Commission Vérité, Justice et Réconciliation : Ségou a son antenne régionale

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Suite aux événements malheureux liés notamment à la crise sécuritaire que connaît le Mali depuis début 2012, l’Etat a créé, en 2015, la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) avec comme mandat de contribuer à l’instauration d’une paix durable au Mali à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques. Le président de la CVJR et ses membres ont été nommés et investis de leurs missions, il y a moins d’un an. Ils ont en charge principalement la gestion non juridictionnelle de nombreux cas de violations de droits de l’Homme perpétrées lors des regrettables évènements sociopolitiques, notamment les rebellions armées de 1963 à 2012. Ces événements ont été source de souffrances énormes pour les populations victimes des zones touchées. Pour apaiser leurs traumatismes, la CVJR se doit d’entreprendre des actions susceptibles de réconcilier les cœurs et les esprits.
C’est dans ce cadre que la CVJR vient d’engager l’installation de ses antennes régionales à travers le pays. Ces antennes servent d’interface entre les victimes résidant à l’intérieur du Mali et la CVJR, basée dans la capitale. La CJVR est chargée d’enquêter sur les cas de violations graves des droits de l’homme, individuelle ou collectives commises dans les deux régions. Elle a pour tâches de mener également des enquêtes sur les cas d’atteinte à la mémoire individuelle ou collective et au patrimoine culturel. Elle doit aussi travailler afin de proposer des mesures de réparation ou de restauration.
Après celle de Bamako, la semaine dernière, l’antenne régionale CVJR de Ségou (couvrant également la Région de Sikasso) a été ouverte hier lundi. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du directeur de cabinet du gouverneur de Ségou, Mamadou Gaoussou Traoré. C’était aussi en présence du président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, du maire de la Commune urbaine de Ségou, Youssouf Simaga et de la porte-parole des victimes des Régions de Sikasso et de Ségou, Mariam Wallet Altanata.
Celle-ci a vivement salué l’ouverture d’une antenne régionale de la CVJR à Ségou et souhaité que justice et réparation soient faites pour le bénéfice d’un Mali uni, indivisible et laïc. «A la suite de la crise politico-sécuritaire, nous avons enregistré 36.045 déplacés internes dans la seule région de Ségou, constitués de 70% de femmes et d’enfants. Cette crise a surtout été marquée par des graves violations des droits de l’homme, des assassinats, des enlèvements, des disparitions forcées, des viols, des amputations, des destructions de patrimoines culturels, des atteintes à l’intégrité physique, des maltraitances psychologiques et des destructions de bien matériels et financiers, nous espérons aujourd’hui qu’avec l’ouverture d’une antenne régionale à Ségou, toutes les victimes seront entendues, voire prises en compte afin que justice soit rendue», s’est engagée Mariam Wallet Altanata.
Pour sa part, le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, s’est réjoui de l’ouverture de cette antenne de Ségou après celle de Bamako. Selon M. Sidibé, ces structures locales contribueront sans doute à combler un grand vide auprès des nombreuses victimes. Elles devront notamment permettre aux victimes d’accéder plus facilement au centre de déposition.
Auparavant, dans son mot de bienvenue, le maire de Ségou, Youssouf Simaga, avait promis l’accompagnement de la mairie qu’il dirige avant d’exprimer toute sa reconnaissance et celle des Ségoviens aux plus hautes autorités du pays pour le choix porté sur leur ville pour abriter cette antenne qui couvrira également la Région de Sikasso. Reconnaissance réaffirmée par le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou, Mamadou Gaoussou Traoré qui dit espérer que cette antenne de Ségou donnera la parole aux victimes pour légitimer et consolider le processus de réconciliation afin de comprendre et savoir réellement ce qui s’est passé. «L’antenne régionale de Ségou est une porte d’entrée pour enquêter sur les cas de violations graves des droits de l’homme commises dans les Régions de Ségou et Sikasso. Par conséquent, j’invite toutes les victimes et auteurs de violations à venir faire leurs dépositions à cette antenne afin de s’assurer que les droits fondamentaux des victimes seront respectés : droit à la justice, droit à la vérité, droit à la réparation. La responsabilité incombe à tous de s’assurer de l’intégration du principe de non-récurrence en identifiant clairement les causes profondes du conflit », a souligné le représentant du gouverneur de Ségou.
d. cOULIBALY
AMAP-Ségou

Source : aBamako

aBamako

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