Suite à l’échec des négociations à la FIFA : La confusion continue pour le football malien

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Le ministre des Sports, Housseïni Amion Guindo, le président de la Fédération malienne de football, Boubacar Baba Diarra et son secrétaire général, Yacouba Sidiki Traoré, ainsi que  l’émissaire du Collectif des ligues et clubs majoritaires, Yéli Sissoko, s’étaient rendus,  mardi 1er novembre dernier, au siège de la FIFA à Zurich (Suisse) pour discuter de la crise qui secoue le football malien depuis le 10 janvier 2015. De retour de la Suisse, les deux camps opposés, la Femafoot et le Collectif, ont fait chacun un compte rendu des pourparlers au siège de la FIFA. Après s’être longtemps emmuré derrière le silence, consécutivement au verdict du TAS, la Fédération a été pourtant la première à ouvrir le bal des conférences de presse. Son président, Boubacar Baba Diarra, et son secrétaire général, Yacouba Sidiki Traoré, étaient face aux medias, vendredi 4 novembre au siège de la Femafoot.

Les échanges ont porté sur l’exécution de la sentence du TAS à travers quelques points notamment la forclusion de la fédération dans la convocation de l’Assemblée générale. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a en effet ordonné «au comité exécutif de la fédération de convoquer une assemblée générale en respectant ses propres statuts et règlements. Cette Assemblée devra se tenir au plus tard le 30 novembre 2016», peut-on lire dans la sentence. Le TAS ne précise pas si c’est une assemblée générale ordinaire ou extraordinaire mais il cite deux articles : 32.2 et 31.2 qui entrent dans le cadre d’une Assemblée générale ordinaire. En clair, selon les textes de la fédération, une Assemblée générale ordinaire ne peut être organisée que 45 jours après sa convocation. Or, dans la situation actuelle, le délai de la convocation est dépassé. C’est du moins la préoccupation soulevée par le ministre des Sports ainsi que tant d’autres observateurs pour qui le principe des 45 jours ne peut plus être respecté par la fédération en tant qu’organe de convocation de l’Assemblée générale ordinaire. Et les observateurs d’en déduire un constat d’impossibilité d’exécuter la sentence du TAS,, tandis qu’une sentence rendue par ce dernier est définitive et obligatoire pour les parties à compter de sa notification.

Pour le président de la Fédération malienne de football, une autre lecture de ladite  sentence est possible. « Les représentants de la FIFA ont expliqué au ministre des Sports que la bonne lecture de la sentence du TAS permet aussi la tenue d’une assemblée générale extraordinaire et que cela ne contrevient pas à l’esprit de ladite sentence», dira Boubacar Baba Diarra qui a proposé la date de 29 novembre pour l’organisation d’une Assemblée générale extraordinaire. Selon lui, cette date a été acceptée par la FIFA, mais le Collectif des ligues et clubs majoritaires dit niet. Son émissaire, en la personne de Yéli Sissoko, était lui aussi devant la presse, samedi 5 novembre 2016, à EFICA, où il a tout d’abord évoqué d’abord le contexte de son voyage. «Pour être clair, le collectif a reçu une correspondance du ministère des Sports pour aller participer à une rencontre à Zurich avec la FIFA pour trouver une solution à la crise du football malien », dira-t-il avant de rendre compte de son entretien avec le chef du département des associations membres de la FIFA, Primo Carvaro. Il m’a dit : «Notre lecture de la sentence à la FIFA, c’est qu’on demande d’organiser une Assemblée générale. Comme Baba est forclos pour organiser une assemblée générale ordinaire, nous vous demandons d’aller à une Assemblée générale extraordinaire qui sera convoquée le 14 novembre et se tiendra le 29 novembre avec à l’ordre du jour les points indiqués dans la sentence. C’est ce que la FIFA a décidé, cela permet de régler le problème », rapporte Yéli Sissoko. Et de poursuivre : «Je lui ai expliqué qu’il n’y a qu’une seule lecture de la sentence. Je suis convaincu qu’il s’agit bien d’une Assemblée générale ordinaire qui doit être convoquée. La propre avocate de la fédération, quand elle a saisi le TAS, reconnaît dans son courrier que c’est une assemblée générale ordinaire qui doit être organisée. Le TAS nous dit d’organiser une assemblée générale en respectant nos textes. Il aurait dû s’arrêter là. Mais il a insisté sur les articles 32.2 et 31.2 qui font référence à l’assemblée générale ordinaire. Vous ne pouvez pas venir nous imposer une assemblée générale extraordinaire en violation de nos propres statuts».

Yéli Sissoko, dans une salle pleine de journalistes et quelques supporters, a également rapporté avoir signifié à M. Carvaro être allé pour une seule chose : faire le constat avec lui que Boubacar Baba Diarra est forclos, qu’il n’est plus qualifié pour organiser exécuter la sentence du TAS et savoir en même temps les dispositions que la FIFA prendra à cet effet.

Comme on le voit, le fossé s’agrandit entre les protagonistes de la crise du football malien. Il est temps donc que l’Etat prenne ses responsabilités.

 

O CAMARA


Source : Maliweb

Maliweb

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