L’avenir du Mali en question ; Une refonte radicale du système s’impose

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Dans la problématique du devenir des nations, les hommes sont les artisans de leur propre histoire. Ainsi, force est de dire et de répéter que le Mali ne sera que ce que les Maliens en feront. Notre pays a accédé à la souveraineté nationale et internationale, le 22 septembre 1960. Et depuis, beaucoup d’eaux ont coulé sous le pont-Mali. La première République a été fortement marquée par le sens du devoir bien accompli au seul profit des masses laborieuses de notre pays.

Le régime Modibo Kéita a procédé sans hésitation à la refonte du tout au tout : aucun secteur de la vie nationale n’a été épargné. Entre autres, on retient que dans le domaine militaire, l’armée malienne faisait la fierté de son peuple. Elle avait réussi à s’imposer le respect scrupuleux des frontières héritées de la colonisation française.

Sur le plan éducatif, l’option «socialiste» (ou si l’on veut nationaliste) a fait des cadres sortis de nos écoles des denrées rares et recherchées sur le continent africain. Malheureusement, les ennemis intérieurs et extérieurs de notre peuple se sont appuyés sur le lieutenant Moussa Traoré pour donner un coup d’arrêt à l’élan patriotique de notre peuple.

Le 19 novembre 1968, le coup d’État du CMLN (Comité Militaire de Libération Nationale a eu raison du régime nationaliste du président Modibo Kéita. Il n’est pas exagéré de dire que c’est bien par ce que ce coup d’Etat illicite d’officiers félons que le Mali est tombé si bas.

Pendant dix (10) longues années de vide politique (la politique étant interdite par les putschistes du CMLN), les ennemis de notre nation tapis dans l’ombre ont semé les graines de la gabegie, de l’escroquerie, de la concussion, des vendettas politiques, de l’affairisme, bref toutes sortes de pratiques illicites vagabondes ont germé dans notre pays.

Bien de gens de mœurs légères se sont emparés des affaires sous le regard insouciant de Moussa Traoré qui s’est auto-gradé à chaque occasion. La suite, on la connait : notre peuple travailleur a impuissamment assisté à la désagrégation progressive de son tissu socio-économique, politique et culturel de notre pays.

Pendant vingt-trois (23) longues années de gestion calamiteuse des affaires, notre peuple a vécu dans sa chair et dans sa conscience les affres d’une trahison éhontée. Depuis les arrières-parents, il a été établi que le Mali peut tanguer mais ne chavirera jamais. Débout comme un seul homme dans un mouvement qui se disait «démocratique», notre peuple a dit à Moussa Traoré que trop c’est trop: le 26 mars 1991, le général est arrêté sans que l’on ne sache en son temps que ses tombeurs voulaient le sauver de la vindicte populaire au lieu de servir notre peuple.

La IIIème République

Elle s’est érigée sur l’assassinat crapuleux de deux cent vingt-quatre (224) fils et filles de notre peuple par le régime sanguinaire de Moussa Traoré. Alpha Oumar Konaré a fait dix (10) ans de règne sans pouvoir servir dignement notre peuple qui a versé son sang pour l’avènement du multipartisme intégral.

Comme s’il existait un deal entre Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, celui-ci a cédé le pouvoir à celui-là pour revenir au trône en sa qualité de «candidat indépendant». La suite, on la connait également: après avoir plongé le Mali dans l’impasse totale, ATT ne pouvait plus continuer à gouverner notre pays et de son coté notre peuple ne pouvait plus continuer à subir les affres du régime conteur.

Le 22 mars 2012, pour enfin soulager nos masses laborieuses et les sauver d’une guerre fratricide, un groupe de militaires patriotes dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo chasse ATT de Koulouba, celui-ci, préféra fuir au Sénégal, pays réputé refuge de présidents malfaiteurs, au lieu de rendre compte au peuple qui l’a porté au pouvoir. Cela n’était pas attendu et surtout pas responsable de la part d’un général, qui se faisait passer pour l’homme du peuple. Que des élus du peuple viennent à distiller que ATT n’a commis aucune faute, cela trouvera sa réponse dans le temps car la roue de l’histoire continue à tourner malgré la volonté affichée du prince du jour.

IBK, qui était considéré par bien de Maliens comme l’homme de parole et qui ne transigeait pas sur les situations maladroites et contraires à la vérité fut porté à la tête de l’Etat avec un score sans appel de 77,66% des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle de juillet 2013. Il faut dire que bien de Maliens comptaient beaucoup sur le candidat Ibrahim Boubacar Kéita sur des questions profondes comme celle de l’occupation du Nord de notre pays.

Aujourd’hui, même les derniers aveugles de la politique au Mali sont convaincus que le président IBK, en signant l’accord de paix d’Alger et l’accord de défense avec la France, a de fait donner sa caution pour la partition de notre pays dont l’intégrité n’a été égratignée ni sous Modibo Keita, ni durant le règne de Moussa Traoré.

Kidal est pratiquement sorti de la République du Mali. Aussi, l’armée coloniale de la France est, hélas, de retour sur notre sol. Pendant combien de temps ? En tout cas notre peuple exigera le départ de la France sur notre territoire car elle ne peut servir nos intérêts fondamentaux.

Aujourd’hui, plus qu’hier la situation nationale est vraiment délétère. Pratiquement tous les fronts bouillonnent de malaise. Rien que pour l’année 2016, soixante-dix (70) préavis de grève ont été déposés sur la table du gouvernement. Celui-ci procède toujours par le colmatage en donnant aux problèmes cruciaux de la nation des solutions de façade.

L’insécurité qui se transforme progressivement en guerre ouverte est sans solution réelle à la disposition du régime IBK. Chaque jour, ce sont nos enfants, nos frères et sœurs qui meurent sous les balles de l’ennemi du Mouvement national de libration de l’Azawad (MNLA déguisé en djihadiste.

La dernière attaque de Ménaka en date du samedi 04 février faisant quatre (04) morts dans les rangs des Forces armées maliennes (FAMAs) vient confirmer, si besoin en est, l’incapacité du président du Mali de redonner confiance au peuple.

Pendant ce temps rien n’est réglé quant à la flambée des prix des denrées de première nécessité. Au même moment, la misère écrase masses populaires, les nantis deviennent plus nantis. Il semble donc de plus en plus évident que celui qui a été presque plébiscité par son peuple n’a pratiquement pas de solution aux maux qui rongent celui-ci.

Conscient de l’impasse dans laquelle il s’est retrouvé, IBK n’offre aux maliens que des changements de gouvernements, mais chaque fois fait appel à des hommes et des femmes qui ont activement participé à la gestion calamiteuse de nos affaires par Alpha et ATT en lieu et place de la démocratie dont nos masses populaires ont tant besoin. Il ne s’agit bien entendu pas de la démocratie électoraliste dont on a abreuvé les électeurs Maliens à la merci des dogmes sans queue ni tête.

La démocratie dont il est question est celle qui permet au peuple de se faire une nourriture décente, des soins de santé et des logements décents. Comme on le constate, avec IBK, ces droits du peuple se transforment en utopie et en revendications abominables. Que faire aujourd’hui pour redonner confiance à notre peuple travailleur ?

Il faut des concertations nationales réclamées par notre peuple au lendemain de la chute d’ATT. A cette occasion, l’on devait se demander : Pourquoi cette situation humiliante de notre peuple dans tous les secteurs de la vie nationale ? Qui a fait quoi depuis la chute de Moussa pour en arriver là ? Qui sont les responsables de la phagocytose de nos forces de défense et de sécurité jusqu’à l’état de délabrement ? Qui s’adonne à la corruption et qui sont corrompus ? Que faire pour réussir le kokadjè dans tous les domaines de la vie nationale ?

Lorsque nous parlons de concertations, il ne s’agit ni de près, ni de loin de celles réclamées à corps et à cri par les-mêmes gens qui ont, par leur fripouilles démocratistes, mis le pays à genou et qui veulent se remettre en selle parce que conscients qu’ils ne peuvent plus gagner par la voie de la justice sociale, de la transparence et de l’équité nationale.

Les Maliens les ont vus à l’œuvre et les ont bien compris. Les concertations de façade ne peuvent servir notre peuple, idem les changements de gouvernements avec les-mêmes personnes. Les forces vives du Mali ne permettront plus de telles farces politiciennes qui assassinent l’espoir de millions d’hommes.

En effet, il n’y a plus qu’une seule alternative pouvant servir notre peuple laborieux : l’avenir du Mali est en question, il faut une refonte radicale de tous les secteurs touchant à la vie nationale. Pour un Mali nouveau, débarrassé de tous les déprédateurs du tissu socio-économique politique et culturel.

Fodé KEITA

Source : aBamako

aBamako

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