Consommation du « Najini » : Les revers du « bon » goût

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Poulets cancérigènes, farines périmées ou huile frelatée, les Maliens sont malades de leur alimentation. Le « Najini », aussi, à ajouter à la liste ?

Curieuse coïncidence, depuis deux, trois décennies, les Maliens consomment ces cubes de « Najini », nuit et jour. Et depuis, la santé est de plus en plus précaire dans ce pays. Des maladies jusque-là inconnues sont devenues monnaie courante (« tension », diabète, constipation, gastrite et ulcère d’estomac, hémorroïde (ou  « kôkô ») et même le cancer de l’estomac, etc.).

Certes, le « Najini » n’explique pas tout, mais il est sur le banc des accusés. Les femmes en sont folles, les hommes le détestent. Tous en sont probablement affectés… surtout ceux qui recèlent un terrain favorable.

Nous avons un cas concret de lien établi entre maux d’estomac et « cube ». Il nous est fourni par une épouse qui a éradiqué le mal de son mari qui souffrait chroniquement de maux de ventre causés par la gastrite. Il s’agit de Mme W. N.K, toubib de son état et médecin-chef d’un CESCOM de la capitale. Les soins médicaux n’ont servi à rien pour soulager son mari, alors, elle a fini par avoir l’idée de supprimer le « Najini » de sa cuisine. Depuis, plus aucun problème de gastrite chez son époux. Mme W. explique le problème par la présence des épices, notamment le poivre, dans le fameux cube.

Tout le monde est aujourd’hui sujet à une forme ou une autre infection dénommée communément par le terme générique d’« estomac » ; les épices en sont responsables. Les médecins tiennent à rappeler que le tube digestif commence de la bouche jusqu’à l’anus. Que les épices, surtout le poivre, jouent sur toute cette étendue digestive et peuvent provoquer sur leur passage des problèmes variés tels que les otites, les maux de gorge, l’œsophagite, l’ulcère gastro-duodénal , la gastrite, la gastralgie, la colopathie, diverses formes d’hémorroïde, etc.

La dame Diarra a raison de souligner, qu’en dehors des cubes « Najini », les gens consomment des épices. Mais, combien sommes-nous à savoir que le « Najini » contient du poivre ?

Le problème se pose pareillement pour le sucre par rapport aux diabétiques. Mais, avant toute chose, quelle est la variété de sucre contenue dans le fameux cube ? La question est posée par ce docteur qui s’occupe de santé publique à Bamako. Il fait remarquer que tout sucre n’est pas nocif pour un diabétique ; que c’est surtout la saccharose qui est en question ; sucre que nous consommons tous les jours dans le thé, le café, etc. Et, c’est ce même sucre que l’on retrouve dans le « Najini », le même qui est interdit par les médecins aux diabétiques. Les spécialistes, se rejoignent pour poser le problème en terme de quantité.

On semble cependant ne pas savoir exactement la quantité de sucre contenue dans une tablette de « Najini » de 10 grammes. Cela avoisinerait le 1%. Personne ne sait, avec précision, la quantité de « Najini », donc de sucre, consommée en moyenne par jour et par personne dans ce pays. Et les diabétiques ne savent pas non plus, qu’à longueur de journée, ils consomment du sucre dans leurs aliments, à leur insu. Mais, il est vrai aussi, selon les indications de ce médecin, que le sucre n’est pas la seule cause du diabète. L’hérédité ou la sédentarité joueraient aussi un rôle.

La question est sensiblement différente en ce qui concerne le sel. Le grand public ne sait pas qu’une tablette de 10 grammes de Maggi est constituée à 46% de sel. Mais la ménagère, l’utilise sciemment pour saler sa cuisine. D’où le double emploi de sel qui expose à la surdose et donc à l’hypertension artérielle et aux autres maladies cardio-vasculaires.

Quoi qu’il en soit, ces produits culinaires pré-cuits posent problème. Une majorité de l’opinion suspecte le « Najini » de receler « on ne sait quoi ». Le bruit va jusqu’à courir que l’utilisation du produit est formellement interdite dans la propre famille d’un célèbre vendeur du « Najini ». Il y a donc du travail à faire dans deux grandes directions dans le domaine :

Il faut alors d’une part, déterminer, de par sa nature et sa composition, si le « Najini » constitue ou non un enjeu de santé publique et d’autre part, faire de la sensibilisation et de la communication sur le sujet !

Il y va de la première richesse des Maliens, leur santé, et les fabricants du « Najini » ne sont pas les seuls concernés par ce travail. La santé n’a pas de prix, n’est-ce pas ?

A. Tall


Source : Maliweb

Maliweb

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