Mali-France : Jean Yves Le Drian récidive

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Au tout début de l’implication directe française dans la crise malienne, le ministre français de la Défense avait fait une première déclaration controversée lorsqu’il affirma, sans détours, que « les Touareg sont nos amis ». C’était là une prise de position claire et nette en faveur du MNLA et de ses alliés. La logique était, en effet, facile à comprendre : « Si les Touareg sont [leurs] amis », cela veut dire tout simplement que l’Etat malien est « l’ennemi ». La suite des événements confirmera d’ailleurs cette prise de position, avec notamment le refus d’admettre l’armée malienne à Kidal, la pression exercée sur les autorités afin de signer un Accord totalement en faveur des Touareg et le laxisme observé jusqu’ici vis-à-vis du MNLA et de ses autres alliés de la CMA.
Et comme si cela ne suffisait pas, Yves Le Drian jette à nouveau l’huile sur le feu en invitant les autorités de Bamako à « prendre des initiatives politiques » pour faire avancer le processus de paix, et, pire, pour« intégrer les communautés du Nord dans les sphères de l’Etat » (dit-il en substance). Une déclaration pour le moins gauche et très tendancieuse venant d’un soi-disant partenaire qui prétend œuvrer à la pacification du pays. Cette déclaration du ministre français, quoique théoriquement en rapport avec les récents attentats perpétrés contre les forces maliennes et onusiennes, pourrait avoir un lien avec le processus de rapprochement « en cours » avec la Russie de Poutine.
Une telle réaction de la France était d’ailleurs prévisible quand on sait que le Mali est supposé faire partie du pré-carré français en Afrique et que la France, depuis des années maintenant, entretient des relations exécrables avec la Russie. Qu’elle aurait volontiers bombardée si elle se savait en mesure de tenir tête à la puissance russe.
Une chose est sûre, elle l’a du reste été de tout temps, les autorités, qui ne veulent pas regarder la réalité en face, devront finalement se résoudre à tirer les enseignements du double jeu français. En osant enfin franchir le pas ; celui d’envisager d’autres alternatives à la résolution de la crise malienne. Comme, par exemple, faire de ce rapprochement (tant souhaité par tous les Maliens avec la Russie) une réalité, de même que l’équipement adéquat des FAMA afin qu’elles rendent enfin à ce peuple meurtri sa dignité perdue. Car personne ne fera le Mali à notre place, y compris la Russie qui ne pourrait quand même pas se substituer à nos forces sur le champ de bataille.
La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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