un Etat fort. Il est prévu, pour atteindre ces objectifs, une enveloppe de 13%.
Le 4è domaine prioritaire est le secteur du développement rural. A l’agriculture et les secteurs connexes, il sera alloué une enveloppe financière de 15,1% du budget. Le but est de continuer sur cette lancée de modernisation de notre agriculture en vue d’accroitre la production et la productivité agricole. De la mobilisation des recettes suffisantes dépend la réalisation de ces objectifs. Entre les recettes estimées à 2013 milliards de Fcfa et les dépenses à 2270 milliards de Fcfa, il y a un gap de 255 milliards de Fcfa qui constitue le déficit budgétaire. Ce déficit correspond à 4% du Produit intérieur brut (PIB). Validé par l’ensemble des partenaires, ce déficit est soutenable. Car, il est en deçà des 5% du PIB fixés comme norme communautaire.
C. M. TRAORE

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14 PROJETS PRIORITAIRES

En présentant, hier, le projet de budget 2017, le ministre de l’Economie et des Finances a dévoilé les grandes lignes des 14 projets d’infrastructures routières dont la réalisation est très chère au président de la République. Il est, selon lui, prévu la réalisation, dans les deux ans à venir, de 14 projets prioritaires dans toutes les régions du pays et du district de Bamako. Ces projets sont tous inscrits dans le budget 2017. Ils seront pour certains, selon lui, reconduits dans celui de 2018.
A Bamako, il sera, à titre d’exemple, construit la route du 3è pont en 2×2 voies. La route Kouloubléni-Bankoni sera réalisée. Une partie du financement pour la réalisation du 4è pont est inscrit dans le budget. Des discussions seront menées avec la partie chinoise pour savoir les possibilités de financer l’autre partie.
A Kayes, il s’agira de la réalisation du deuxième pont, des routes Kayes-Kéniéba, Kayes-Sadila (2017), Kita-Bafoulabé avec un pont sur le fleuve (les études sont inscrites dans le budget de 2017 et la réalisation commencera en 2018). Les travaux de la route Zantiébougou-frontière ivoirienne démarreront dès début 2017. La réalisation de cette voix est inscrite dans le budget de 2017. La BAD s’est engagée à financer une partie. La route qui traverse Sikasso sera aussi complètement refaite. Il est aussi prévu des travaux de voirie.  Selon le ministre Cissé, des projets de réalisation de centrales solaires ou photovoltaïques d’une capacité totale de 220 MW seront concrétisés à Ségou, Kayes, Bamako… Aussi, les superficies irriguées seront augmentées afin d’accroitre la production et la productivité agricole et permettre au maximum de malien d’avoir accès à la terre agricole.   Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le président de la République s’est engagé à transférer une partie des recettes budgétaires aux collectivités territoriales. Le but est l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens vivant dans les régions où la pauvreté est la plus accentuée. L’objectif pour 2017 est le transfert de 24% des recettes budgétaires et 30% à l’horizon 2018. Cette année, plus de 16% ont été transférées.
C. M. T.


Maliweb

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