Haro sur la zone aéroportuaire : Le maire du District Adama Sangaré et la chefferie traditionnelle de Faladié indexés

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L’opération Ami Kane a donné du travail à des spéculateurs fonciers qui sont en train d’arnaquer des acheteurs incrédules qui ne se soucient de rien, quand bien même qu’ils savent que la zone aéroportuaire ne peut être vendue à des particuliers. Ces riches acquéreurs se soucient peu du risque d’expropriation qu’ils en courent.
Chez Adama Sangaré, il est clair qu’il n’y a pas de place pour les moins nantis encore moins les pauvres. Probablement, à la seule condition que ceux-ci soient des mendiants faisant en permanence le pied de grue devant la porte de sa maison ou de son Bureau. Sinon, il n’est pas question de leur faire de la place pour qu’ils travaillent honnêtement et gagner dignement leur vie. De tout le temps qu’il est maire, depuis 1997 jusqu’à maintenant, l’édile de la capitale ne sait faire que de la vente des terres, notamment agricoles appartenant à des pauvres exploitants de Samè, Missabougou et maintenant de Faladiè, pour ne citer que ces quartiers. Vendre tous les espaces libres y compris les points de stationnement des véhicules des usagers au point de faire disparaître les bouches d’incendies et surtout qu’il n’y ait plus de passage pour les secours, comme les Sapeurs pompiers. Au Grand Marché de Bamako, c’est encore lui. Transformer les dessous des collecteurs avec les risques d’inondation que cela peut entrainer à Bamako, c’est encore lui. Bref Adama Sangaré est le pire maire que la capitale ait eu depuis l’époque de Modibo Kéïta.
Ses agissements à la tête de la mairie du District lui ont valu un moment la colère noire d’une partie de la jeunesse de la commune IV. Qui avait fini par former un mouvement de protestation contre sa gestion opaque des terres de la commune, notamment celles qui devraient être ajoutées au cimetière de Lafiabougou, dont une partie a été morcelée et vendue à des gros bonnets du régime d’alors. En son temps, même le gouverneur Ibrahima Féfé Koné, son ministre, Kafougouna Koné et la famille présidentielle d’alors avaient pris leur part de grade dans cette scandaleuse affaire. Est-il besoin de rappeler que ce sont les manifestations de colère de la jeunesse de la commune IV qui ont été les éléments déclencheurs des mouvements de protestation contre le régime d’Amadou Toumani Touré. Qui ont fini par l’emporter en mars 2012 à la suite d’un mouvement insurrectionnel porté par les militaires du Camp Soundiata de Kati avec, à leur tête, un certain capitaine Amadou Haya Sanogo. La révolte des jeunes de la Commune IV avait donné des idées et du courage à des femmes et enfants des militaires de Kati et de Bamako, qui étaient en colère contre ATT à cause de sa méthode de gestion de la crise du Nord.
Ainsi, après les périodes de brouille avec le régime d’IBK, suite à des actions judicaires entamées contre lui par le ministre de la Justice d’alors, un certain Mohamed Aly Bathily, qui se trouve être ministre des Domaines aujourd’hui, le maire du District aurait-il repris du service ? En tout cas, son nom est fortement cité dans le bradage actuel du patrimoine foncier de la capitale avec la complicité de certaines chefferies locales, avides d’argents faciles. Or, ce qu’on ne dit pas assez, c’est que cette situation priverait Bamako de terrain de culture, notamment pour les maraichers. Qui sont contraint au chômage. Du coup, l’équilibre alimentaire de la population de la capitale est rompu et la pauvreté urbaine s’amplifie avec des risques de multiplication des délinquants et l’aggravation de l’insécurité citadine. Qui peut alors en vouloir aux enfants des maraîchers contraints au chômage du fait de la boulimie d’argent des maires? Il ne s’agit pas d’inciter les jeunes désœuvrés au vagabondage, mais de mettre les décideurs devant leur responsabilité.
En près de 57 ans d’indépendance de notre pays, les maires qui se réclament de la démocratie, notamment de Bamako et environnants ont vendu plus de terres que les deux régimes précédents : celui de l’US-RDA de Modibo Kéïta et de Moussa Traoré qui s’est déroulé en deux temps aussi : la période du CMLN et celle de l’UDPM. Toutes les réserves foncières, mêmes les titres fonciers de la zone aéroportuaire d’Hamdallaye de Koulouba et de l’IER, n’ont pas été épargnés à fortiori les exploitations agricoles des pauvres. Quand bien même que ceux-ci avaient été identifiés et classés comme intouchables par le colonisateur français du fait de leur rôle de régulation écologique. Parce que ces forêts classées servaient de poumons verts pour la capitale. C’est à cause de leur disparition que la population a été exposée à la forte chaleur qui s’abat sur la capitale maintenant. Le hic est qu’il n’y a plus de période de chaleur à Bamako. C’est du même au pareil en toute saison. Si eux maires, avec l’argent indu des pauvres, peuvent s’offrir le luxe de mettre le climatiseur dans leurs chambres, rouler dans des véhicules climatisés et travailler dans des Bureaux climatisés, les pauvres paysans qu’ils privent de leurs moyens de travail, ne peuvent s’offrir un tel luxe. Aujourd’hui, Bamako dispute le trophée de la chaleur à la ville de Kayes, qui était jadis considérée comme la plus chaude du Mali à cause de la dégradation du couvert végétal, dont les maires sont à l’origine à Bamako.
Adama Sangaré sur la sellette
Le nom du maire du District, Adama Sanagré revient de plus en plus dans de nouvelles sales affaires de spéculation foncière dans la capitale. La dernière en date est celle de la zone aéroportuaire, notamment les parties Est et Ouest de l’usine d’engrais de Togouna Agro Industrie au bord de la route nationale 7 (RN 7) et la bande de parcelles qui sépare le nouveau siège de la Cour Suprême en chantier à Banankabougou, sur la route des 501 logements sociaux de Yirimadjo cité et la RN 6. Sur ces différents sites, c’est une forêt de béton appartenant à des particuliers qui surgissent de terre contre espèces sonnantes et trébuchantes payés à une bande de spéculateurs qui se réclament comme propriétaires de la zone. Ces individus disent être en possession d’un document (une forme de pétition) signé par les exploitants agricoles installés dans la zone leur conférant le pouvoir de vendre les terres. Au motif que ceux-ci auraient volontairement accepté de céder leurs terres à des acquéreurs avec l’autorisation des pouvoirs publics. Or, à en croire nos sources, cette information n’est qu’une pure invention des auteurs de cet acte crapuleux.

La zone aéroportuaire au centre des convoitises
Selon nos sources, quelques mois avant l’opération Ami Kane, des individus se réclamant de la chefferie de Faladié leur avaient approchés pour leur proposer la vente de leurs parcelles contre des lots à usage d’habitation. C'est-à-dire sur chaque hectare récupéré, un certain nombre de terrains sera accordé à l’exploitant du lieu. A l’époque, ceux-ci avaient convoqué une assemblée générale sur la question pour prendre l’avis des uns et des autres sur le sujet. Il se trouve que dans la masse, des voix se sont levées pour décourager ceux qui seraient tentés de marcher dans l’affaire. Ces personnes ont dit à leurs camarades que la zone aéroportuaire appartient au gouvernement. Et que toute personne qui accepte que son champ lui soit retiré contre des parcelles d’habitation va le regretter un jour parce que le gouvernement va débouter les acheteurs et récupérer son espace. En ce moment, ils auront des problèmes avec ceux à qui ils vont vendre lesdits terrains. Le mouvement s’était calmé un peu devant le refus de certains exploitants. Il faut attendre l’opération Ami Kane pour que les mêmes personnes reviennent à la charge. Cette fois avec des arguments plus convaincants.
« Vous avez vu, Ami Kane a déguerpi tous les occupants des abords des routes, alors si vous ne vendez pas votre champ, vous allez le perdre un jour. ». Cette stratégie a bien fonctionné, car la plus part des hésitants se sont convaincus de cette possibilité. En plus de cette campagne, certains ont commencé à véhiculer l’information selon laquelle, le gouvernement a révisé les limites de la zone aéroportuaire de Sénou en y extrayant la partie Est de la RN 7 du site. Qu’il a morcelé et octroyé à des ex-rebelles de la CMA et certains combattants du GATIA. Et, c’est Adama Sangaré qui est allé négocier cette révision au siège de l’ASECNA à Dakar selon certaines sources. Vrai ou faux ? Le plan a quand même fonctionné. Du coup, le sésame sur lequel, il y avait beaucoup d’hésitations a pris de la valeur.
La famille du chef de quartier de Faladié se frotte les mains
Selon des témoignages recueillis sur place, les terrains de 12/15 étaient proposés à des futurs acquéreurs à 1,3 million FCFA comme prix de départ. Actuellement avec 3 millions FCFA, ce n’est plus sûr d’avoir les mêmes espaces. Le nouveau nid des riches appelé ‘’Faladié-extension’’ s’est très vite rempli au point qu’il est difficile d’avoir un terrain non acquis. La marchandise très prisée a été vite raflée. Au départ, les clients hésitaient, mais dès que les cousins ‘’Djawandos’’ et quelques commerçants fortunés ont commencé à fréquenter la zone avec des grosses cylindrées, la folie s’est emparée des acquéreurs qui se bousculent au portillon de la petite case que les vendeurs ont aménagé sur le terrain pour accueillir les clients. Selon nos sources, il n’y a même plus de places pour garer les voitures des nouveaux venus.
Selon les informations qui nous sont parvenues, c’est une agence immobilière appartenant à un fils de l’actuel chef de quartier de Faladié, Mamadou Bamou Touré, qui est en charge de la vente des parcelles morcelées par des géomètres privés complices. La famille du sexagénaire, Mamadou Touré, qui était logée dans une maison peu commode à Faladié-Carrefour, a aménagé dans une superbe villa au quartier ‘’Village CAN’’ derrière l’école de la Gendarmerie, abritant le siège de ladite agence immobilière. La réussite des nouveaux riches se mesure à la qualité des voitures que la famille possède. Selon nos sources, le chef de quartier, lui-même circulerait en ce moment dans une grosse cylindrée, un véhicule 4/4 flambant neuf. Les affaires tournent à merveille dans la zone, au point qu’un petit marché s’est formé autour des squatteurs qui se sont emparé des lieux.
Nous y reviendrons
A. Diakité

Source : aBamako

aBamako

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