Mali: le risque de l’enlisement

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Faute d'avoir pu frapper le sommet Afrique-France à Bamako où les mesures de sécurité étaient dissuasives, les jihadistes s'en sont pris à l'un des groupes signataires des accords d'Alger. Le nombre élevé de victimes est un défi aux forces françaises encore présentes à Gao (1.500 hommes) alors que le dispositif Barkhane, soit 4.000 hommes, rayonne sur toute la zone avec pour épicentre N'Djaména, la capitale tchadienne. Alors qu'une certaine insécurité règne au centre du Mali avec la multiplication des IED (engins explosifs improvisés), cet attentat kamikaze vise à montrer que les jihadistes peuvent frapper où ils veulent, au risque de compromettre les patrouilles mixtes franco-maliennes. Lesquelles ont pour but de réintégrer les groupes rebelles dans l'armée régulière. Le processus est néanmoins laborieux dans la mesure où il passe par un règlement politique associant touaregs, toubous et peuls pour lequel le président Ibrahim Boubacar Keïta, peu désireux de partager le pouvoir et les richesses, traîne obstinément les pieds. François Hollande s'est peut-être réjoui un peu vite que le Mali ait retrouvé son intégrité territoriale. Le risque de toute occupation étrangère n'est-il pas l'enlisement ?


Source : Africatime

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