Conseil Central de l’UNTM : Diagnostic sans Complaisance

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La journée du mardi 27 décembre 2016 aura marqué une étape historique dans le monde du travail de notre pays. L’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) était, en effet, en conclave à la Maison des Ainés. Occasion pour les membres du Bureau Exécutif dirigé par M. Yacouba Katilé, les délégués des Syndicats nationaux et des Unions Régionales, de se pencher sérieusement sur leurs forces et faiblesses. L’état des négociations avec les partenaires, le sort des revendications, les dysfonctionnements, les perspectives,… Bref, le diagnostic a été posé.

Le ton fut donné par le Secrétaire Général du Bureau Exécutif, M. Yacouba Katilé, dans son allocution d’ouverture des travaux du Conseil. Devant la centaine de délégués et de responsables présents, et après les salutations d’usage, Yacouba Katilé s’est réjoui de cette retrouvaille qui survient presqu’un an après celle du 1er décembre 2015. Laquelle avait donné mandat au Bureau Exécutif l’application des Accords d’octobre 2014. Sur ce, le Secrétaire Général dira que le Rapport mis à la disposition du Conseil Central en disait long. Auparavant, avait – il rappelé, le Bureau Exécutif en était encore à éteindre les différentes revendications.

A la question de savoir pourquoi il n’y avait pas eu dépôt de préavis de grève, Katilé a indiqué que la réponse se trouvait dans son Rapport d’activités, M. Katilé dira que depuis un an la presque totalité des structures étaient « restées muettes», «déconnectées de l’Exécutif ». Et mieux qu’il y avait « à coup sûr une rupture, un silence » qui étaient plutôt « paralysants ». Sur les structures de base mais aussi sur certains syndicats nationaux ne menant pas une « activité syndicale véritable ». Car, aux dires de Katilé, leurs « réunions s’espacent » et leurs revendications du coup sans perspectives de défense. Faisant le constat avec le Bureau Exécutif que les listes des différents bureaux étaient kilométriques, et que le travail d’administration, de fonctionnement des structures était inexistant, Yacouba Katilé souligna que l’on ne pouvait que privilégier la discussion, le dialogue, la négociation sur le langage syndical, le vrai qu’est la grève.

Ainsi, pour lui, « toute épreuve de grève d’une Centrale comme l’UNTM » devrait être « ressentie douloureusement par les pouvoirs publics. » Faute de quoi, s’empressa t – il de renchérir, « nous ne pouvions pas prendre le risque d’une aventure ». Il n’a pas manqué de faire mention des allégations tendancieuses relatives à la peur d’agir. A ce propos, Katilé a dit comprendre l’impatience de ses camarades.

Mais pour l’histoire, il souhaita que chaque structure exhibe ses réalisations dans le cadre de la sensibilisation, de la mobilisation sur des actions propres. Exceptions, Yacouba Katilé a salué de vive voix le Comité syndical de l’ORTM, le Syndicat National de la Santé, le personnel des Inspections du Travail, et quelques bureaux syndicaux des Mines et de la Géologie. Un autre aspect dans l’allocution du Secrétaire Général a attiré l’attention des observateurs. Il s’agit de la pléthore des revendications de tel ou tel syndicat. Souvent, parla t – il, leur total dépasserait la centaine.

Et que dans ce cas, les négociations s’éternisent ou sont bloquées. Aussi, fit – il savoir, des syndicats passet tout leur temps à passer à la Bourse du travail, siège de l’UNTM, pour des revendications relevant pourtant de leurs compétences. « Sur chacun fait son devoir, remplit sa mission, non seulement la foule derrière l’UNTM ne fera que grandir, mais le Bureau Exécutif sera intraitable dans ses relations et avec l’Etat, et ave le Patronat », dira t – il sous un tonnerre d’applaudissements.

En perspectives, il a demandé à ses camarades que cesse enfin la campagne commencée en 2013 pour l’exécution des tâches assignées par le Congrès et exigées par le Conseil Central. Autrement dit, rompre avec les pratiques du passé. Un langage de vérité qui rime avec la personnalité de l’homme.

Pour avancer, le Secrétaire Général a ainsi suggéré au Conseil de se pencher sur la relecture des Statuts et du Règlement Intérieur qui avait d’ailleurs été entamée. A l’adresse des participants, il dira « : On ne peut jamais dire que tout est parfait, mais des efforts ont été faits pour adapter nos structures au contexte du monde du travail. Votre apport permet sûrement d’apporter des améliorations. Mais, il s’agit avant tout de penser au bien, à l’équilibre de l’UNTM, et non de conforter des positionnements individuels ou groupusculaires. »

Bref, Yacouba Katilé a peint la situation générale devant ses camarades. Une peinture qui était loin d’être sombre mais qui avait pour but de susciter les débats, les « frémissements indispensables » à la volonté commue de « faire du syndicalisme autrement. »

Comme on l’a vu, le Conseil Central répondit aux attentes. Car, il fit un diagnostic sans complaisance de la vie de l’UNTM. De fortes résolutions furent adoptées. Par exemple, mandat est donné au Bureau Exécutif d’ouvrir ses portes et fenêtres aux associations professionnelles, à d’autres syndicats, en vue d’actions pour le bien des travailleuses et des travailleurs. Nous y reviendrons.

B. Koné

Conformément aux vœux du Conseil Central, le Congrès Extraordinaire du mercredi 28 décembre 2016 de l’UNTM aura inscrit ses travaux dans la dynamique d’un retour aux sources d’un vrai syndicalisme. Cérémonie d’ouverture des travaux, haut de couleurs, placées sous la présidence du Chef de Cabinet du Ministre du Travail et de la Fonction Publique, en présence du Maire de la Commune IV. Nous vous proposons en intégralité l’intervention du Secrétaire Général de l’UNTM, M. Yacouba Katilé.

Camarades Congressistes

Au nom des militantes et militants de l’UNTM à travers les quatre coins de la République, je voudrais remercier sincèrement nos illustres invités qui, en dépit de leurs nombreuses occupations, ont pris de leur temps, pour honorer notre Congrès extraordinaire de leur présence.

Cela nous rassure car c’est la preuve que quand il s’agit des travailleurs, et singulièrement de l’UNTM, l’Etat, le District de Bamako, la Commune IV sont mobilisés pour nous prêter une oreille attentive. De telles disponibilités augurent d’un dialogue social nourri des bonnes traditions de notre pays.

A ceux-ci, je voudrais associer les représentants des syndicats amis, à savoir le SYLIMAT, le SAM, le SNAC qui malgré des insuffisances notoires dans ce qu’on appelle le Partenariat, la solidarité, sont restés attentifs aux activités de l’UNTM. Comme j’ai eu à le dire au Conseil Central de 2015, nos succès sont sans conteste les leurs aussi, tant le travail collégial a été fécond dans la défense de nos revendications. Qu’ils en soient vivement félicités.

Mesdames, Messieurs,

Notre Congrès extraordinaire s’ouvre à un moment où des lueurs d’espoirs de paix éclaircissent l’horizon pour notre peuple. Plus la paix sera effective, la sécurité sera grande, et plus les travailleuses et les travailleurs militants de l’UNTM répondront présents au chantier du développement dans toutes les contrées du Nord.

C’est le lieu pour moi de saluer l’admirable courage du Secrétaire Général de l’Union Régionale des Syndicats de Kidal, victime des tirs intentionnellement dirigés sur lui, lors des tristes évènements de Mai 2015. Sa présence parmi nous à toutes les activités, malgré son handicap, est l’illustration la plus parfaite de l’amour patriotique, et de l’engagement syndical, qui animent les dirigeants et les membres de notre historique Centrale. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas passer sous silence ni rester insensibles à tout ce qui touche la Nation Malienne.

Les jeunes Maliens qui disparaissent dans les sables du Sahara et les flots de la Mer Méditerranée, ceux qui sont expulsés, même de certains pays voisins,
Les jeunes dans les écoles qui sont frustrés du droit élémentaire à l’instruction, à l’éducation, au savoir du fait des agissements pseudo – syndicalistes,
Les populations du Nord privées de confort du développement, victimes d’une collusion djihado – indépendantiste,
Les menées politiciennes, sourdes aux appels des forces vives de la Nation pour plus d’identité de vue, pour le plus grand bien des populations rurales, et urbaines ensuite qui n’ont jamais récolté à pleines mains les espoirs de l’indépendance, de la démocratie, de la République, campagnes, les routes toujours cahoteuses depuis la nuit des temps qui se pérennisent,
Les soins d’hygiène, de santé, de pharmacie qui sont de lointaines espérances évaporées à présent,
Les travailleurs, artisans anonymes des réalisations et des équilibres économiques, qui voient leurs salaires et leur revenus fondre comme beurre au soleil ardent, comme sont ardents les besoins de leur vie quotidienne, tout cela est regardé, analysé et angoisse les travailleurs prêts cependant, au terme d’un pacte social bien convenu de mener sans ambages, le syndicalisme de développement.
Mesdames, Messieurs,

Ces derniers temps, dans les relations extérieures, l’UNTM et le Mali ont été honorés sur le continent, le 12ème Congrès de l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine se tiendra à Bamako en mars 2017.

Cette ville, dont je salue encore le maire a été la terre natale après le RDA en 1946, de l’Union Syndicale Panafricaine où se sont illustrées des personnalités comme Mamadi Famadi Sissoko, Lazare Coulibaly, Mamadou N’Diaye, des pionniers de l’UNTM. Le choix donc de Bamako d’abriter le Sommet de tout le mouvement syndical continental, n’est qu’un juste retour des choses, retour qui a été judicieusement élaboré par le doyen Demba Diop.

Dans le monde, la Confédération Syndicale des Fonctionnaires de Turquie, a jeté son dévolu sur l’UNTM pour concevoir un syndical mondialisme où toutes les parties du monde, tous les pays sans discrimination aucune, pourraient se faire entendre, faire écho des lourdes déceptions de leurs peuples face à la politique de lessivage de leurs ressources par les puissants du monde.

Avec eux, nous avons imaginé un syndicalisme islamique, tout comme existe un syndicalisme chrétien qui ont des valeurs communes, mais elles sont écrasées par les puissances multinationales. Avec l’émergence de ce nouveau courant, nous multiplierons nos chances de ne plus être marginalisés sur la scène internationale. Dans quelques jours, seront accueillis à Bamako, nos camarades de Turquie pour sceller hermétiquement notre coopération.

Mesdames, Messieurs,

Comme en 2015 devant le Conseil Central, où j’ai félicité exceptionnellement la structure syndicale qui a été la plus dynamique, en cette année 2016, devant le Congrès extraordinaire, et n présence des autorités, je voudrais féliciter l’Union Régionale des Syndicats de Kayes.

Elle a régi à nos lettres circulaires, elle a réussi une grande mobilisation lorsqu’à la tête d’une délégation, je me suis rendu dans la 1ère Région. Elle est la seule, à nous avoir fait parvenir, soit par téléphone, soit par écrit des suggestions. Il y a quelques jours seulement, elle demandait que les festivités du 1er mai soient au centre de notre Rapport d’Activités.

Mais de concert avec les autorités, nous souhaiterions aller plus loin dans la célébration du 1er mai. Il faut que ce jour hautement symbolique soit aussi un début de solutions partagées des grands problèmes de la Nation et des travailleurs. Les jours prochains, nous entrerons en contact avec Madame la Ministre du Travail, de la Fonction Publique Chargée des Relations avec les Installations pour exposer nos réflexions et espérer ses appuis ainsi que ceux du patronat, du Gouvernement, du Maire du District de Bamako, de tous les maires, de tous les gouverneurs du pays.

Bien que je ne sois pas la voix autorisée à souhaiter la bienvenue à Bamako, aux camarades des Régions, car, il est là, Monsieur le Maire du District de Bamako, je voudrais tout de même souhaiter la bienvenue au Congrès extraordinaire, et souhaiter pleins succès à nos travaux.

Yacouba KATILE

Chevalier de l’Ordre National

Source : aBamako

aBamako

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