Djiguiba Keïta, secrétaire général du Parena à propos du scrutin communal : ‘’Le Gouvernement a programmé ces élections pour permettre au RPM de contrôler les mairies…’’

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Hier, mardi 15 novembre 2016, les responsables du Parti pour la renaissance nationale (Parena) étaient face à la presse à leur siège sis à Ouolofobougou Bolibana pour exprimer leurs inquiétudes sur le processus électoral en cours. Ledit point de presse était animé par le secrétaire général du parti du bélier blanc, Djiguiba Keïta alias PPR, en présence des candidats du parti comme Dagier Sogoba, Seydou Cissé, Lassana Sylla, Hamadi Dicko et bien d’autres. Au cours de ce point de presse, le conférencier a dénoncé une fraude programmée par le RPM, le parti au pouvoir, l’insécurité au Mali, la campagne déguisée du président de la République en faveur des listes du RPM, la mauvaise organisation du scrutin communal et la manipulation politique. Dans le cadre des élections communales prévues le 20 novembre 2016, PPR a fait savoir qu’il y a déjà des bulletins pré-votés RPM. « La preuve est faite que le Gouvernement a programmé ces élections pour permettre au RPM de contrôler les mairies du pays. Au prix de tripatouillages juridiques et de mépris de l’esprit et de la lettre de la loi », a souligné Djiguiba Keïta.

D’entrée de jeu, le secrétaire général du Parena, Djiguiba Keïta a dénoncé une fraude programmée par le RPM, le parti au pouvoir. « On est à la veille des élections et on commence à voir des pratiques extraordinaires. Pas plus tard qu’hier soir, nous avons vu des bulletins pré-votés RPM. L’Adema et les partis de l’opposition en commune II ont déjà adressés une lettre au gouverneur pour dire que ce qui se passe est totalement inadmissible parce que, presque tous les présidents de bureau sont des éléments recrutés RPM », a-t-il dit. Dans sa déclaration liminaire, le conférencier a fait savoir que sur fond d’insécurité grandissante et d’absence de l’État dans de nombreuses circonscriptions, le Gouvernement de la République a invité les Maliens aux urnes le 20 novembre pour élire les maires des communes et leurs conseillers communaux. « À titre d’exemple, entre le 7 et le 9 novembre, trois chefs de villages ou de fractions ont été assassinés dans les cercles de Djenné, Youwarou et Rharous. Pour ne prendre que l’exemple de Mopti, sur les 15 communales du cercle, il n’ y’a pas d’administration dans les communes rurales de Dialloubé, Ouro-Modi, Sasalbé, Koubaye, Soye. (l’Essor du 14 novembre 2016) », a précisé PPR. Outre l’insécurité et l’absence de l’État, le PARENA est préoccupé par les derniers actes posés par le Gouvernement de la République dans le cadre de la tenue des communales.

Quelle loi régit les communales du 20 novembre?

Dans une lettre datée du 14 novembre, le Ministre de l’Administration Territoriale a informé les partis politiques que “l’organisation des communales se poursuivra sur la base de la loi 06… du 14 septembre 2006, modifiée portant loi électorale” a indiqué PPR lors de ce point de presse. Le parti de Tiébilé Dramé est très surpris par cette annonce qui tire un trait sur la nouvelle loi électorale promulguée le 17 octobre 2016 et dont l’article 210 (nouveau) dispose: ” la présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires, notamment la Loi n°06-044/ du 4 septembre 2006 modifiée par la Loi n°2011-085/ du 30 décembre 2011, la Loi n°2013-017 du 21 mai 2013 et la Loi n° 2014-054 du 14 octobre 2014″. Comment une loi abrogée, le 17 octobre peut être exhumée le 14 novembre et régir la suite du scrutin communal? Comment peut-on mettre entre parenthèses une loi validée par la Cour Constitutionnelle et promulguée par le président de la République? Est-on devenu, à ce point une République bananière? Sommes-nous en “République très très démocratique du Gondwana ” où la loi est piétinée en fonction des humeurs et du bon vouloir du prince? Où va le Mali avec de telles mœurs politiques? s’interroge le conférencier. A l’en croire, en mai dernier, la loi sur “les autorités intérimaires”, votée par le parlement, validée par la cour constitutionnelle, promulguée par le président avait été foulée aux pieds au profit d’une “Entente”. « L’amateurisme et l’incompétence du Gouvernement, son mépris du droit et du peuple malien ont atteint un seuil intolérable », a déclaré Djiguiba Keïta.

De la mauvaise organisation du scrutin à la manipulation politique

Selon PPR, la confusion juridique dans laquelle baignent les préparatifs des communales n’est qu’une des caractéristiques du processus en cours. Avant d’ajouter que les communales 2016 sont marquées par une très mauvaise organisation et une manipulation politique. S’agissant la mauvaise organisation du scrutin, il a fait savoir que les spécimens de bulletins de vote qui auraient dû être mis à la disposition des partis avant l’ouverture de la campagne n’ont été distribués que cinq jours après l’ouverture de la campagne. Ces spécimens, poursuit-il, comportent de nombreuses erreurs d’imprimerie telles que l’omission de logos et de noms de partis. A ses dires, les spécimens et les bulletins ne sont pas uniformes, car, comportent des disparités visibles d’une circonscription à l’autre. Concernant la manipulation politique, PPR a souligné que le marché des spécimens et des bulletins de vote a été attribué à onze imprimeries différentes. « L’attribution de ce marché a été coordonnée par un cadre qui est aujourd’hui membre du bureau politique national du RPM. La traçabilité du bulletin unique est sujette à caution: réalisé dans onze imprimeries différentes, le bulletin unique (souche, numérotation) n’est pas à l’abri de duplication (donc de manipulation politique partisane) pour un vote frauduleux pré-arrangé », a dénoncé le conférencier. Aux dires du secrétaire général du Parena, le président de la République de tous les Maliens s’interfère dans la campagne communale en utilisant les maigres moyens de l’État pour un soutien déguisé aux listes du RPM. Pour lui, IBK veut aider le RPM à mettre la main sur toutes les mairies du pays avec les maigres moyens de l’État. Avant de signaler que les crédits alloués à la présidence de République, dans le cadre du budget d’État 2016 (près de 20 milliards), sont épuisés depuis septembre. Pour assurer, dit-il, le fonctionnement régulier de la première institution du Mali, la Directrice financière de la présidence est obligée de recourir à des avances du Trésor ou des prêts consentis par des opérateurs économiques. Ces avances et ces prêts seront apurés à l’ouverture des crédits 2017, a indiqué PPR. A en croire, la présidence de la République est devenue une institution particulièrement budgétivore depuis qu’IBK préside aux destinées du pays. « La preuve est faite que le Gouvernement a programmé ces élections pour permettre au RPM de contrôler les mairies du pays. Au prix de tripatouillages juridiques et de mépris de l’esprit et de la lettre de la loi. Il est regrettable que le président de tous les Maliens et le garant de la cohésion nationale participe activement à ce parti-pris flagrant qui fragilise la fonction de président de la République. Nous invitons le Chef de l’État à reporter sa visite à Kayes », a martelé Djiguiba Keïta. Apparemment le message de PPR a été entendu par la présidence car, aux dernières nouvelles, la visite à Kayes initialement prévue le jeudi 17 novembre 2016 est reportée à une date ultérieure. En réponse aux questions des journalistes, les conférenciers ont précisé que le Parena est candidat dans 157 communes.

Aguibou Sogodogo

Soumaïla T Diarra

B. Daou


Source : Africatime

Africatime

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