Basket-ball : Me Jean Claude Sidibe, «le secret de la reussite de notre basket, c’est le travail»

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Les 12 trophées remportés en 10 ans par les sélections nationales féminines, l’échec des équipes masculines, le lancement de la nouvelle formule du championnat, l’Afrobasket féminin sénior que notre pays organisera en 2017 : voilà les quatre grands sujets évoqués par le président de la Fédération malienne de basket dans une interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder hier au siège de l’instance dirigeante du ballon orange malien

L’Essor : La nouvelle formule du championnat va être lancée dans quelques semaines. Est-ce que tout est fin prêt du côté de la Fédération malienne de basket-ball et de celui des équipes ?
Me Jean Claude Sidibé : Je peux dire que tout est prêt. La nouvelle formule du championnat était une promesse de campagne du bureau fédéral. Pendant la campagne à l’élection du président de la fédération, j’avais promis de lancer la première division pour avoir un championnat intégral afin de relever le niveau de notre basket-ball. La formule Top 12 a fait ses preuves, mais je pense que si on veut avoir un vrai championnat et des équipes compétitives sur l’échiquier continental, il faut qu’on ait un championnat intégral. Avec la nouvelle formule, toutes les équipes de la première division, en hommes et dames, vont se rencontrer en aller-retour. Les deux premiers de chaque poule vont jouer le play off et les deux dernières équipes seront reléguées en deuxième division.

L’Essor : Techniquement comment tout cela va se passer sur le terrain ?

Me Jean Claude Sidibé : Sur le terrain, chacune des équipes va recevoir avant de se déplacer la semaine suivante. Pour le moment, la seule difficulté qu’on a, c’est la ligue de Tombouctou. J’ai déjà adressé un courrier au gouverneur de Tombouctou, au président du conseil de cercle, au maire de la ville, aux différentes autorités locales et à la Minusma pour voir dans quelles conditions de sécurité on peut jouer à Tombouctou. J’attends leur réponse. Ce qui est sûr, c’est que tout est fin prêt, le budget est connu et voté. Normalement en fin février, le championnat va commencer.
L’Essor : La Fédération malienne de basket est aujourd’hui la plus titrée du Mali avec 12 trophées continentaux. Quel est le secret de cette réussite ?
Me Jean Claude Sidibé : Si secret il y a, c’est le travail. Nous sommes une fédération qui travaille beaucoup. Nous avons des techniciens qui sont formés. Sur les 12 coupes que le Mali a gagnées depuis les années 1960, une seule a été gagnée par un entraîneur expatrié (José Ruiz). Les onze autres titres ont été remportés par des entraîneurs maliens. Cela met en exergue le niveau de formation de nos formateurs. Nous continuons cette politique de formation pour que nos techniciens soient au top afin que Mali puisse se hisser sur le toit de l’Afrique.
L’Essor : Il y a quand même un bémol, jusque-là, aucune sélection masculine n’a été sacrée
Me Jean Claude Sidibé : C’est une réalité. Nous n’avons jamais pu faire gagner une sélection masculine dans les compétitions africaines. Mais nous pensons que le travail que nous menons peut nous amener très rapidement à obtenir des résultats avec les sélections masculines.
Cette année, nous avons intégré beaucoup de jeunes entraîneurs et l’un des techniciens vient de gagner une coupe d’Afrique en Egypte avec les filles. Nous avons intégré deux nouveaux jeunes au niveau des juniors et au niveau des cadets garçons. Si on met chez les garçons le sérieux qu’on a mis chez les filles je pense que les sélections masculines ne tarderont pas à faire parler d’elles.

L’Essor : Concrètement, qu’est-ce que vous comptez faire pour inverser la tendance ?
Me Jean Claude Sidibé : C’est le travail, rien que le travail. Seul le travail paie. J’ai remarqué une seule chose, lorsque je vais voir les entraînements des filles, c’est beaucoup plus sérieux que chez les garçons. On a donné des missions claires aux différents entraîneurs des sélections masculines. La fédération veut qu’ils s’inspirent de l’exemple des sélections féminines parce que notre objectif est d’obtenir des résultats dès 2017.
L’Essor : le 25 novembre dernier le Mali a été désigné pour abriter le prochain Abrobasket féminin. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Me Jean Claude Sidibé : Je dois dire d’abord que ce choix de FIBA-Afrique est une grande victoire pour nous membres de la Fédération malienne de basket-ball. C’est aussi une victoire pour le Mali, singulièrement pour le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta qui a toujours dit que son ambition est de faire du Mali une destination.
Notre pays souffre depuis quatre ans, une certaine presse avait tenté de dissuader les gens à ne pas venir au Mali. Mais le monde du basket, l’Afrique du basket s’est donné rendez-vous au Mali pour montrer que le Mali est un pays agréable. C’est un pays qui sait accueillir les gens. C’est un pays hospitalier. Nous pensons que tout sera mis en œuvre pour qu’en septembre et octobre 2017 cette compétition puisse bien se dérouler. Le Mali a déjà prouvé sa capacité organisationnelle. Notre pays a déjà organisé des grandes compétitions comme l’Afrobasket féminin. Pour moi, il n y aura problème de ce côté.
Il faut dire aussi que la décision de FIBA-Afrique va du principe que la Fédération malienne de basket-ball a le soutien total des plus autorités du Mali. A ce propos, je voudrai rappeler ce que le président IBK disait il y a quelques mois, à savoir qu’il veut faire du Mali un Angola en matière de basket. Nous prenons l’engagement de l’accompagner dans ce sens.

L’Essor : Quel appel lancez-vous au public dans la perspective de cette grande compétition que notre pays abritera en 2017 ?
Me Jean Claude Sidibé : Je dirais au public qu’il y a 10 ans le Mali avait gagné à Dakar son premier trophée africain avec la sélection nationale féminine senior. 2017 coïncide avec le 10è anniversaire de ce sacre historique. Notre objectif est de remporter une nouvelle couronne en 2017 et faire en sorte que la fierté du Mali soit encore plus grande. Nous comptons sur les supporters pour porter les filles vers le sacre.

SOULEYMANE BOBO TOUNKARA


Source : Africatime

Africatime

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