Difficile mise en œuvre de l’accord pour la paix / attentat de Gao : La preuve de la naïveté et de l’instabilité politique du gouvernement !

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Le gouvernement du Mali est toujours entre naïveté et instabilité politique. C’est la raison pour laquelle les ‘’terroristes’’ viennent de faire plus d’une centaine de victimes à Gao. Cet acte dénote de l’incompétence du gouvernement à comprendre la vision du Président de la République et à l’exécuter convenablement. Après Aguel-Hoc, Kidal, Nampala, etc., rien n’a changé mais pourtant, IBK est clair.
Il lui manque vraiment de visionnaire pour d’abord le comprendre et, par la, ensuite, exécuter ses programmes. Mais pour l’instant, l’heure est encore grave à cause de la faible maîtrise de la géostratégie mondiale du gouvernement malien !
Le mal frappe au moment où la majorité présidentielle, l’opposition et même la molle société civile savouraient les résultats des dernières élections communales. Chacun, sur les antennes, commente les résultats des élections communales pour pouvoir grignoter le gâteau Mali, sans se soucier de la souffrance des peuples surtout au nord et au centre du pays. Ces mêmes personnes commencent également avec la presse nationale « non mature » à s’arcbouter sur un autre remaniement ministériel. Pire encore, les acteurs politiques, surtout de la majorité présidentielle (CMP) sont sourds à toute autre discussion que de parler de l’élection présidentielle de 2018 avec la question phare : Comment réélire IBK ? Quelle naïveté !
C’est une naïveté dans la mesure où, dès le départ, nous avons dit que nos amis n’étaient pas nos vrais amis, nos citoyens à la négociation de la paix n’étaient pas légitimes, en vue de représenter les peuples à la base. Ils étaient tous venus pour trouver un point d’attache pour leurs propres intérêts, en vue de continuer à instrumentaliser leur propre peuple. C’est aussi la naïveté, quand on sait qu’il n’y a pas d’amitié entre deux pays qui n’ont pas les mêmes croyances, c’est un secret de polichinelle que seuls les intérêts prévalent dans la coopération internationale. Même si vous marchez avec eux aux champs Elysées, même si vous êtes « Charlie », il ne faut pas être naïf pour penser qu’on peut reporter les intérêts dans un autre quinquennat, sans inverser la courbe de l’emploi. Le résultat est là, il ne peut pas être candidat à sa propre succession pour l’honneur et le bonheur du peuple français. Il ne faut pas être naïf en pensant que les pays voisins viendront se faire tuer sans intérêts pour juste la gloire du Mali dans le passé. Trop s’attarder sur son passé augure un présent et un futur hypothéqué, fut-il le grand Mandé de l’épopée et de la légende.
Cette naïveté a atteint les négociateurs qui voulaient faire plaisir au roi sans se soucier de l’offre qu’il fallait faire aux puissants avant de signer un accord dont la légitimité et la légalité souvent causent problème. La jeunesse est le fer de lance d’un pays dit-on. Mais il s’agit de quelle jeunesse ? Une jeunesse arrogante, complexée, mal formée dans la sociologie de son propre pays ne peut pas faire face à la construction de la résilience d’un peuple. Alors, on a vu s’écrouler successivement les deux premiers gouvernements de jeunes, dirigés par deux Premiers ministres jeunes du quinquennat d’IBK. Les deux sont hors peuples, ils ne savent pas ce qui se passe dans un village du Mali à plus forte raison au grand Nord avec sa socio anthropologie complexe, ayant l’espace et le déplacement comme moyen de résilience. Les deux, d’ailleurs, sont formatés par des formations bientôt désuètes car les machines vont les remplacer. Cette instabilité nous a coûté très cher pour faire face à la problématique du conflit malien. Si jeunesse ne savait pas, vieillesse aussi ne pouvait plus. Alors, pourquoi reculer jusqu’au Mandé pour chercher à retrouver un Premier ministre qui n’est plus à l’heure du temps, il ne s’agit pas de faire un secrétaire au conflit parmi les jeunes ministres pour réussir une mission. Il ne s’agit pas, non plus, de faire les chapelets des années passées. Car, le nombre d’année n’est jamais synonyme de sagesse dans le vrai sens du terme. Mais, il s’agit plutôt de donner seulement un temps d’empirisme souvent inefficace et voilà le cas aujourd’hui.
Alors, le tout est exacerbé par la non maîtrise de la géostratégie mondiale. La gestion des sources d’énergies du monde régit le monde. AFRICOM est applaudit au Mali, sans que le peuple ne sache les visions sous-entendues dans cette surveillance de l’Afrique par l’OTAN. Ils utilisent les religions dans la gestion politique sans savoir les enjeux entre le monde arabo-musulman qui recherche sa gloire du passé face à la monté de l’extrémisme religieux dans toutes les religions. Le contrôle des pays africains par les religions, les sports commerciaux comme le football, le financement de Microsoft de notre Cheik Modibo Diarra, des projets agricoles avec les organismes génétiquement modifiés (OGM), voire la fabrication des vaccins en vue de contrôler la fécondité des femmes africaines, l’approche genre comme empowerment des femmes dans le sens de faire diminuer le nombre d’enfant par femme, donc diminuer l’immigration de la jeunesse vers eux sont bien réels.
Ils ne comprennent pas tout ça, à force de voir le pouvoir comme une finalité. Rome a été détruite par l’orgueil et la femme. L’orgueil pour un pays ne suffit plus. Il faut aller au-delà du visible et analyser les non-dits pour faire face à la résilience des peuples africains. Le langage d’IBK n’est même pas compris par ses Premiers ministres et ses ministres et ils pensent mettre en œuvre sa vision et sa politique. IBK a parlé de résilience des peuples ! Joli mot ! Au-delà des modes, il révèle que tout est programme. Mais combien de ministres l’ont compris et ont cherché à comprendre pour les mettre en œuvre. IBK a dit « Approche systémique », c’est encore pire, chaque ministre veut se faire une place au soleil. Qui d’entre eux a compris cette approche qui demande une analyse qui, au-delà de la méthode causale, va vers une coordination de l’ensemble du programme gouvernemental ? IBK manque de soldat de réflexion, il ne s’agit plus de diplômes seulement, donnés par la méthode de ceux qui veulent à raison ; leur raison de nous dominer, mais d’une sagesse construite en tenant compte des enjeux mondiaux.
Voilà trois défis qu’il faut vite relever en vue de faire face à la crise malienne. Il s’agit de faire un bon diagnostic avec les lunettes du peuple, établir une stabilité politique, établir un système de dialogue et de concertation nationale, faire une analyse systémique de la crise et de l’accord de paix pour la construction d’une résilience nationale. Sinon, nous serons toujours Gao, Tombouctou, Kidal, Mopti, Mali… dans le deuil.
SDF

Source : aBamako

aBamako