La MINUSMA facilite le dialogue entre autorités judiciaires et justiciables dans la région de Tombouctou

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Face aux besoins sans cesse croissants de justice dans les régions du nord du Mali, la MINUSMA accompagne l’Etat Malien dans ses efforts de relèvement du système judiciaire. Ainsi, le Bureau Régional de la MINUSMA à Tombouctou, à travers la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires (SAJP), en partenariat avec les autorités judiciaires des cercles de Niafunké, Diré et Goundam a tenu, du 8 au 10 novembre dernier, des journées de sensibilisation sur l’accès à la justice au profit de 500 leaders communautaires de associations et regroupements de jeunes et de femmes de toutes les communautés.

Ces activités visent à contribuer à la diffusion du droit et, à l’information des justiciables sur le fonctionnement de la justice dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, en particulier son article 46, intitulé "Réconciliation, Justice et questions humanitaires".

Le Mali a subi, en 2012, une crise multidimensionnelle ayant conduit à défalquer les juridictions du Nord, dont les affaires ont été transférées au Tribunal de Grande Instance (TGI) de la commune III de Bamako. Depuis un arrêt du 16 février 2015, la Cour suprême a restitué leur compétence aux juridictions du Nord. Cette décision a donc pour effet de renvoyer à la Cour d’appel de Mopti, aux tribunaux de grande instance, aux tribunaux d’instance, et aux juges de paix à compétence étendue (JPCE), des affaires sensibles en matière de violation des droits de l’Homme. La crise a également eu pour effet de vider les institutions étatiques de leurs représentants pendant de nombreux mois, laissant des infrastructures délabrées ou détruites, une situation constituant une atteinte à l’autorité de l’Etat ainsi qu’à l’Etat de droit, compte tenu du fait que la justice n’a pas été rendue dans la région pendant plus d’une année.
A Niafounké la séance de sensibilisation a été animée par le juge de ladite localité, à Goundam et Diré le greffier en chef de Diré a conduit les débats. Au cours de ces rencontres les autorités judiciaires se sont penchés sur l’organisation, le fonctionnement de la justice, les procédures ainsi que le rôle et les responsabilités des acteurs de la justice au regard de la loi. L’assistance a évoqué entre autres questions, la lenteur de la justice et son coût, l’inégalité de traitement des justiciables, les détentions illégales et prolongées ainsi que la corruption. La Division des Droits de l’Homme a également présenté les grands principes relatifs à la justice transitionnelle et répondu aux questions s’y rapportant.

Les participants de toutes les localités visitées ont vivement apprécié cette initiative salutaire qui permet au citoyen de s’informer de ses droits « L'accessibilité à l'information juridique et judiciaire est une donnée fondamentale dans un Etat de Droit, car elle renforce le fonctionnement de la démocratie et impulse aussi le développement, en ce sens, qu'elle assure la sécurité des transactions, » a expliqué Vieux Bah, Vice-président du conseil local des jeunes de Niafounké. En prélude à chacune des rencontres, le bureau de la communication et de l’information de la MINUSMA, a projeté un film documentaire qui retrace le rôle de l’Organisation des Nations Unies et celui du personnel en uniforme dans une opération de maintien de la Paix comme la MINUSMA. La Division des Affaires Civiles ainsi que celle des Droits de l’Homme et de la Protection, les sections des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires, du Désarmement, de la Démobilisation et de la Réinsertion (DDR) et la Police des Nations Unies UNPOL, ont expliqué aux participants le rôle de la mission onusienne dans le processus de paix au Mali et les activités menées dans la région de Tombouctou au profit des populations, en contribution à la restauration de la Paix.

« Vous nous avez apportez de la sécurité, vous nous avez rassurez par le financement des projets dans plusieurs domaines, nous vous disons merci » s’est réjoui Mme Cissé Mariam Alassane, Vice-président de la CAFO Goundam. Quant à Mme Sall Oumou Seck, Maire de Goundam, elle a exhorté les femmes à faire preuve de pardon et de tolérance pour contribuer à la réconciliation des esprits et des cœurs, afin de recoudre le tissu social abimé par le conflit. « Notre préoccupation c’est la reconstruction de notre pays. Cette étape passe par restauration d’une paix durable. Il faut attendre la justice et ne pas se faire justice à soi-même » a-t-elle conclu.

Ces rencontres se sont tenues lors d’une mission conjointe de différentes sections et divisions de la MINUSMA. Ces missions sur le terrain permettent d’évaluer la situation sécuritaire pour mieux répondre aux besoins de protection des civils. Elles permettent aussi de promouvoir les droits de l’Homme, de fournir des bons offices pour la restauration de l’autorité de l’Etat et un appui dans le renforcement des capacités de gouvernance locales et des fonctions administratives.

Source : aBamako

aBamako

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