Crise de confiance : où est passée l’unité nationale ?

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A Paris, des Maliens en colère ont pris d’assaut le Consulat de leur pays. Ils ont, après avoir été reçus par le Consul et son cabinet, exposé leur inquiétude par rapport à la rumeur qui est née aulendemain de la rencontre en des ministres maliens et Bert Koenders, ministre néerlandais des Affaires étrangères et envoyé de l’Union européenne au Mali.A Bamako, c’est bientôt deux semaines que cette histoire de prétendue signature d’un accord de réadmission des Maliens en situation irrégulière en Europe fait couler d’encre et de salive.Et pourtant, les autorités de Bamako qui ont pris le taureau par les cornes, se sont vastement investies pour préciser à plus d’un titre qu’aucun accord n’a été signé.Du ministre des Affaires étrangères au Premier ministre en passant par le Président de l’Assemblée nationale, tous ont martelé que les informations sur le sujet ne sont que des rumeurs savamment orchestrées. Juste pour nuire au pays, à sa nation, ses autorités et à sa stabilité.Il s’agissait, comme ils l’ont expliqué, d’un simple communiqué à l’image d’un procès-verbal, traditionnellement censé exister en pareille situation.Ce qui est regrettable dans cette affaire, c’est que, beaucoup de gens refusent d’admettre la version officielle des choses. Cependant, nos autorités sont aussi des personnalités maliennes qui n’ont aucun intérêt à ce que leurs concitoyens de l’Europe de quelque situation qu’ils soient, soient réadmis. Dans ses explications répétées, le ministre Abdoulaye Diop n’a cessé de demander à ceux qui soutient qu’un accord a été signé, le fassent sortir. Peine perdue.Le Premier ministre Modibo Keïta, de même, a tenu à rappeler que dans un accord, ce sont les parties qui s’engagent. Et, le Mali ne doit rien à personne, même à l’Europe, puisqu’il n’a rien signé.Il est évident que les manifestations pacifiques constituent un droit inaliénable. Et que chacun a droit à l’information capitale concernant sa nation. Par contre, l’image que certains donnent à notre pays ne ferait davantage qu’à nous maintenir dans unecrise qui n’a que trop duré.Dès cet instant, le Malien doit penser à sa propre image et s’engager dans une logique de dialogue franc et fraternel. Sinon aujourd’hui c’est le monde entier qui assiste à cette crise de confiance entre les fils d’un même pays de grande histoire. Par ailleurs, les Maliens d’où qu’ils soient, ont-ils pensé au fait que ce retard qu’ils accusent ne profite qu’à leurs ennemis ? Ont-ils au même titre, su que le Mali est un pays souverain auquel personne ne peut imposer sa loi sans son consentement ?
A qui voit juste, la méthode du refus d’accepter l’évidence, même officialisée, n’est pas à consolider l’unité nationale de notre pays.Et quoiqu’il en soit, seule la signature du Président de la République en personne vaut pour engager notre pays dans un accord ou tout autre traité.Il est donc temps que les Maliens passent à autre chose et acceptent surtout de s’écouter et de se parler comme un seul homme. C’est l’unique solution.C. Madiaré

Source : aBamako

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