Communes I et II : Des difficultés d’identification des bureaux de vote

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L’un des défauts de notre système de vote est l’identification des bureaux de vote par l’électeur. Le Numéro d’identification nationale (NINA) qui fait désormais office de carte d’électeur ne comporte pas la mention de lieu et de bureau de vote du votant. Ce constat se dégage, au niveau des Communes I et II du District de Bamako. Des trois systèmes d’information et d’orientation des électeurs vers leurs bureaux et centres de vote, le public de Bamako avait l’accès facile aux systèmes d’orientation par « sms » via les deux opérateurs de téléphonies mobiles et les techniciens de la Délégation générale aux élections (DGE) déployés dans les grands centres urbains. Si ce dernier système fonctionnait bien, le système par « sms » semble avoir failli. Assitan Kouyaté, une électrice est assise dans la cour du groupe scolaire Bahaber Sountaran de Korofina nord. Cet établissement abrite le centre de vote de Korofina nord. « Les deux réseaux sont saturés. J’ai attendu plus de deux heures sans recevoir le message retour qui devait m’indiquer le bureau de vote », peste-t-elle. Arrivée au centre aux environs de 9 heures, elle dit avoir voté à 11 heures grâce au système d’orientation via l’ordinateur portable auquel est connecté un lecteur code barre électrique. Assis devant deux ordinateurs portables dans la cour de l’école fondamentale Mamadou Diarra n°2 de Médina-Coura, l’un des plus grands centres de vote en Commune II (116 054 électeurs inscrits répartis entre 239 bureaux de votes), Toumani Sall est entouré d’électeurs désireux de connaître leur bureau de vote. Le chef d’équipe des techniciens de la DGE au niveau de cette commune projette le laser du lecteur code barre sur le recto de la carte NINA. Les informations concernant l’électeur, y compris le n° du bureau de vote, s’affichent à l’angle droit de la machine, en moins de 5 secondes. Le responsable de la DGE explique qu’ils sont 12 techniciens mis à la disposition de la Commune II. Au passage de notre équipe de reportage, vers 9 heures, il avait orienté plus de 150 électeurs. Le constat est presque identique à l’école de la Zone industrielle (centre Bakaribugou) et au centre de vote de Bozola, installé au groupe scolaire Séga Diallo qui abrite 12 bureaux de vote. Là, des électeurs déploraient la non concordance entre le bureau de vote identifié par les techniciens de la DGE et le bureau de vote réel des électeurs qui étaient obligés de faire le tour des bureaux en lisant la liste affichée devant les salles. En plus de cette défaillance constatée et déplorée par des électeurs, certains agents électoraux ont brillé par leur absence en début de journée. Coordinateur du centre de vote de Médina-Coura, Lassana Dolo est enseignant à la retraite depuis 2012. Sur les 35 bureaux officiels qu’il coordonne, les opérations de vote ont débuté dans 28 bureaux à 8 heures. Les 7 autres sont restés fermés jusqu’à 10 heures, faute de présidents et d’assesseurs. Ibrim Diarra est président du bureau de vote n°11 du centre de Médina-Coura. Tout en se réjouissant de la disponibilité effective du matériel, il déplore l’absence de 4 de ses assesseurs. Il confirme par ailleurs que le vote a commencé à 8 heures, en présence des délégués des partis politiques et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), visibles dans la salle. A 9 heures 45 mn, ce bureau avait enregistré 8 votants sur les 495 inscrits. Ils étaient près de 70 votants à notre passage à 16 heures du soir, soit 2 heures avant la fermeture des bureaux de vote. Peu avant 16 heures, notre équipe de reportage était au centre de vote de Korofina-Nord. Une dizaine d’agents de sécurité vérifiaient les identités à l’entrée du groupe scolaire Bahaber Sountaran. Dans la cour, les gens sont attroupés par petits groupes à l’ombre des arbres ou des murs des salles de classes. Au bureau de vote n° 6, comme devant tous les autres bureaux, les électeurs ne se bousculaient pas. Drissa Moctar Konaté, le président de ce bureau de vote assurait que « les électeurs continuent à venir ».

C. M. TRAORE

Source : aBamako

aBamako

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