INPS : Le DG plus payé que le président de la République

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Une véritable menace pour la survie de l’Institut national de prévoyance sociale (Inps), susurre-t-on, dans les couloirs de la grosse machine à sous, qui se porterait mal en ce moment à cause de la gabegie financière de l’actuelle direction, incarnée par l’ancien contrôleur en chef de la Cellule anti-corruption d’Alpha Oumar Konaré, la CASCA : la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration, créée par l’ancien président de la République, dans le but d’assainir, du moins de débarrasser l’administration d’Etat des sangsues. L’homme a quitté la tête de la CASCA en 2007 pour remplacer l’ancien ministre de l’Economie et de finances, Lassine Boiré, lorsque celui-ci faisait valoir ses compétences au sein de l’équipe gouvernementale de Modibo Sidibé, d’abord en sa qualité de ministre délégué au Budget avant de retrouver la plénitude du fauteuil plus tard.

La nomination de ce contrôleur à la tête de l’INPS avait suscité inquiétude et crainte du fait des réputations liées à son ancien poste. Mais, très vite ils ont déchanté. Comme pour dire que la meilleure définition de l’homme, comme disent les philosophes, est situationnelle. Bref, il ne s’agit pas de disserter sur le passé de Bréhima Noumoussa Diallo, mais de son présent. Malgré le gros salaire brute de 18 millions de Fcfa qu’il se serait injustement attribué, avec probablement la complicité de son Conseil d’administration, incarné aujourd’hui par le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm), Yacouba Katilé, l’homme ne cesserait de multiplier de stratagèmes pour se faire encore plus de l’argent. Dans les couloirs de l’INPS même, certains employés qualifient, le salaire du directeur général, celui son adjoint et de son agent comptable, salaires de la honte. Le premier percevrait un salaire mensuel brut de dix huit millions de francs cfa (18.000 000fcfa), douze millions (12 000 000f cfa) pour le second et dix  millions (10 000 000 fcfa) pour l’Agent comptable. Avec un tel niveau de salaire, le DG de l’INPS serait le directeur le mieux payé des agents émargeant à la Fonction publique malienne. Chacun d’eux dépasserait de loin le président de la République et le Premier ministre, qui perçoivent chacun : moins de 5 millions de Fcfa par mois. Alors que le premier responsable d’un service doit avoir du souci pour son entreprise et tous les actes qu’il pose doivent s’inscrire dans cette logique.

Mais, en dépit de cette rémunération « indécente » l’on ne manque pas stratégie pour s’enrichir davantage.

Selon certaines indiscrétions, émanant de certaines banques de la place, la trésorerie de l’INPS semble être prise dans le tourbillon, rapportent nos sources. Un PDG d’une grande banque de la place aurait confiée à certains hauts responsables tombés en disgrâce, qu’il y a de telle gabegie à l’INPS, qu’ils craignent pour l’avenir de cette structure. Si rien n’est fait d’ici peu, selon nos sources, l’INPS risque de ne pas pouvoir assurer le paiement des pensions un jour. Et, nul n’ignore les conséquences de la faillite d’un système de protection sociale, particulièrement de retraite et pension. Car, comme toute autre structure financière, l’INPS ne peut résister au vol et à la gabegie.

A l’INPS, l’inquiétude se lit sur les visages des agents qui ont souci du devenir de l’entreprise, selon des informations qui nous ont été rapportées. Selon toujours nos sources, la gestion de Bréhima Noumoussa Diallo durant les sept dernières années serait émaillée de détournement en tous genres avec ou sans habillage de forme convenue. L’acceptation de prendre de l’argent régulièrement  avec  ses subordonnées, le portage par les enfants et les épouses de hautes personnalités de la République en poste ou non, érigée en mode de gestion a fait le lit de la corruption de la concussion et autres prévarications, soutiennent nos sources. Qui craignent non seulement des conséquences de cette perversion sur l’état des finances de l’INPS. Car, certains agents se seraient laissé entrainer par cette forme de raccourci pour se faire pleine les poches sur le dos des usagers. Qui ont même du mal souvent à se faire une carte d’affiliation. Certains usagers peuvent courir derrière le précieux sésame pendant des années sans jamais l’obtenir. Certains confrères de la place ont vécu l’amère expérience. Un confrère nous disait qu’au moment où il établissait sa carte, il rencontré des agents qui courraient derrière la petite carte de sécurité depuis 2011. Impossible de l’obtenir. Idem pour le paiement des allocations familiales ou même les pensions. Il est vrai que la petite corruption gangrène nos administrations, mais à l’INPS c’est plus stressant, même les anciens au crépuscule de leur vie ne sont pas épargnés. Pour établir leur dossier de retraite c’est la croix et la bannière, témoignent des nouveaux retraités rencontrés sous le grand hangar de l’Agence de la Commune III trois du District, visiblement très éprouvés. Des agents de certaines entreprises sont injustement privés d’allocations familiales de leur famille au motif que leur service employeur n’est pas à jour dans le paiement des cotisations. Quand bien même que l’INPS dispose d’une structure de recouvrement pour les mauvais payeurs. Que font les agents qui relèvent de cette structure de leur journée de travail payée ?

Mais, puisque les patrons prennent de l’argent avec leurs subordonnés, il est évident qu’à leur tour ceux-ci se servent des poches des usagers « généreux » pour rester en poste. Pendant ce temps, le maître des lieux raffine son ingéniosité pour dépouiller plus de frics à la boîte. Sortir le maximum d’argent est son leitmotiv, affirment nos sources. Sinon comment comprendre que l’INPS étant propriétaire de plusieurs immeubles (ex Somiex et ex Vezia) non encore occupés soit locataire de l’immeuble d’un particulier pour plus de huit cent millions par an sans compter les frais d’eau et d’électricité. N’est-ce pas qu’un bon gestionnaire aurait décidé autrement. Cet acte de Bréhima Noumoussa Diallo est impardonnable dans la mesure où il est ancien contrôleur des finances. A cela s’ajoute aussi la prolifération des cabinets d’étude, dont les factures se bousculent sur les tables des financiers. Si tous ces bureaux devraient payer des commissions et Dieu seul sait ce qui est donné en dessous de table, il y a donc lieu de s’interroger sur la moralité de toutes études. Surtout qu’il est connu des agences ou cellule de lutte contre le blanchiment des capitaux que les études, les marchés d’équipements et les constructions immobilières sont des lieux privilégiés d’enrichissement illicite et de recyclage de l’argent sale.

A suivre

M. A. Diakité

 

 


Source : Maliweb

Maliweb

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