Chronique d’un Mali qui dérive : le sursaut, sinon le chaos !

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L’optimiste le plus béat sait aujourd’hui que le Mali va très mal. Certes, des décennies de corruption et d’impunité ont laissé des traces, mais la gestion actuelle du pouvoir atteint le tréfonds de l’indécence.

Trois événements à première vue qui n’ont rien en commun, mais qui, objectivement, suivent les mêmes desseins ont marqué notre attention. Un écrivain français a un jour écrit : «Le bon sens consiste à distinguer les nuances des choses». Le bon sens, et contrairement à une idée préconçue, n’est pas inné chez chaque homme.

Dans l’indifférence quasi-générale, des enfants d’un ex-rebelle avaient été enlevés, et puis libérés contre rançon en plein Bamako. Dans l’indifférence quasi-générale, des bandits de grand chemin tirent à bout portant devant une banque pour des sous. Les rpmistes viennent de se réunir, Bocari Tréta, docteur moscovite, dirige désormais les tisserands.

En vérité, qu’est-ce qui peut lier ces différents événements ? Rien ne devrait les lier. Mais, seulement voilà, au Mali désormais, c’est la recherche frénétique et indigne à l’argent qui conditionne tout. Celles et ceux qui ont enlevé les enfants, tout comme celles ou ceux qui ont tiré sur des clients devant une banque, tout comme ceux qui ont monnayé leur adhésion au parti du prince du jour, veulent une seule et unique chose : l’argent. Le plus vite et le plus possible.

Comment comprendre qu’un Bakary Koniba Traoré dit Bakary pionnier, qui a une histoire et qui vient de quelque part, accepte de faire partie du même bureau politique qu’un Zoumana Mory Coulibaly ? Que cherche encore au crépuscule de sa vie, un Bakary pionnier à qui la vie a tout donné ? La petitesse est dans l’âme. Pitié, cher frère Bakary Koniba Traoré. Un bout de morceau ne serait jamais un caïman, cher pionner. Les masques tomberont toujours.

Que Zoumana Mory rejoigne le RPM, il n’y a rien d’infamant ou d’affligeant. IBK lui-même est incapable de déclarer publiquement ses biens. Mais, que Bakary Koniba Traoré accepte cette situation voilà tout le drame. Tréta, qui n’a pu avoir égard pour ses frères du Macina qui souffrent des méfaits d’un Amadou Kouffa, se fiche éperdument des autres Maliens.

Comment comprendre qu’un quasi-analphabète du genre Moussa Timbiné puisse dire que des députés lui ont été débauchés  à coup de 50 000 000 FCFA l’unité, alors que dans son parti le RPM, ils ont débauché bien avant des députés, pardon des dépités débités.

Il est temps pour les Maliens de combattre les criminels à col blanc.  Nous n’avons aucune sympathie envers les bandits de grand chemin. Que les choses soient claires ! Mais, nous disons simplement que ce sont les achats de postes politiques et administratifs qui sont à la base de la criminalité à grand chemin. Réussir, même au prix de l’obséquiosité ! Héla.

Boubacar SOW

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Maliweb

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