Le Sommet Afrique-France pour l’émergence, la paix et la sécurité : Des mesures sécuritaires exceptionnelles

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Déjà, dans la foulée de la grande messe de coopération multilatérale, le sommet de Bamako est parmi les plus sécurisés des sommets franco-africains ; depuis celui dit de La Baule, en 1990, sous François Mitterrand. Depuis son annonce accueillie avec ferveur et sursaut patriotique inégalé, l’organisation à Bamako du sommet Afrique -France fut un plein succès tant du côté social, technique et logistique que sécuritaire.

Ce dernier sur lequel les avis étaient beaucoup divergés du fait de la crise épouvantable et sécuritaire a été le joyau commun de toutes les causes. Ainsi, comme un seul Homme, le Peuple mobilisé unanimement derrière le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta, l’aspect ‘‘dispositifs sécuritaires’’ s’est inscrit vif dans la dynamique d’unité et de fraternité pour mettre hors d’état de nuire les ennemis de la paix et de la cohésion nationale.

Ce sommet, comme son nom et ses thématiques en témoignent, a fait l’unanimité au sein de toutes les couches sociale, de toute la population civile et des acteurs politiques. Si mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ; les interpréter mal aussi serait d’en aggraver les conséquences.

Aussi, des interpellations les plus défaitistes avaient fait des allégations par rapport à la tenue de ce sommet qu’ils ont trouvé opportune aux desiderata de la crise sécuritaire qui sévit dans le pays profond depuis 2012. Les autorités maliennes, comme à l’accoutumée, ont doublé la mise côté sécurité et pour un bon déroulement du rendez-vous continental avec la France, un sérieux dispositif sécuritaire a été mis en place.

La communication fut la première mesure envisagée par le Comité d’Organisation du Sommet Afrique-France (CNOSAF). Une large diffusion fut d’abord faite autour de la rencontre. Les acteurs chargés de la sécurisation de l’ensemble des Maliens en général et des hôtes du sommet en particulier ont été à hauteur de souhaits. Ils ont associé à tous les niveaux les populations de la capitale.

Dans la même logique et au regard de l’impasse sécuritaire qui avait infecté la sphère sociopolitique malienne, les plus hautes autorités de notre pays n’ont pas lésiné sur les moyens appropriés. Ainsi, la mise en place des dispositifs sécuritaires modernes ont permis à minimiser les risques ; contrairement, donc, à certaines allégations par les mauvaises langues.

Le Ministère de la Sécurité et celui de la Défense ont mis le paquet et cela à hauteur de souhaits pour donner à ce rendez-vous continental et multidimensionnel toute sa lettre de noblesse comme on peut le voir sous autres cieux. Une large contribution de la MINUSMA, des forces françaises de la sécurité et de Barkhane fait du sommet de Bamako l’un des plus sécurisés depuis celui de La Baule tenu, le 20 Juin 1990.

Comme une preuve de l’engagement sans faille des hautes autorités maliennes pour la réussite des activités du sommet et l’assurance à donner aux participants, le Ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile du Mali, Général Salif Traoré, et l’Ambassadeur de la France chargé de l’organisation du sommet de Bamako pour la paix et la sécurité, Frédéric Clavier, donnent toute l’assurance que le défi sécuritaire sera relevé.

Dans un succinct exposé, le Ministre de l’Intérieur et de la Protection civile a mis en exergue les dispositions déjà prises et l’ensemble des moyens mis à leur disposition par les plus hautes autorités. E M. Clavier de préciser que plus de 35 Chefs d’Etat avaient bel et bien confirmé leur déplacement effectif de Bamako.

Absolue hausse du niveau de sécurité

Vu tout l’enjeu d’excitation sociale et l’engouement populaire que peut susciter une rencontre internationale réunissant les sommités africaines et française de ce genre, surtout dans un pays en état de convalescence d’une crise multidimensionnelle, il est indispensable de mobiliser toutes les ressources humaines et les moyens matériels nécessaires et logistiques. Et, aux dires du Général Traoré, « Tout est fin prêt pour accueillir les distingués hôtes du Mali et très, très raisonnablement, nous pouvons dire que nous sommes prêts».

«Plus de 10.000 hommes sont mobilisés pour la couverture sécuritaire dont 700 pour la sécurité des hautes personnalités », a-t-il rassuré. Il y a un appui conséquent de l’armée et des forces françaises. Ce qui est toujours bénéfique. Les simulations ont eu lieu ; maintenant, durant le sommet, c’est la vigilance qui est de mise.

Au moins, six sessions de formation ont été effectuées pour renforcer les capacités des hommes sur le terrain. Le plan d’ensemble de la sécurité pour le sommet est parfait ; car, tous les points sensibles sont, durant ce sommet, totalement couverts en l’occurrence les grandes artères, les ponts et chaussées, l’aéroport, le parcours du fleuve ‘’Niger’’, les sites du sommet, le CICB, les maisons d’hôtes, etc.

Aussi, des hélicoptères de la MINUSMA jumelés à ceux du Mali, couvriront les cieux de la capitale et environs pour vite intervenir au besoin. L’Ambassadeur français dira que la confirmation de leur présence au sommet par autant de Chefs d’Etat est déjà une satisfaction morale dans le contexte actuel. Il a espéré avec satisfaction : « Nous voulons que ce sommet soit populaire. En plus de l’aspect de sommet des Chefs d’Etat, il faudrait qu’il soit aussi celui de la population. »

Le sommet du peuple

Beaucoup d’activités culturelles jalonnant le sommet se tiendront en marge et toutes les dispositions prises pour leur donner tout l’éclat qu’elles méritent. Les derniers soins seront donnés à temps opportun et la coordination entre les forces de sécurité et le protocole est au beau fixe. Et, de ce fait, la journée d’aujourd’hui, Vendredi, sera chômée pour permettre une fluidité des actions.

Afin de donner plus de lisibilité aux actions entreprises dans la sécurisation du dudit événement, une nouvelle cartographie de mobilité a été dessinée à l’intention des populations sur place. Ce qui donnera plus de perceptibilité, de fluidité aux différents mouvements que les cortèges des hôtes devront effectués. Un tel dispositif n’est pas facilement applicable sans l’adhésion des populations.

Alors le Commandant de la Compagnie de la Circulation Routière (CCR), le Commissaire principal Abdoulaye Coulibaly, a eu à exposer, à la faveur d’un point de presse, son plan de circulation dans le District de Bamako durant ce sommet. Ce plan concerne les principaux axes routiers qui seront fermés et il a fait objet d’adhésion de tous.

Seront coupés au public la voie de l’Aéroport international Modibo Kéïta de Sénou au Monument Kwamé Nkrumah (à Hamdallaye ACI 2000). Celle de la Place de l’Indépendance à la Bourse du Travail aussi sera exempte d’accès à la population. Sont également concernées les trajets Brigade Fluviale-CICB et Saint Marta-Place de l’Indépendance et du Gondole à la Place de l’Indépendance et l’ex-Ministère des Finances.

Nouveaux axes de circulation

Ainsi, la circulation est actuellement coordonnée comme suit à Bamako pour les usagers qui, malgré tout, doivent pouvoir vaquer à leurs occupations quotidiennes. Les Habitants des quartiers de Sabalibougou, Kalaban-Coura et autres pourront traverser la route de l’aéroport par sa largeur au niveau des 30 mètres pour la Tour d’Afrique pour aller vers Daoudabougou et l’hôtel Olympe.

Quant aux usagers de Bacodjicoroni, Torokorobougou, Quartier-Mali, etc., ils pourront emprunter la voie qui mène sous l’échangeur du Quartier-Mali en passant par l’ex-Commissariat de police du 4e Arrondissement, le Restaurant Amandine pour accéder au Pont des martyrs.

Ceux qui viennent de Sébénicoro, Djicoroni-Para, et autres, seront déviés à l’angle de l’Ecole de maintien de la paix pour continuer vers Hamdallaye ACI 2000.

Arrivés au niveau du monument Kwamé Nkrumah de Hamdallaye, les usagers se dirigeront vers le Rond-point Eléphant d’Hamdallaye.

Ceux qui vont de l’Hôtel Kempensky pour la Brigade fluviale seront déviés vers le Lycée Notre Dame du Niger en passant devant l’école Mamadou Konaté, au Quartier du Fleuve.

Ces mesures seront mises en exécution à partir du 12 janvier, à 00H, et, ce, jusqu’au 15 janvier à 00H. Alors, il est recommandé à tous les citoyens de tenir en compte de certaines mesures lors de leurs déplacements pendant la période du sommet pour des raisons de sécurité afin d’anticiper ou éviter tout désagrément lors de la tenue du sommet.

Chacun doit avoir constamment sur soi ses pièces d’identité (cartes d’identité, passeport, badge…) pour faire face à d’éventuels contrôles de routine par les forces de sécurité. Il faudra également éviter d’emprunter des itinéraires alternatifs pour les déplacements et éviter les déplacements non essentiels aux alentours des lieux qui abritent les participants au somment et le CICB.

Eviter les endroits fréquentés par les Chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que les missions diplomatiques mais une dérogation sera faite aux citernes uniquement dans un souci d’approvisionner régulièrement leurs stations en carburant et cela de 00 à 5 Heures du matin.

Aux dires du Commandant de la CCR, le Mali est un pays de dignité et de valeurs ancestrales fortement ancrées qu’il convient de préserver. C’est pourquoi chacun doit rester mobilisé pour relever ce défi pour l’honneur du pays. Pour ce faire, rien ne sera de trop pour mettre le Mali aux firmaments des nations.

La CCR va déployer 500 policiers pour contrôler et rendre beaucoup plus fluide la circulation. Ainsi, elle a demandé aux usagers le respect du code de la route, des consignes et des dispositions données par les agents, cela dans la plus grande courtoisie.

La criminalité informatique contrôlée

Aucun aspect n’est négligé dans la couverture sécuritaire du sommet. Bamako vibre désormais avec les vidéos de surveillance et des caméras sophistiquées partout dans la ville (lieux publics, points stratégiques, grands carrefours, …).

De l’aéroport au centre-ville, en passant par les différents sites et les grandes artères, des caméras sont fixées de part et d’autre pour ne pas perdre de vue. Les choses ont beaucoup avancé quant à l’équipement adéquat des points stratégiques et sensibles de la ville.

Le District de Bamako est déjà doté d’une Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) qui est chargée de d’enrayer toute atteinte liée aux technologies de l’information et de la communication par des investigations. La PLCC est doublée d’un Laboratoire de criminalistique numérique (LCN) dont le rôle est la formation de nos forces de sécurité aux techniques d’extraction, de révélation et d’analyse des données numériques et biométriques de tout type pour appuyer les spécialistes de l’investigation criminelle au Mali.

Une initiative saluée par nos forces de défense et de sécurité qui tiennent désormais à relever tous les défis liés à ces genres d’actions et de prévenir toute tentative de violation des principes dument établis en la matière.

On prévoit aussi d’installer ces types de caméras sur toutes les grandes constructions, de façon à permettre, depuis le Centre de commandement central de Bamako et des centres de commandement secondaires dans les Régions, de gérer nous-mêmes notre sécurité.

Par de tels équipements de pointe, nos forces armées et de sécurité pourraient ainsi, à distance, renforcer leur système de renseignement, réguler la sécurité publique, le trafic, la gestion automatique des infractions et la reconnaissance des Hommes et des plaques minéralogiques.

Bamako à portée de vue

La réalisation des vidéos de protection urbaine de Bamako a déjà planté ses décors ; car, les caméras sont un peu partout à travers la ville. Ce projet fut financé à plus de 20 milliards de nos francs à travers la société chinoise HUAWEI et son partenaire financier, la CHINA EXIMBANK, la Banque Import-export de Chine.

Aussi, l’entreprise citoyenne Malitel qui a, de tout temps, soutenu les grands rendez-vous nationaux, vient de mobiliser ses grandes ressources pour donner à l’événement toute sa splendeur à souhait. Elle a procédé à un renforcement de ses infrastructures sur tous les sites afin d’assurer une meilleure couverture médiatique du sommet de Bamako avec toutes les commodités requises dont elle sait faire siennes.

Tous ces dispositifs doivent servir à plus de maitrise de l’objectif principal des agents de sécurité et de défense : la sauvegarde et la survie des participants. Ainsi, couverture médiatique homologue avec celle sécuritaire comme nous l’annoncions au début de notre sujet que l’objectif premier de la sécurité reste l’information et rien de cela n’est laissé au hasard.

C’est dans ce cadre que le Ministre de l’Economie Numérique et des Télécommunications, Me Mountaga Tall, a réuni, le vendredi 6 janvier dernier, dans la salle de réunions de l’AGETIC, les Responsables des services SOTELMA-Malitel, Orange-Mali, l’Agetic et l’ORTM pour s’assurer de la bonne mise en œuvre des dispositions prises en matière de communication.

Une collaboration entre toutes les entités

« Il nous appartient donc à tout un chacun de veiller à ce que la tenue du sommet se fasse au mieux », avait laissé entendre Me Tall.

Ainsi, le Secrétaire Général du département Sidi Mohamed Dembélé, a dit qu’au « niveau de l’ORTM où nous devrions installer une liaison entre l’aéroport et le site du sommet et du site du sommet à la salle des banquets, à Koulouba, cette liaison aussi est disponible et l’ORTM pourra, dans de très bonnes conditions, donner des images en haute définition de ce sommet ».

A lui de poursuivre que l’opérateur a été sollicité pour mettre en place une liaison pour permettre à la cellule d’accréditation au niveau du Palais des sports de pouvoir faire les accréditations. « Ensuite, nous avons apporté des connexions internet au niveau des villas et au niveau des hôtels qui sont retenus et renforcé la capacité de nos infrastructures sur tous les sites qui vont accueillir les hôtes du sommet », a-t-il ajouté.

De son côté, le Directeur Général de l’Agetic, Hamed Salif Camara, expliquera que les gros moyens sont déjà déployés pour renforcer la capacité de maintenance de vidéo surveillance de la ville de Bamako. «Une équipe travaille 24 sur 24 pour aider les forces de sécurité à surveiller la ville. En outre, nous avons également renforcé nos capacités internet. Nous envisageons de donner internet gratuitement dans toute la zone du sommet ; c’est-à-dire, de l’aéroport jusqu’au site d’hébergement. L’internet sera en tout cas gratuit pendant la période du sommet et pourquoi pas au-delà ».

Les caméras de surveillance partout

Les travaux de la nouvelle aérogare de Bamako est prête pour accueillir les Chefs d’Etat et de gouvernements attendus au sommet Afrique-France. Le jeudi 4 août passé, Abdoullah Coulibaly, le Président du Comité d’organisation qui avait visité le chantier de l’aérogare et s’était dit soulagé de constater que d’énormes progrès ont y été réalisés dans les travaux.

Aujourd’hui, la nouvelle aérogare est une infrastructure moderne répondant aux critères internationaux requis avec des terminaux et des pavillons luxueux. Les questions de sécurité qui étaient au cœur de la visite du Président du Comité d’organisation du sommet Afrique-France sont prises au sérieux, selon les ingénieurs qui travaillaient sur le chantier.

Des caméras de surveillance dont certaines peuvent identifier des cibles à 200 mètres ont été installées autour et dans l’enceinte de l’aérogare. Les commodités comme les annonces par haut-parleurs, le système de vidéosurveillance interne et les alarmes sont parfaitement fonctionnelles. Aussi, des centres de santé et des dispositifs d’évacuation sont fin prêts.

Comme on le voit, ainsi, rien n’a échappé à la perfection des organisateurs et surtout des services de sécurité. C’est pourquoi les services de l’EDM ont pris des dispositions qui s’imposent afin de parer à d’éventuelles coupures d’électricité qui pourront survenir au cours des événements. C’est pourquoi, l’EDM a renforcé son dispositif par d’autres groupes électrogènes surtout au niveau de l’aéroport.

À la vue des dispositifs sécuritaires mobilisés pour le sommet, on est tenté de dire que l’édition malienne de 2017 du présent Sommet sera l’une des plus réussies en termes de sécurité et de sureté.

Sinaly M DAOU

Source : aBamako

aBamako

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