Les personnalistes des plus grandes puissances mondiales défilent à Bamako : La diplomatie malienne mise sur orbite

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Depuis le début de l’année, notamment dans la deuxième moitié de 2016, la diplomatie malienne est dans les nuages. En effet, le secteur connait un regain de vitalité quasiment sans précédent. Particulièrement, les trois dernières semaines auront été très denses avec un ballet diplomatique qui a vu défiler à Bamako d’éminentes personnalités des plus grandes puissances mondiales. Du vice-président d’Inde au vice-ministre des Affaires étrangères et représentant spécial du Président russe, en passant par la Chancelière allemande, toutes ces éminences grises sont venues apporter au Mali leur soutien dans la résolution de la grave crise qui frappe son peuple depuis mars 2012 et/ou pour nouer des accords de coopération économique. Cette cour assidue au Mali avait été précédée d’un plaidoyer éclatant du Premier ministre Modibo Kéïta à la tribune des Nations unies pour le renouvellement du mandat de la Minusma et surtout conférer un caractère robuste à ce mandat.

Entre le 29 septembre et le 12 octobre derniers, soit en deux semaines, des puissances mondiales ont courtisé le Mali à travers des figures emblématiques qui ont séjourné dans la capitale malienne. Cet élan de dynamisme dans la diplomatie malienne est d’autant plus salutaire que les visiteurs ont apporté dans leurs valises des paquets de recettes dans la résolution de la crise que le pays vit actuellement au double plan sécuritaire et économique.

Tout a commencé le 29 septembre avec la visite du vice-président de l’Inde, Shri Mohammad Hamid Ansari. A la tête d’une imposante délégation d’environ 120 personnes, il a effectué une visite de deux jours au cours de laquelle plusieurs secteurs dans lesquels l’Inde et le Mali peuvent booster leur coopération ont été identifiés.

Signature d’accords bilatéraux de coopération

Le vice-président de l’Inde a eu un entretien avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier ministre, Modibo Kéïta. Il a effectué une visite au Musée national, adressé une allocution à l’Assemblée nationale et a rencontré le contingent indien de la Minusma et la communauté indienne résidant au Mali. Mais, le plat de résistance de ce séjour fut sans doute la signature d’accords bilatéraux de coopération.

Le premier accord de coopération porte sur un mémorandum sur la normalisation et l’évaluation de la conformité. Il a été signé par le ministre du Développement industriel, Mohamed Ag Ibrahim et le ministre d’Etat, ministre des Finances et des Sociétés de l’Inde, Arjun Ram Meghwad.

La deuxième Convention a trait au Programme d’échanges culturels entre le Mali et l’Inde. Le document a été signé par l’ambassadeur du Mali à New Delhi, Niankoro Yeah Samaké et l’ambassadeur de l’Inde au Mali, Ajay Kumar Sharma. S’exprimant devant la presse à l’issue de cette cérémonie, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a dévoilé que la rencontre a été très utile et productive.

Bénéficier de l’expérience indienne

Monsieur Shri Mohamed Hamld Ansart, vice-président de la République de l'Inde a effectué une visite officielle au Mali
Monsieur Shri Mohamed Hamld Ansart, vice-président de la République de l’Inde a effectué une visite officielle au Mali
Le secteur des mines a été identifié comme un secteur potentiel de coopération. De même que le secteur des productions animales avec la possibilité pour le Mali de bénéficier de l’expérience indienne pour la transformation des produits de l’élevage et de l’agriculture. Par ailleurs, l’Inde dispose d’une expertise certaine dans le domaine de l’énergie solaire.

Au-delà de ces trois secteurs de concertation, d’autres secteurs ont été identifiés comme le domaine de la sécurité. L’on sait que le Mali et l’Inde font face au terrorisme. Il a donc été jugé nécessaire que les experts dans ce domaine puissent se rencontrer et identifier les meilleures façons de travailler ensemble.

Dix jours plus tard, c’est la Chancelière allemande, Mme Angela Merkel, qui effectua (les 9 et 10 octobre) une visite officielle de deux jours au Mali. L’illustre hôte a eu un agenda riche et varié, mais surtout fructueux.

Dès son arrivée, la Chancelière Merkel a eu un entretien avec le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita dans le salon d’honneur de l’aéroport où ils ont échangé pendant une demi-heure.

L’Allemagne, un partenaire historique du Mali

Lors du point de presse tenu sur place, le Président IBK a apprécié l’initiative et le courage de la dame de fer : “Venir au Mali par les temps qui courent est un acte de foi, mais cela ne saurait surprendre pour qui connaît la femme de cœur que vous êtes, celle qui a souci de l’autre, de l’humain. Vous l’avez démontré pratiquement dans des enjeux importants au plan mondial. Vous n’avez pas eu le souci des conséquences de telle ou telle décision dès lors que l’humanité est interpellée. C’est cette grande dame que le Mali accueille aujourd’hui. Madame, nous avons le plaisir de vous accueillir au Mali et vous êtes la très bienvenue”.

Par ailleurs, le chef de l’Etat a rappelé que l’Allemagne est un partenaire historique du Mali, historique en ce sens qu’elle a été le premier pays à reconnaitre la jeune République du Mali. Le Président Kéita a rappelé aussi le soutien apporté par l’Allemagne lors de la libération du nord du pays en janvier 2013. En effet, l’Allemagne fait partie des pays qui ont fourni des moyens logistiques aux troupes françaises pour stopper les terroristes dans leur progression vers le sud du Mali.

Le chef de l’Etat n’a pas non plus manqué de louer la décision prise par l’Allemagne d’envoyer 650 militaires dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Sans oublier que le Mali a aussi bénéficié de l’accompagnement de l’Allemagne dans le cadre de l’Eutm et de l’Eucap Sahel, des programmes de formation des forces armées et de sécurité.

IBK a salué le soutien de l’Allemagne au Mali sur le plan international

Le président de la République a évoqué également les domaines de coopération entre les deux pays et qui touchent en priorité la gouvernance démocratique, la décentralisation, la promotion de l’agriculture, l’eau et l’assainissement. En outre, IBK a salué le soutien de l’Allemagne au Mali sur le plan international.

Quant à la chancelière allemande, elle a renouvelé l’engagement de son pays dans la stabilisation du Mali. Cela se traduit par la présence déjà de 650 militaires allemands au sein de la Minusma dont le mandat vient d’être renforcé par le Conseil de sécurité des Nations unies dans le but d’éradiquer le terrorisme. Angela Merkel a aussi souhaité le renforcement de la coopération bilatérale avec le Mali, avec un accent particulier sur la formation en matière de sécurité. Sur la question de l’émigration, Mme Merkel pense que ce problème peut être maîtrisé lorsque les pays décident de coopérer pleinement.

Après ce point de presse, Angela Merkel a rendu visite aux soldats allemands déployés au Mali dans le cadre de la Minusma. Dans la soirée, elle était l’invitée du président de la République à un banquet organisé au Palais de Koulouba.

La dirigeante allemande a visité également des infrastructures réalisées au Mali grâce à la coopération allemande et a eu des échanges avec des représentants de la coopération allemande en matière de stabilisation et de développement.

Rappelons que la visite de la Chancelière Merkel intervient après celle effectuée par le président Ibrahim Boubacar Kéita en Allemagne, à Berlin, trois mois après sa prise de fonction en 2013. C’était le 11 décembre.

“La Russie est disposée à livrer des armes au Mali… ”

Les personnalistes des plus grandes puissances mondiales défilent à Bamako
Michall Badganov, vice- ministre des affaires étrangères de la Russie, le 12 octobre dernier, à Koulouba
Dès le lendemain du départ de la Chancelière allemande, donc le 12 octobre, c’est le vice-ministre des Affaires étrangères et représentant spécial du Président russe Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique, Mikhaïl Bogdanov, qui arrive en visite de travail au Mali. La visite de l’hôte de marque russe a été fondamentalement dominée par une séance de travail avec le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, et au cours de laquelle la lutte contre le terrorisme a dominé les débats. L’envoyé spécial du président Vladimir Poutine a notamment annoncé que “la Russie est disposée à livrer des armes au Mali pour lutter contre le terrorisme et à assurer son développement économique”. Mikhaïl Bogdanov a aussi mentionné le renforcement de la coopération militaire par la formation des militaires maliens. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que les deux pays ont fêté, l’année dernière, les 55 ans de leur coopération basée sur le respect mutuel et la non-ingérence. Mikhaïl Bogdanov a souligné que les présidents Ibrahim Boubacar Kéita et Vladimir Poutine ont aujourd’hui une réelle volonté de donner un nouvel élan à cette coopération historique.

La Russie a toujours voté les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu sur le Mali

Par ailleurs, le Ministre russe a réaffirmé l’attachement de son pays à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali. “La Russie suit de très près tous les événements qui se passent au Mali et autour du Mali. En tant que membre du Conseil de sécurité de l’Onu, la Russie pense que les problèmes africains doivent être résolus par les Africains”, a-t-il dit.

De son côté, le Ministre Abdoulaye Diop s’est félicité de la visite de la délégation russe, une visite qui intervient au moment où le Mali a besoin de la solidarité internationale pour faire face au terrorisme et à d’autres problèmes sécuritaires. “Nous saluons le Président russe et son gouvernement pour leur soutien constant au Mali. La Russie a toujours voté les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu sur le Mali. Ce n’est pas une surprise pour qui connaît l’histoire des relations des deux pays. La Russie reste un partenaire stratégique pour le Mali pour la défense de sa souveraineté”, confesse le Ministre Diop.

Naturellement, avant de quitter le Mali, le vice-ministre des Affaires étrangères et représentant spécial du président russe Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique a été reçu en audience par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta.

Un des plus grands coups de la diplomatie malienne

En remontant un peu plus loin, on retrouve l’un des plus grands coups de la diplomatie malienne en cette année 2016. C’était le 20 juin, quand devant le Conseil de sécurité, le Premier ministre Modibo Kéïta demande à l’Onu d’appuyer le Mali en renouvelant le mandat de la Minusma pour plus d’efficacité. La force des arguments avancés par le chef du gouvernement avait abouti à l’adoption à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, le 29 juin, de la résolution 2295.

Cette résolution prolonge pour un an le mandat de la Minusma. Dans le même temps, elle augmente le plafond des effectifs de cette dernière pour le porter à 13.289 Casques bleus (au lieu de 11.240) et à 1.920 policiers (contre 1.440).

Ces 2.529 personnels supplémentaires permettront d’armer une force de réaction rapide de 650 soldats, une unité d’hélicoptères (85 hommes) et de déployer des forces spéciales à Kidal et à Tombouctou. Cette résolution a fixé à la Minusma une nouvelle priorité stratégique: “appuyer la mise en œuvre par le gouvernement, les groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination, ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali”. En clair, il s’agit d’œuvrer en faveur de l’application de l’accord de paix trouvé à Alger entre Bamako et les mouvements indépendantistes touareg du Nord du Mali.

Une nouvelle démarche pour la Minusma

Pour cela, le Conseil de sécurité demande à la Minusma ” d’adopter une démarche plus proactive et robuste afin de mener à bien son mandat “ et l’autorise en conséquence à “utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement.”

Une autre priorité donnée à la Minusma est la protection des civils. Il lui est donc demandé “d’anticiper et écarter les menaces” des groupes armés et, le cas échéant, de “les contrer”.

Pour cela, les Casques bleus auront à patrouiller dans les zones où les civils sont en danger et à empêcher “le retour d’éléments armés dans ces zones, en ne menant d’opérations directes qu’en cas de menaces graves et crédibles”.

Réalisé par la Rédaction

aBamako

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