Coopération franco-africaine : Une relation multiple et complexe

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La relation franco-transsaharienne remonte depuis les années 1880. Elle a d’abord pris forme dans les milieux républicaines avant de se propager aux milieux économiques. Après la une longue période de colonisation, cette partie de l’Afrique va commencer son émancipation à partir de l’adoption de la loi Defferre en 1956. Pour la petite histoire,

La loi n° 56-619 du 23 juin 1956, dite loi-cadre Defferre. Elle a autorisé le gouvernement français à mettre en œuvre les réformes et à prendre les mesures propres à assurer l’évolution des territoires relevant du ministère de la France d’outre-mer. Elle fut adoptée sur l’initiative de Gaston Defferre, ministre français d’outre-mer et maire de Marseille et Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire et maire d’Abidjan.

On l’appelle « loi-cadre » car elle habilite le gouvernement à statuer par décret dans un domaine réservé en principe à la loi.

Elle crée dans les territoires d’outre-mer des Conseils de gouvernement élus au suffrage universel, ce qui permet au pouvoir exécutif local d’être plus autonome vis-à-vis de la métropole. Elle crée aussi le collège électoral unique alors que jusque-là les habitants étaient répartis en deux collèges, selon leur statut civil (de droit commun ou de droit local). Toutefois le mode de scrutin reste défavorable aux habitants locaux, selon une frange des responsables politiques : Senghor par exemple dénonce le caractère “balkanisateur” de cette loi qui maintient la dispersion des territoires et douche tous les espoirs panafricanistes ou simplement de réalisation de la communauté noire1.

La loi-cadre sera complétée par plusieurs décrets d’application concernant les territoires d’outre-mer. Le décret pour le territoire des Comores publié le 22 juillet 1957. Elle ne s’applique pas à l’Algérie française, qui relève du ministère de l’intérieur, où le double collège, défavorable aux indigènes, est supprimé en 1958.

Cette loi a permis presque aux anciennes colonies de la France d’accéder à l’indépendance dans les années 1960. Après cette période très mouvementée des relations franco-africaines, on peut considérer que l’essentiel a été conservé. La conférence d’Accra en décembre 1958 est à cet égard un témoignage historique, car, elle aura posé l’inaliénabilité des frontières africaines. Même si quelque part elle a conservée son coté incohérence.

Il faut dire le concept de coopération est devenu le nouveau cadre d’appréhension des relations entre la France et ses anciennes colonies sous la république gaullienne.

En France, dans un premier temps, c’est le président de la République lui-même qui se chargeait de cette question. Et, le conseiller du président chargé de la coopération était le très controversé Jacques Foccart.

Depuis cette époque, la France prône en Afrique, une politique de réseaux basée sur la (Franc-maçonerie) et de clientélisme à la discrétion du presque seul président de la République. Celle-ci a été perçue en Afrique notamment dans certains milieux intellectuels conservateurs comme le néocolonialisme.

Aujourd’hui, malgré que le domaine a été confié à un ministère des Affaires étrangères, cette politique, si elle a changé de forme n’a pas bougé dans le fond. Car elle s’appuie toujours sur le système de réseau miné par la corruption et les détournements de fonds. Cette foi ci, il prospère de façon discrète avec les chefs d’Etats africains.

Dans ce système, deux grands noms font figure de proue en France. Il s’agit de Charles Pasqua, et Jean Christophe Mitterrand. Le premier s’appuie sur les anciens réseaux gaulliste, pendant que le second, ancien de l’Elysée sur les relations avec les pays africains, se servait du réseau socialiste. Les deux personnalités ne partagent que la spécialisation dans la vente d’armes particulièrement en Afrique.

De nos jours avec l’arrivée de plus en plus sur la sphère politique française d’une nouvelle génération de politicien et l’éveil des esprits au niveau des pays africains, ainsi que l’intérêt dont les Chinois et d’autres contrés riches du monde manifestent pour le continent, on constate un changement positif de la politique de coopération. Elle tend plus vers une relation de dialogue que de force.

Mohamed Naman Keita

Source : aBamako

aBamako

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