Conséquence de la crise : Plus de 400 écoles fermées dans le nord et le centre du pays

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Le nombre d’écoles fermées dans les régions affectées par l’insécurité dans le Nord et le Centre du pays a augmenté cette année par rapport à l’an dernier. On estime que le nombre des écoles qui sont restées fermées à la rentrée a augmenté d’un tiers par rapport à la rentrée 2015. A ces problèmes d’insécurité, s’ajoute pour les élèves la défaillance des repas scolaires.
Lors de la rentrée scolaire en octobre dernier, 421 écoles étaient fermées, c’est 120 de plus qu’à la fin de l’année scolaire de juin de cette année. Cela est dû en général à la reprise des combats entre groupes armés ainsi qu’au climat de violence et de peur liée aux actes terroristes enregistrés dans certaines localités du Centre et du Nord du pays.
Des individus armés ont aussi demandé la fermeture d’établissements scolaires par endroits. De plus, certaines écoles et enseignants ont été ciblés par des actes de banditisme. La seule région où le nombre d’écoles fermées n’est pas en hausse est Tombouctou. Les régions de Gao, Kidal et Ségou ont pour leur part enregistré les augmentations les plus significatives du nombre d’écoles fermées.
A cette situation s’ajoute celle de milliers d’enfants privés de repas scolaires. Le Programme alimentaire mondial a annoncé qu’il ne pourra pas fournir des repas scolaires à l’ensemble des enfants dans le besoin, en raison d’un manque de financement. 400 écoles, comptant environ 69 000 élèves, ne pourront pas être assistées faute des fonds nécessaires.
Dans le cercle de Tessalit, sur les 26 écoles, seulement 11 sont ouvertes. Dans toute la région de Kidal, sur 71 établissements, une vingtaine seulement sont accessibles. Cette situation inquiète les responsables scolaires de la région qui fondent beaucoup d’espoir sur la mise en place des autorités intérimaires. Selon eux, leur installation pourrait rassurer les enseignants.
Joint au téléphone par Studio Tamani, le directeur du Centre d’animation pédagogique (Cap) de Tessalit, Akli Ag Waccawalène, a expliqué que “c’est une situation qui inquiète parce que nous n’avons même pas atteint les 50 % d’écoles pour la circonscription. C’est valable pour toute la région. Le plus grand problème auquel nous sommes confrontés, en plus de l’insécurité, c’est surtout le manque de personnel enseignant. Les enseignants sont restés dans le Sud du pays. Il y a la cause de l’insécurité, mais il y a aussi le mot d’ordre du syndicat des enseignants. Le syndicat demande à ses militants de ne venir au nord que lorsque les autorités seront en place, les autorités administratives, la police, la gendarmerie”.
“Concrètement on ne voit pas de solution immédiate. Mais si les autorités intérimaires sont installées dans les différentes villes et circonscriptions, nous pensons qu’il y aura une possibilité de réouverture. Mais le fait d’ouvrir déjà une vingtaine d’écoles dans la région, moi je pense qu’on a beaucoup fait. C’était un gros défi après cinq années de fermeture des écoles. C’est vraiment une performance”, regrette-t-il.
Avec Studio Tamani

Source : aBamako

aBamako

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