Mara face à la presse lacole à GAO: Des sujets d’intérêt national débattus

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L’ancien Premier ministre Moussa Mara était le 1er janvier face à la presse locale de Gao. Tous les sujets brulants de l’heure ont été évoqués, notamment, le processus de paix, sa visite à Kidal, les élections communales, l’accord de réadmission signé ou non signé entre le Mali et l’Union Européenne, son départ de la primature, la question d’ATT et l’affaire Sanogo.
C’est le Motel des Askia de Gao samedi 1er janvier qui a servi de cadre pour la toute première conférence de presse de Moussa Mara au titre de 2017. Selon M. Mara, cette visite entre dans deux cadres. Il s’agit de ses déplacements à l’intérieur et l’extérieur pour aller au contact des maliens où ils vivent afin d’échanger avec eux sur leurs conditions de vie et échanger avec les hommes de médias sur la sortie de crise, la mise en œuvre de l’accord et de l’insécurité sous-jacente. La rencontre a permis au président du Yelema d’aborder avec la presse de la région des sujets d’intérêt national et international, tels que le processus, sa visite à Kidal, les élections communales, l’accord signé ou non signé entre le Mali et l’Union Européenne, sur son départ de la primature, sur la question d’ATT et l’affaire Sanogo.
Sur la question du processus de paix, l’ex-Premier ministre Moussa Mara dira que l’accord signé en 2015 a été négocié en grande partie quand il était Premier ministre. « C’est pourquoi depuis la signature de cet accord jusqu’à aujourd’hui je suis l’un des premiers des principaux défenseurs de l’accord de paix. J’estime que cet accord est non seulement un bon accord, mais c’est un accord qui peut nous aider à notre vrai objectif : c’est la refondation de l’Etat malien ». Mara dit se mettre à la disposition de la justice tout en donnant quelques détails. « Le parlement n’a pas suivi la commission d’enquête parlementaire. La commission d’enquête parlementaire était clairement pour une mise en accusation de l’ancien ministre de la défense, de l’ancien chef d’état-major général des armées et de moi-même par rapport à cette situation ». Concernant les élections du 20 novembre Mara dira que Yelema en 2015 faisait partie de rares partis à soutenir la tenue de ce scrutin. « La mise en œuvre de l’accord de paix nécessite que nous ayons de collectivités légitimes. Parce que l’accord de paix est un accord de décentralisation. C’est un accord qui va donner du poids aux collectivités locales. Qui va donner de la responsabilité aux collectivités locales. Est-ce que vous imaginez qu’on peut
à un moment déterminé s’engager à donner de pouvoirs à des élus qui n’étaient pas légitimes ? Des moyens à des élus qui n’étaient pas légitimes ? ». Sur la question des maliens en situation irrégulière au niveau de l’Union Européenne, l’ex-PM dira qu’en termes de communication le gouvernement a commis une petite erreur. « Généralement les communiqués conjoints, on ne montre pas la cérémonie de signature. On publie simplement le communiqué. Après il y a un journaliste qui vient à la télé pour le lire ou bien quelqu’un le lit ». Pour ce qui concerne ses relations avec IBK, Moussa est clair. « Je suis constant. Maintenant le président prend les décisions qui lui semblent appropriées. Je suis constant, parce que j’ai avec d’autres soutenu le président au deuxième tour de l’élection présidentielle et nous nous sommes engagés dans l’accompagnement. Nous n’avons rien demandé en contrepartie. Rien ! Moi j’ai jamais cherché à être ni ministre ni premier ministre. On me l’a proposé. Et donc quand j’ai quitté le poste de premier ministre j’ai affirmé au chef de l’Etat mon soutien en disant on t’accompagne. Parce qu’on a décidé de te soutenir sans contrepartie. Pour simplement que le pays s’en sorte et on estime qu’il y a de choses qui peuvent être faites d’ici la fin du mandat. Donc on accompagne. C’est pourquoi on est dans la majorité même si beaucoup de gens dans la majorité voudrait nous voir dans l’opposition. On est dans la majorité et Inchallou on continuera d’être dans la majorité. C’est la décision du parti. Donc quand j’ai quitté la primature je suis resté dans cette optique en disant que je suis disponible si je peux donner des notes, je peux donner des avis. J’ai sollicité à rencontrer le président pour lui parler de certaines opinions. Donc je reste toujours sur cette position. Maintenant, c’est le président qui décide de fixer le tempo de nos relations. Celui qui décide de me recevoir quand il veut ou de ne pas me recevoir. Celui qui décide de prendre mes notes ou de ne pas les prendre. Celui qui décide. Donc à la matière moi je suis constant. S’il y a une détérioration de nos relations ça ne sera jamais de mon côté de mon fait. Je reste constant jusqu’à la fin du mandat. On soutient le président jusqu’à la fin du mandat. Maintenant le soutenir jusqu’à la fin du mandat ne veut en rien dire le soutenir pour le renouvellement de ce mandat. C’est deux choses différentes ». L’ex-PM tout en se réjouissant de l’abandon de poursuites contre ATT, pense qu’il a toujours un mot à dire dans le processus de paix et réconciliation. « Je pense que le président ATT peut être utile au Mali aujourd’hui dans tout ce processus de réconciliation nationale, et je trouve d’ailleurs dommage qu’un pays qui a 4 anciens chefs d’Etat, se serait dommage de se priver de ces 4 anciens présidents de la République dans le processus de réconciliation nationale. Et l’Etat devrait pouvoir se baser un peu sur eux pour amener les maliens à s’entendre. Chacun d’entre eux a un grand soutien dans la population. Donc a une influence aujourd’hui. Cette influence devrait pouvoir être exercée positivement. Donc à la matière je pense qu’ATT peut jouer un rôle ».
Moussa Ousmane Touré
La Lettre du Mali du mercredi 4 janvier 2017

Source : aBamako

aBamako

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