Expulsion des Maliens d’Algérie : L’AME exige de l’Etat malien la sécurisation des expulsés

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L’Association Malienne des Expulsés ne décolère pas après l’expulsion des migrants maliens d’Algérie. Après l’accueil de la première vague des expulsés, plus de 260 maliens qui ont foulé le sol malien le dimanche 11 décembre 2016, l’AME fustige les conditions de leur retour au bercail et demande à l’Etat malien de prendre toute ses responsabilités pour sécuriser les expulsés.

L’Association Malienne des Expulsés dénonce les conditions d’expulsion des migrants maliens qui étaient en transit en Algérie. « Ils sont environ 200 personnes à être expulsées pour le moment. On demande à l’Etat de prendre ses responsabilités. On ne peut pas comprendre que l’Algérie expulse des Maliens sans que le gouvernement malien ne soit au courant », explique, joint par Le Républicain, le président de l’AME, Ousmane Diarra qui a accueilli les expulsés le dimanche passé à partir de 21 heures à la protection civile.

Ousmane Diarra ajoute : « Et pourtant on n’a un ministère des Maliens de l’extérieur et on n’a aussi un ministère des affaires étrangères. Ils doivent prendre toutes leurs responsabilités pour la sécurisation des migrants expulsés.» Selon le président de l’AME, « c’est juste une première partie du convoi qui est arrivée au Mali. Et les autres se trouvent en Algérie ou dans le désert algérien. ».

D’où l’insistance des responsables de l’Association Malienne des Expulsés auprès des « autorités maliennes pour qu’elles prennent toutes leurs responsabilités pour sécuriser les Maliens. « D’après les témoignages des expulsés, ils ont tout laissé dans le pays d’accueil et ils ne savent pas comment reprendre la vie dans leur propre pays. Le Mali veut juste donner le transport à tout un chacun pour qu’il rentre dans sa localité.

C’est horrible», déclare Ousmane Diarra. Selon les témoignages des expulsés, sur le chemin de retour au bercail, ils ont fait l’objet de brimades et au minimum deux d’entre eux seraient morts. Le lieutenant Nouhoum Coulibaly, le responsable des centres d’accueil de la protection civile que nous avons rencontré au Centre d’accueil de Sogoniko assure que les expulsés ont été bien accueillis par les autorités maliennes : « A leur arrivée, ils ont été accueillis par le chef de cabinet du ministère des maliens de l'extérieur, du délégué général des Maliens de l'extérieur. L'accueil a consisté à enregistrer tous les migrants, identifier leur zone de départ réel, suivi de la restauration et de l'hébergement.

Ils étaient au nombre de 266 maliens en provenance de l'Algérie dans la nuit du dimanche 11 décembre. Le lendemain il y a eu 9 convois en provenance de la Guinée équatoriale. Ils sont venus les mains vides et pratiquement la plupart sont des sans papiers. Depuis la nuit du dimanche la plupart sont rentrés chez eux, le lendemain il ne restait qu'une cinquantaine de personnes sinon le délai d'accueil est de 3 jours. On n’est parti les chercher jusqu'à Agadez au Niger et ils ont été pris en charge par l'État »,
Nos tentatives de joindre le ministère des Maliens de l’Extérieur afin de le faire réagir sont restées vaines.

Les associations de défense des droits de l’homme dénoncent…
Les associations de défense des droits de l’homme s’indignent des conditions de détention et d’expulsion des migrants. Saloum Traoré, Directeur exécutif de Amnesty international Mali et président du Réseau des défenseurs des droits humains au Mali, demande « l’ouverture immédiate d’une enquête sur les cas de décès et de mauvais traitements physiques rapportés par les Maliens revenus ». La Ligue Algérienne pour la Défense des droits de l’Homme (LADDH) a dénoncé le vendredi 02 décembre les arrestations de près de 1400 migrants dans la capitale, sur décision du wali d’Alger.

Dans un communiqué publié sur son site Internet, cette ONG a accusé les autorités algériennes de « bafouer » les normes internationales relatives aux droit des réfugies, demandeur d’asiles et de migrants. Elle s’est dite « indignée » contre la « politique non assumée » de ces mêmes autorités vis-à-vis des migrants, « exploités pour des considérations économiques » et « expulsés quand le besoin ne se fait plus sentir ». La LADDH dénonce ces arrestations massives de migrants et leur rétention arbitraire et violente.

Elle considère qu’en agissant ainsi, les autorités algériennes portent aussi atteinte aux droits des femmes et des enfants. Ces arrestations concerneraient « des enfants, des femmes enceintes, des personnes malades, migrants en situation irrégulière, demandeurs d’asile et réfugiés, se retrouvent tous victimes de cette opération de rétention dans des conditions de vie désastreuses et indignes », Les personnes en rétention ont déjà protesté contre leurs conditions et la situation reste tendue. La LADDH s’indigne contre la gestion policière exclusive de la question migratoire en Algérie.

L’Algérie effectue une vaste opération d’expulsion des migrants africains vivant sur le territoire algérien. Ainsi plus de 260 Maliens rapatriés ont été accueillis, le dimanche soir, par l’Association malienne des Expulsés à Bamako. Les migrants arrêtés en Algérie sont convoyés par bus dans un Centre d’accueil à Tamanrasset. Puis, ils sont transportés dans des camions en destination du Mali.

Madiassa Kaba Diakité/ Sidiki Dembélé

Source : aBamako

aBamako

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